Les forces syriennes ont tué plus de 250 enfants
Publisher: Le Figaro, France
Author: Delphine Minoui
Story date: 29/11/2011
Language: English

Détention arbitraire, torture, viols et même meurtres d'enfants: dans un rapport, les enquêteurs des Nations unies ont recueilli plus de 200 témoignages sur les «violations des droits de l'homme» perpétrées par le régime.

Correspondante au Moyen-Orient.

Interdite d'accès à la Syrie, qui persiste à poursuivre son massacre à huis clos depuis neuf mois, la commission d'enquête internationale de l'ONU s'est appliquée à récolter plus de 200 témoignages de victimes de la répression. Il en résulte un rapport accablant contre Damas, remis ce lundi au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et qui risque d'isoler encore plus le régime syrien. Tortures, viols, détentions arbitraires, pressions sur les familles... Les récits qui émaillent ce document de 39 pages sont autant de preuves de pratiques qui relèvent, selon ses auteurs, de «crimes contre l'humanité».

Ainsi des confidences faites par plusieurs soldats déserteurs, torturés dans des conditions abominables incluant d'insoutenables chocs électriques. Ou encore de ces enfants -et c'est là une «spécificité» syrienne- victimes des exactions les plus barbares, au même titre que les adultes. Exemple à l'appui: des adolescents ont été violés devant leurs parents et battus à mort. «Des sources fiables indiquent que 256 enfants ont été tués par les forces gouvernementales au 9 novembre», précise Paulo Pinheiro, qui préside la commission. «Il y a quelques jours, j'ai reçu un message de Syrie me disant qu'on a retrouvé le corps d'un enfant dans un égout à ciel ouvert. Cet enfant avait 8 ans, il a été torturé. Et ses parents se sont vus interdire de faire des funérailles. Il faut imaginer ce que ça veut dire, un enfant de 8 ans, de 10 ans, de 13 ans qui est torturé», raconte, pour sa part, François Zimeray, Ambassadeur pour les droits de l'Homme.

Sanctions financières
Selon l'ONU, la répression du mouvement de contestation par le régime de Bachar el-Assad a fait plus de 3.500 morts depuis la mi-mars. De leur côté, les opposants estiment à au moins 30.000 le nombre de personnes arrêtées en neuf mois. Les autorités syriennes, elles, continuent à imputer les violences à des «groupes terroristes armés» soutenus par l'étranger. Mais dans leur rapport, les enquêteurs n'hésitent à pointer du doigt le noyau dur du pouvoir syrien. «La commission pense que les ordres d'utiliser des armes à feu et de recourir à des mauvais traitements contre les civils entrent dans le cadre de politiques et de directives émanant des plus hauts niveaux des forces armées et du gouvernement», observent-ils.

De fait, la commission appelle la Syrie à mettre un terme aux «violations de masse des droits de l'homme», à ouvrir des enquêtes «indépendantes et impartiales» et à faire passer les bourreaux devant la justice. Elle exhorte également Damas à libérer les prisonniers politiques, à ouvrir son territoire à la presse, aux travailleurs humanitaires et aux observateurs des droits de l'homme. Alors que la Ligue arabe et l'Union européenne œuvrent pour un renforcement des sanctions financières contre la Syrie, les enquêteurs de l'ONU demandent, eux, l'instauration d'un embargo international sur les ventes d'armes à la Syrie.
 

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