SYNTHESE-La guerre civile en Syrie nourrit le flot des réfugiés
Publisher: Reuters
Author: par Dominic Evans
Story date: 11/12/2012
Language: English

BEYROUTH, 11 décembre (Reuters) – Les combats entre l'armée syrienne et les rebelles pour le contrôle du coeur du pays se sont poursuivis mardi autour de la capitale, Damas, après vingt mois d'un conflit qui a contraint plus d'un demi-million de civils à prendre le chemin de l'exil.

Les affrontements ont lieu près de l'aéroport international de Damas, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. Les rebelles tiennent désormais un arc de terrain quasi continu qui s'étend de l'est au sud-ouest de la capitale.

"Il y a eu des affrontements très durs depuis hier dans la localité d'Haran, à la périphérie est de l'aéroport. Il y a eu aussi des combats sporadiques dans la zone d'Akraba près de l'aéroport", a déclaré Moussab Abou Kitada, un porte-parole des rebelles, joint par Skype à Damas.

"Les rebelles essaient de maintenir l'aéroport encerclé. Ils encerclent aussi la base aérienne d'Akraba, sur la route de l'aéroport international", a-t-il ajouté,

L'écho des bombardements résonne jusque dans le centre de la capitale, rapportent les habitants. Ils semblent provenir de la zone montagneuse de Qasioun, qui surplombe le nord de Damas, et viser les banlieues sud tenues par les rebelles.

Les rebelles, pour la plupart issus de la communauté sunnite, semblent opérer une percée depuis un mois contre les forces restées loyales au président Bachar al Assad, issues, elles, pour l'essentiel de la minoritaire alaouite.

COUPURES D'ÉLECTRICITÉ

Les insurgés se sont emparés de bases militaires et commencent à encercler la capitale, où les coupures de courant et la pénurie de denrées alimentaires se font sentir à l'approche de l'hiver.

"On survit à peine", soupire une femme du quartier de Midane. Elle dit avoir fait la queue de 06h00 du matin à midi devant les boulangeries à court de pain et où les prix flambent. "Si je veux acheter dans la rue, le marché noir est (...) environ trois fois plus cher", dit-elle. "On vit sans eau et sans électricité et la nourriture est très chère."

Les pannes de courant dans le centre de Damas durent parfois douze heures. Il est de plus en plus difficile de se déplacer dans une ville truffée de points de contrôle et où l'armée, les forces de l'ordre et les groupes d'autodéfense sont partout.

L'intensification du conflit, devenu guerre civile au fil des mois, a jeté sur les routes des milliers de Syriens.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés en provenance de Syrie dépasse officiellement le demi-million. Si l'on y ajoute les réfugiés qui ne s'inscrivent pas, ou pas tout de suite, auprès du HCR, le nombre total de déplacés hors des frontières est sans doute plus proche de 700.000. (voir )

SOUTIEN INTERNATIONAL

Sur le plan diplomatique, la Russie aurait pris ses distances avec la Syrie, selon le quotidien russe Kommersant, mais ne serait pas pour autant prête à demander le départ de Bachar al Assad.

L'opposition syrienne est pour sa part à la recherche d'un soutien international plus fort.

La nouvelle Coalition de l'opposition syrienne, créée le 11 novembre à Doha, au Qatar, pourrait être reconnue officiellement par l'Union européenne à l'occasion d'une réunion officielle du groupe des Amis de la Syrie mercredi à Marrakech.

Déjà adoubée par la France et le Royaume-Uni, la Coalition, dirigée par Mouaz Alkhatib, une figure religieuse de Damas, pourrait l'être aussi mercredi par les Etats-Unis. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est attendue à Marrakech.

Par ailleurs, le tout nouveau commandement militaire unifié de 30 membres créé ce week-end en Turquie et dominé par les islamistes, doit lui aussi être davantage soutenu à l'étranger, a déclaré Abou Mouaz al Agha, dirigeant et porte-parole du Rassemblement Ansar al Islam qui regroupe plusieurs brigades rebelles islamistes.

"Ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des armes lourdes. (...) Nous attendons les armes anti-chars et anti-aériennes", a-t-il déclaré, joint en Turquie par Skype.

Les Etats-Unis ont annoncé avoir placé sur leur liste des organisations terroristes le groupe islamiste rebelle Djabhat al Nousra, soupçonné de liens avec al Qaïda, ainsi que deux milices liées au pouvoir syrien, Chabiha et Djaïch al Chabi.

(Avec Erika Solomon et Mariam Karouny à Beyrouth et Stephanie Nebehay à Genève, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
 

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