Gbagbo incarcéré au centre de détention de La Haye
Publisher: Le Figaro, France
Story date: 29/11/2011
Language: Français

Cour pénale internationale avait délivré mardi un mandat d'arrêt à l'encontre de l'ex-président de Côte d'Ivoire, qui était détenu dans le nord du pays. Il a été transféré aux Pays-Bas cette nuit.

Laurent Gbagbo est arrivé dans sa nouvelle prison. L'ancien président ivoirien, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a été incarcéré dans la nuit de mardi à mercredi au centre de détention de la Cour à La Haye. Depuis son arrestation à Abidjan, le 11 avril dernier, il était détenu à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire.

L'ancien président, âgé de 66 ans, s'était vu notifier mardi le mandat d'arrêt de la CPI, a rapporté l'un de ses avocats, Me Jean Gbougnon. Il a ensuite été transféré à Rotterdam à bord d'un avion affrété par les autorités ivoiriennes, puis conduit en mini-bus au centre de détention.

La même prison que Charles Taylor
À La Haye, Laurent Gbagbo est installé dans le quartier pénitentiaire de la CPI, aménagé dans l'enceinte d'une prison néerlandaise dans le quartier de Scheveningen. C'est là également que se trouvent la prison du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ainsi que l'ancien président libérien Charles Taylor, jugé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Laurent Gbagbo devra participer dans les prochains jours à une audience de comparution initiale, une audience de procédure visant à l'informer des crimes qui lui sont imputés et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. La chambre préliminaire de la Cour doit également, à ce moment-là, fixer la date «à laquelle elle entend tenir l'audience de confirmation des charges», étape préalable à la tenue d'un éventuel procès.

Plus de 3000 morts dans les violences
Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait été autorisé le 3 octobre par la Cour à enquêter sur des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire. Lors des violences qui ont suivi le refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, son rival victorieux à la présidentielle du 28 novembre 2010, plus de 3000 personnes avaient été tuées.

Le 3 mai dernier, Alassane Ouattara avait demandé à la CPI d'enquêter sur «crimes les plus graves» commis durant ces violences post-électorales. Dans leur ordonnance rendue début octobre, les juges estimaient que des attaques ont probablement été commises par les forces pro-Gbagbo contre la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays. Les magistrats mettaient également en cause les troupes favorables à Ouattara dans des violences contre les populations civiles.

L'annonce du transfert de Laurent Gbagbo survient à une dizaine de jours des élections législatives en Côte d'Ivoire, prévues le 11 décembre. De petits partis pro-Gbagbo, qui présentaient une vingtaine de candidatures, ont dès mardi soir annoncé leur retrait du scrutin, jugeant ce transfert contraire à la «réconciliation».
 

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