Lama veut ouvrir le marché du travail belge aux jeunes femmes réfugiées

Une étudiante lance une initiative pour rassembler les entreprises et les femmes réfugiées

Lama, une femme réfugiée Syrienne, pose avec le logo de la Solvay Business School à Bruxelles.
© UNHCR/B. Verschueren

Bruxelles, le 27 août 2018

Lama Jaghjougha a fui la guerre en Syrie en 2015 avec sa sœur. Même si elle a laissé tout ce qu’elle avait derrière elle, elle n’a jamais perdu son sourire ni son enthousiasme impressionnant. Lama apparaît dans la grande salle universitaire. Ce qui frappe au premier contact, c’est son regard étincelant, on dirait qu’elle a des étoiles dans les yeux. Après son installation et les nombreuses démarches administratives pour obtenir son statut de réfugié, Lama a pu  commencer un Master à la Solvay Business School à Bruxelles en octobre 2016 et poursuit actuellement un stage chez EAVI. Lama est une femme pleine d’ambitions, déterminée à atteindre de grands objectifs. Il y a quelques mois à peine, elle a fondé le Réseau associatif pour le travail des réfugiés (RWAN). Cette association souhaite aider les femmes réfugiées à s’intégrer sur le marché du travail belge.

À l’instar de nombreux autres jeunes réfugiés, Lama rencontre des défis quotidiens pour poursuivre ses ambitions professionnelles. En Belgique, comme dans la plupart des pays d’accueil, seuls 1% des réfugiés syriens suivent des études dans l’enseignement supérieur. Les procédures administratives pour s’inscrire à l’université en tant que réfugié sont pénibles et coûteuses. En outre, il faut du temps et de la volonté pour apprendre une langue et un nouvel alphabet. « En Syrie, nous écrivons de droite à gauche, alors même lorsque j’étudie la comptabilité et la finance, je dois inverser le sens de mes tableaux Excel », explique-t-elle.

«Donner un emploi à une femme réfugiée est une contribution à son avenir dans son ensemble»

Lama est très reconnaissante de la chance qui lui a été offerte de pouvoir  construire son avenir en Belgique. Cependant, elle estime que trouver un emploi pour une jeune femme réfugiée est un véritable défi. Aussi appelle-t-elle  avec énergie  les entreprises privées à faire  de réels efforts pour mieux intégrer les femmes réfugiées sur le marché du travail. « Imaginez quelles compétences et connaissances précieuses nous allons importer dans notre pays à la fin de la guerre. Peut-être qu’un jour, les femmes réfugiées pourront ouvrir des fabriques de chocolat belge en Syrie » dit-elle en esquissant un large sourire.

C’est pourquoi Lama a lancé RWAN avec l’espoir de faciliter la rencontre entre les entreprises et les différents talents des jeunes femmes réfugiées syriennes. « En plus d’être un acronyme, RWAN est aussi un nom très commun pour les filles en Syrie » , dit-elle. L’association vise à aider les femmes réfugiées à trouver un emploi et sert de pont entre celles-ci et le marché du travail. Elle offre un espace pour partager les connaissances, les contacts, créer de nouvelles opportunités de dialogue et de coopération et relever les défis que rencontrent quotidiennement les femmes réfugiées sur le marché du travail. Par ailleurs, les entreprises ont également la possibilité de se profiler en tant qu’entreprises socialement responsables. «Donner un emploi à une femme réfugiée est une contribution à son avenir dans son ensemble », déclare-t-elle.

L’objectif de Lama est de poursuivre une carrière dans les relations publiques. Elle aimerait devenir porte-parole et médiateur des femmes réfugiées en Belgique qui cherchent un emploi. « Malheureusement, peu de réfugiés sont actuellement en mesure de communiquer directement avec les décideurs. » Avec son énergie persuasive et la force de ses arguments, elle pourrait bien rapidement devenir leur porte-parole.

En attendant, Lama ne perd pas de vue son objectif principal. En septembre, elle commencera à rédiger son mémoire de maîtrise sur le rôle de la technologie dans l’intégration des réfugiés dans la société belge. « Je me vois déjà dans un an, en train de prononcer un discours lors de ma cérémonie de remise des diplômes devant un auditoire complet. Je pourrai enfin montrer ce que j’ai accompli et leur expliquer à quel point il a été difficile d’y arriver ».

 

Êtes-vous un partenaire potentiel, une partie prenante ou une entreprise prête à aider Lama dans son initiative? Plus d’infos sur RWAN