Embarras autour du sort des proches de Laurent Gbagbo
Publisher: Le Monde
Story date: 01/12/2011
Language: Français

Lorsque le pouvoir de Laurent Gbagbo s'est effondré, le 11 avril, avec la prise de sa résidence où plus de 200 de ses proches s'étaient réfugiés avec lui, nombre de dignitaires du régime ont été arrêtés. Depuis, les conditions de leur détention soulèvent des difficultés de plusieurs natures.

Juridiques, d'abord. Avant que Laurent Gbagbo fasse l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), des poursuites avaient été engagées contre lui en Côte d'Ivoire. Etait-ce légal, compte tenu de son statut d'ex-chef d'Etat ? Pour les autres détenus, des procédures ont été engagées devant des juridictions ivoiriennes, mais elles sont souvent restées au stade des auditions.

Les responsables du Front patriotique ivoirien (FPI, pro-Gbagbo) sont pour beaucoup détenus dans des villes du nord, sous contrôle des anciens rebelles (Bouna, Korhogo, Katiola, Odienné, où se trouve Simone Gbagbo). Dans ce que l'entourage de l'ancien président surnomme le " goulag du nord ", se trouvaient, lundi soir, 49 personnes, selon une liste établie par le camp de l'ex-président. Le lendemain, il fallait y soustraire un nom : celui de Laurent Gbagbo.

Le 10 novembre, vingt responsables pro-Gbagbo ont été libérés, huit d'entre eux étant placés en liberté provisoire. Le geste, vu comme une mesure d'apaisement, a peu de chances de suffire. Parmi les détenus figure Michel, le fils que Laurent Gbagbo a eu avec sa première épouse, une Française. A-t-il participé à des violences ou seulement bénéficié des largesses dispensées par la présidence ? Inculpé le 10 août par la justice ivoirienne, il a porté plainte en France contre le premier ministre, Guillaume Soro, et dix responsables de son mouvement, en raison des traitements subis depuis le 11 avril.

En octobre, 49 responsables militaires avaient été inculpés. Certains pourraient faire l'objet de poursuites par la CPI. Ils sont essentiellement détenus à la Mama, la prison militaire d'Abidjan.

Sur la liste des détenus figure aussi Anselme Seka Yapo, ex-responsable de la sécurité de Simone Gbagbo, chargé de l'organisation des escadrons de la mort. Il avait été arrêté lorsqu'il avait pris un avion transitant par Abidjan depuis le Ghana où il était réfugié.

Ils sont encore nombreux à vivre dans la clandestinité à l'étranger, comme Charles Blé Goudé, ancien chef des " patriotes " (milices pro-Gbagbo). Pour arriver jusqu'au Ghana voisin lorsque le régime Gbagbo s'est effondré, certains ont dû payer – très cher – leur passage. Des responsables font l'objet de mandats d'arrêts internationaux qu'Alassane Ouattara s'efforce de faire appliquer, mais pour des responsables petits et moyens en fuite, des retours au pays s'organisent. Selon nos informations, les candidats doivent payer pour la garantie de leur sécurité. Une pratique décrite par une source bien informée comme un " racket ".
 

Refugees Daily
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Compiled by Media Relations and Public Information Service, UNHCR
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