Publisher: AFP
Story date: 04/05/2012
Language: Français
L'armée congolaise s'est rapprochée d'une localité proche de la ferme du général Bosco Ntaganda, jugé par les responsables de la République démocratique du Congo (RDC) "responsable" des
violents combats qui opposent l'armée et des mutins dans la province instable
du Nord-Kivu (est).
Les Forces armées (FARDC) ont commencé jeudi leur progression vers Mushaki,
une localité du territoire de Masisi où elles affrontent depuis dimanche des
soldats ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dont
le général Ntaganda était chef d'état-major.
"Du côté de Mushaki, nous occupons déjà deux collines qui surplombent la
localité. Les mutins sont sur d'autres collines mais seront bientôt délogés",
a affirmé par téléphone à l'AFP un colonel des FARDC sur le terrain, alors que
des tirs étaient entendues près de lui.
Dans un entretien à l'AFP mardi dernier, le général Ntaganda, recherché par
la Cour pénale internationale (CPI), avait dit se trouver dans sa "ferme près
de Mushaki", avec l'aval de sa hiérarchie et en toute connaissance du "chef de
l'Etat" Joseph Kabila.
Il avait précisé n'avoir pas "paniqué" quand les combats ont commencé
dimanche à Mushaki parce qu'il est "militaire" et dispose d'une "garde
rapprochée", dont il n'a pas précisé l'effectif.
"Ntaganda est en train de rassembler les troupes qui lui sont fidèles", ont
mis en garde jeudi 142 organisations congolaises et internationales de la
société civile et de défense des droits humains, dans une lettre adressée à la
secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton.
Le général Ntaganda lors de son entretien téléphonique avec l'AFP avait
qu'il n'était "pas impliqué dans les affrontements". Mercredi Kinshasa a fait
savoir que "tout ce qui se passe actuellement dans le Masisi" était de sa
"responsabilité". En cas d'arrestation, avait ajouté le responsable, Ntaganda
serait jugé par des "juridictions congolaises".
Le Conseil de sécurité de l'ONU -très inquiet pour les 20.000 déplacés,
dont plus de 3.500 au Rwanda voisin- a demandé jeudi "l'arrêt immédiat de la
rébellion" et déclaré "soutenir les efforts des autorités congolaises" pour
régler la crise.
Le général Ntaganda a été intégré avec les autres ex-CNDP dans l'armée en
2009, à la faveur d'accords de paix avec Kinshasa. Connu aussi sous le surnom
de "Terminator", il est visé depuis 2006 par un mandat d'arrêt de la CPI pour
enrôlement d'enfants quand il était dans une milice au début des années 2000.
Kinshasa a toujours refusé de l'arrêter, arguant que la paix primait sur la
justice.
Refugees Global Press Review
Compiled by Media Relations and Public Information Service, UNHCR
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