Café Damascus: gastronomie exotique au cœur de Bruxelles

Le nouveau chef de cuisine du restaurant du théâtre flamand de Bruxelles est un réfugié venu de Syrie.

Isabelle, gérante du restaurant du KVS et Abdell, réfugié syrien devenu chef de cuisine.
© UNHCR/C. Callens

Bruxelles, le 7 septembre 2018

Quand Isabelle, la gérante du restaurant du théâtre flamand (KVS) de Bruxelles, a entendu parler des talents gastronomiques d’Abdell Basset, un chef syrien participant au « Refugee Food Festival » co-organisé par le HCR,  l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, elle l’a recruté en quelques jours et a rapidement adapté le nom du restaurant qui est devenu « Café Damascus ». Après sa période d’essai cet été, elle est convaincue qu’il attirera une foule.

Isabelle est pleine d’enthousiasme et ne tarit pas d’éloges à l’égard de son nouveau  chef. « Le KVS recrute souvent des talents étrangers et Abdell s’est avéré exceptionnel. Non seulement il excelle en cuisine, mais il sait aussi gérer un restaurant de manière rentable, en estimant les bonnes quantités de nourriture. Par ailleurs sa personnalité très sociable  attire également les clients. »

« J’aime la Belgique », confirme-t-il, « car c’est le pays de ma deuxième chance ».

Abdell, âgé de 37 ans, décrit ses antécédents: « À Damas, j’avais obtenu un diplôme en administration des affaires et travaillé de nombreuses années dans une entreprise de restauration 5 étoiles. Mais ensuite la guerre a éclaté, j’ai été emprisonnée, j’ai perdu ma maison, j’ai tout perdu et j’ai dû fuir la Syrie en 2015. »

Abdell est animé d’une puissante volonté de construire une nouvelle vie en Belgique qu’il considère comme sa deuxième patrie.

« J’aime la Belgique », confirme-t-il, « car c’est le pays de ma deuxième chance ». Y a-t-il quelque chose qu’il n’aime pas en Belgique? « Ah oui… La nourriture est fade », dit-il en souriant, « mais je suis là pour y ajouter les saveurs exquises de l’orient ».

Isabelle, qui a une longue expérience de la restauration, nous confie : « Avec Abdell, nous pourrions éventuellement développer les services du restaurant, étendre ses heures d’ouverture. Il est un gestionnaire naturel, et si nous trouvions plus de cuisiniers réfugiés, il pourrait les gérer et les coacher. C’est une situation gagnant-gagnant. »

« Le Café Damascus propose également des services de traiteur aux entreprises », déclare Abdell.

 

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Abdell et Isabelle sont un excellent exemple de la façon dont la convergence des talents permet d’entreprendre avec succès.

« Avec le Refugee Food Festival, organisé deux années de suite par le HCR et Food Sweet Food, notre objectif est de souligner que les réfugiés peuvent enrichir notre patrimoine culturel, si seulement nous leur accordons une seconde chance », souligne avec conviction Véronique Robert, Représentante régionale  adjointe du HCR pour l’Europe de l’Ouest.

Le directeur artistique du KVS, Michael De Cock, souligne que le théâtre embrasse également la diversité en mettant en scène des pièces multilingues décrivant la situation des minorités et des réfugiés.

Cependant, Abdell, comme beaucoup de réfugiés, ne cherche pas la compassion à propos de son expérience de réfugié, mais plutôt à se construire une nouvelle vie. C’est pourquoi il ne cesse jamais de travailler.

« Quand je ne travaille pas au Café Damascus », dit-il, « je suis toujours très occupé, je m’occupe des mariages et autres événements. C’est pourquoi j’ai cultivé cette barbe. Je gagne du temps en ne me rasant pas » conclut-il dans un grand éclat de rire.

Vidéo : Abdell en action au Refugee Food Festival