Déclaration liminaire du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés à la soixantième session du Comité exécutif

Palais des Nations, Genève 28 septembre 2009

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Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, Excellences, Distingués délégués, Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite à tous une chaleureuse bienvenue à Genève pour cette 60e session du Comité exécutif, avec une mention spéciale toute particulière pour nos nouveaux membres du Comité exécutif, Djibouti et Moldova.

Permettez-moi tout d'abord de remercier celle qui fut notre Présidente, Son Excellence l'Ambassadeur Laura Thompson Chacón, du Costa Rica, qui a dû nous quitter pour assumer de nouvelles fonctions à l'OIM. A cet égard, j'aimerais également remercier notre Président actuel, Son Excellence Alberto Dumont, de l'Argentine, qui a alors accepté d'occuper le siège devenu ainsi vacant.

En juin 2005, j'ai eu l'honneur d'être élu par l'Assemblée générale pour conduire la destinée du HCR pendant 5 ans. Je crois de mon devoir en cette cinquième année de mon mandat de faire le point sur la capacité du HCR à relever les défis auxquels il était confronté.

En 2005, le HCR s'est trouvé aux prises avec une situation très évolutive, exigeant une réflexion sur la manière d'offrir une protection et des solutions de façon plus efficace. L'Organisation des Nations Unies entamait une réforme humanitaire qui a abouti à la création de ce que l'on a appelé l'approche modulaire afin de mieux répondre aux déplacements internes.

Les coûts de personnel et du Siège représentaient un pourcentage toujours plus important des dépenses totales du HCR, mettant en péril la viabilité de l'Organisation. Nous savions que nous avions besoin d'une réforme structurelle majeure. Nous savions également que tous ces changements devraient respecter l'intégrité de notre mandat, nous aider à mieux couvrir les besoins d'un nombre croissant de bénéficiaires et renforcer les droits et les intérêts légitimes de notre personnel, le plus grand atout de l'Organisation.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Une réforme globale a été entreprise, y compris un examen du Siège et du terrain, de la décentralisation et de la régionalisation, de la gestion et des ressources humaines. La plupart des décisions clés ont été prises et les réformes ont été mises en oeuvre. Je peux faire état des tout premiers résultats.

En 2006, nos dépenses totales s'élevaient à 1,1 milliard de dollars E.-U. En 2009, nous les estimons à environ 1,7 milliard. Nous avons accru nos activités de plus de 50 pour cent tout en maintenant au même niveau les effectifs dans le monde avec toutefois 300 fonctionnaires de moins au Siège de Genève. Cela nous a permis de fermer en juillet notre bâtiment appelé « VNG » qui a abrité jusqu'à 350 fonctionnaires pour un coût annuel de 3 millions de francs suisses au titre du loyer. Pour la première fois depuis 1982, tous les fonctionnaires basés à Genève sont réunis dans un seul bâtiment, l'Equipe d'urgence faisant exception dans une petite annexe de l'autre côté de la rue.

La part des dépenses totales consacrées au Siège, y compris le Centre des services globaux de Budapest, est passé de presque 14 pour cent en 2006 à environ 10 pour cent en 2010. En 2010, il en coûterait au HCR environ 13 millions de plus, au titre des salaires et du loyer à eux seuls, pour faire à Genève ce qu'il fera à Budapest.

Au cours de la même période, les dépenses de personnel par rapport aux dépenses totales de personnel sont passées de 41 pour cent à 34 pour cent. Même en regard des coûts administratifs, le pourcentage du budget consacré aux effectifs et à l'administration par rapport aux opérations sera clairement en faveur des opérations.

Pour le HCR, la réforme n'est pas un concept abstrait ou technocratique. La réforme signifie que nous devons trouver les ressources pour protéger davantage de personnes, sauver davantage de vies et ramener chez eux davantage de réfugiés dans la sécurité et la dignité.

La capacité et la flexibilité opérationnelles du HCR dépendent considérablement du rôle des ses partenaires d'exécution, particulièrement de la communauté des ONG. Le HCR a accru la contribution des partenaires d'exécution aux activités globales de 31,5 pour cent des dépenses totales en 2006 à 35,2 pourcent en 2008.

Les économies dégagées grâce à la réforme ont libéré un volume important de ressources additionnelles pour les populations dont nous avons la charge.

Initialement, ces bénéfices sont allés à ce que l'on a appelé les projets spéciaux du Haut Commissaire. Ces derniers nous ont permis de combler des lacunes importantes dans les domaines du paludisme, de la malnutrition, de la santé reproductive, de la violence sexuelle et sexiste et nous ont permis de lancer de nouveaux programmes pour lutter contre l'anémie et améliorer les systèmes d'adduction d'eau et d'assainissement. Ces investissements ont désormais été intégrés.

En particulier, l'accent mis dans les projets spéciaux sur la réponse à la violence sexuelle et sexiste a été progressivement intégré dans les activités opérationnelles du HCR au niveau de la santé, de l'éducation, des moyens d'existence et de la sécurité ainsi que de l'appui juridique et judiciaire.

Ces réformes ont aussi considérablement renforcé la réponse d'urgence du HCR. La rapidité avec laquelle le HCR déploie un personnel et une assistance pour répondre aux crises au Pakistan et à Sri Lanka témoignent de l'efficacité plus grande au niveau de la gestion de la chaîne d'approvisionnement. Au Pakistan, les accords-cadres mis en place ont permis de combiner les approvisionnements de Dubaï et les achats locaux pour acheminer plus rapidement que jamais les articles de secours vers les zones touchées.

Nous adoptons actuellement une approche nouvelle et systématique pour évaluer les besoins des bénéficiaires ainsi qu'un cadre ambitieux basé sur les résultats. La budgétisation basée sur les besoins par le biais d'une évaluation des besoins globaux a été mise à l'épreuve en 2008 et déployée dans le monde au début de 2009. Avec l'adoption d'une budgétisation basée sur les besoins, le HCR sera pour la première fois de son histoire capable d'estimer l'intégralité des besoins de ses bénéficiaires.

L'évaluation des besoins globaux est appuyée par Focus, un logiciel clientélisé de gestion basée sur les résultats, qui en est aujourd'hui à sa phase critique de lancement. J'ai maintes fois souligné qu'il s'agit d'une période de transition et je suis sûre que les leçons que nous tirerons de cette expérience nous permettrons de mieux aborder et gérer les prochains cycles budgétaires.

Les priorités stratégiques globales de l'Organisation ont été parachevées en août de cette année et le cadre d'obligation redditionnelle globale, qui décrit les comptes à rendre, les responsabilités et les pouvoirs au sein de l'Organisation, est actuellement expérimenté tant au Siège que sur le terrain.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je ne m'étendrai pas sur tous les aspects de la réforme. Je tiens néanmoins à dire à quel point je vous suis reconnaissant de votre intérêt, de votre engagement et de votre appui à ce processus. Cet appui a été particulièrement important pour la création du Centre de services globaux de Budapest, qui compte désormais un meilleur système de gestion de la chaîne d'approvisionnement intégrant les achats et la logistique ainsi que le nouveau Centre d'apprentissage global.

Le processus de décentralisation et de régionalisation se poursuit, 67 pays où le HCR est présent étant actuellement couverts par 16 bureaux régionaux, et de nouvelles démarches sont en cours dans les bureaux régionaux pour l'Europe et les Amériques. Le pouvoir décisionnel a été transféré le plus près possible du point de destination, habilitant le Siège à gérer directement les opérations moyennant une intervention moindre du Siège.

La première phase de la réforme des ressources humaines s'est achevée par l'établissement d'un Bureau de la déontologie, une politique favorisant la divulgation d'informations, un Conseil consultatif personnel-administration, une Section des services d'organisation des carrières, de meilleures procédures de déploiement accéléré en cas de crise, une nouvelle politique sur les affectations de courte durée afin de réduire le nombre de fonctionnaires en attente d'affectation, actuellement au nombre de 60, et l'adoption d'un nouveau système d'appréciation du comportement professionnel qui a pour but d'accroître l'objectivité et l'équité du processus.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Le processus de changement entre maintenant dans une phase de consolidation nécessaire. Nous mettrons l'accent sur le contrôle et l'amélioration, en faisant fond des gains déjà réalisés. Un certain nombre de réformes sont encore toutefois en chantier.

Au Siège, la reconfiguration des services d'appui a été décidée et est désormais mise en oeuvre. Une nouvelle division pour l'appui et la gestion des programmes a été crée afin d'intégrer la gestion de programme, l'analyse et l'appui auparavant éparpillés au sein de l'Organisation.

La nouvelle Division veillera à ce que l'évaluation des besoins globaux et la gestion basée sur les résultats soient pleinement ancrés dans toutes les dimensions opérationnelles de l'Organisation. Parallèlement, une meilleure capacité d'évaluation de programme sera aménagée au sein du Service de l'évaluation et de l'élaboration de la politique générale. Cela nous permettra de disposer de la compétence analytique nécessaire pour identifier les besoins, définir les priorités, mesurer les résultats et la qualité et garantir l'efficacité au niveau de l'obligation de rendre des comptes et du contrôle.

Par ailleurs, la capacité de la Division des Services de la protection internationale sera renforcée moyennant des responsabilités en matière d'éducation, d'enregistrement et une approche stratégique en matière de solutions.

Les recommandations présentées par le Bureau de l'Union européenne chargée de la lutte contre la fraude, afin de renforcer l'indépendance et l'intégrité du Bureau de l'Inspecteur général, l'évaluation de l'Institut Fritz de la chaîne d'approvisionnement dans son intégralité ainsi que l'examen extérieur de la Division du HCR responsable des services de technologies de l'information et des communications, sont soit déjà mises en oeuvre soit sur le point de l'être.

Les aspects clés de la réforme des ressources humaines entrent dans une phase critique. Le personnel et la direction ont le même désir de rationaliser et de professionnaliser le processus d'affectation et de promotion tout en conservant une représentation significative du personnel. Une large mesure d'accord s'est fait jour au sein du Comité consultatif conjoint sur le nouveau règlement intérieur concernant les affectations et les promotions. Des discussions doivent encore se tenir sur les moyens d'harmoniser les processus du HCR en fonction des changements à l'échelle du système des Nations Unies en matière de politique de contrats, notamment la conversion de contrats locaux en contrats internationaux ainsi qu'en matière d'administration de la justice. Des discussions sont également en cours pour améliorer les procédures de recrutement du HCR -- dernier élément non encore achevé de notre processus de changement global.

J'ai fréquemment dit que dans le contexte des Nations Unies, il s'agit là des aspects les plus délicats des réformes entreprises. Mais ces changements sont absolument essentiels pour que l'Organisation acquière l'agilité et l'efficacité dont ses bénéficiaires ont besoin et que son personnel mérite.

Même si cet aspect n'est pas inhérent au processus de réforme en soi, le HCR a adopté de nouveaux sites interne et externe et, grâce à un don extrêmement généreux de temps et de talent de la Société de communication et de publicité WPP à New York, met la dernière main à une nouvelle stratégie globale de visibilité et de communication.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le HCR n'est plus l'Organisation d'antan. Il n'est pas non plus l'Organisation que nous appelons de nos voeux. Mais nous nous en approchons, sachant que la réforme n'est pas un objectif en soi mais seulement un moyen au service de notre vision. Pour le HCR, cette vision ne s'écarte jamais de l'engagement à améliorer notre capacité d'offrir une protection, une assistance et des solutions à ceux dont nous avons la charge. C'est là la seule vraie mesure de l'efficacité de nos réformes.

A cette aune, j'estime que bon nombre de nos réformes ont déjà prouvé leur efficacité. Nous avons assumé nos responsabilités plus larges envers les personnes déplacées de l'intérieur du fait d'un conflit, y compris la Direction des modules de protection, d'abris et de coordination et de gestion des camps, avec un effet positif sur les ressources mises à la disposition des réfugiés et des apatrides.

En fait, avec des coûts structuraux globaux jugulés, les fonds supplémentaires alloués aux programmes en faveur des déplacés internes ont contribué à ouvrir ces coûts, ce qui s'est traduit par un bénéfice transversal pour les réfugiés et les apatrides.

Au plan des catastrophes naturelles, la plupart des modules, y compris les modules d'abris et de coordination et de gestion des camps, disposent de directions claires. Il reste toutefois un point faible concernant la protection sur le terrain. Le HCR, déjà responsable de la coordination au niveau global, a la capacité et la volonté de combler cette lacune et dans le contexte du CPI et, en consultation avec l'UNICEF et le HCDH, j'estime que l'heure est venue de le faire.

Les catastrophes naturelles sont moins sujettes à controverse que d'autres aspects de notre oeuvre de protection. Fondamentalement, nous étendrions la portée -- et la fiabilité -- de notre appui aux gouvernements sur la requête, dans des domaines où nous disposons déjà d'une expérience importante comme par exemple l'enregistrement, l'établissement de documents et la lutte contre la violence sexuelle et sexiste.

Fort de sa riche expérience en matière de protection des personnes, de sa présence importante dans le monde et de la meilleure intégration de la préparation des crises, le HCR peut apporter au module de protection pour les personnes déplacées par les catastrophes naturelles, la direction prévisible et les résultats avérés nécessaires. Comme pour notre direction du module de protection pour les personnes déplacées de force par le conflit, j'estime que ce rôle de chef de file dans les catastrophes naturelles constitue une extension logique de nos responsabilités, et j'espère pouvoir compter sur votre appui à cet égard.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi d'en venir maintenant aux principaux défis que doit relever le HCR.

La crise financière, économique -- et, de plus en plus, sociale -- que traverse aujourd'hui le monde a fait couler beaucoup d'encre. Des milliards, voire des billions, de dollars ont été dépensés pour tempérer ses conséquences les plus dévastatrices dans les pays développés.

Les retombées de la crise sur le monde en développement ont suscité beaucoup moins d'attention ; personne n'est aujourd'hui en mesure de les évaluer précisément mais les prévisions ont tendances à être très pessimistes. Des millions d'emplois supprimés, une hausse dramatique du chômage, une baisse des transferts, une diminution des investissements, une réduction de l'aide au développement, davantage de pauvreté, voire d'extrême pauvreté.

La crise pourrait renverser des années d'efforts déployés pour réduire la pauvreté et saper les réalisations en regard des objectifs du Millénaire pour le développement. Mais toutes ces constatations ne permettent même pas de cerner les risques encourus. La pleine mesure de cette crise n'apparaîtra qu'en lien avec les retombées néfastes des grandes tendances mondiales elles-mêmes de plus en plus interconnectées.

J'en aborderai cinq.

Toute d'abord, la croissance démographique. Aujourd'hui, on compte environ 6,7 milliards de personnes sur la terre. En 2050, cette population devrait dépasser les 9 milliards. La quasi-totalité de la croissance démographique viendra du monde en développement. En 1950, on comptait 2 Européens pour 1 Africain. En 2050, sur la base des données actuelles, ce pourcentage sera inversé.

Deuxièmement, l'urbanisation. Aujourd'hui les villes concentrent déjà la plus grande partie de la population du monde. En 2050, le pourcentage devrait atteindre 70 pour cent. Les services et les emplois ne croissent pas au même rythme. Les populations déplacées, comme les autres, seront de plus en plus urbaines. Le HCR attache une attention particulière aux conséquences de l'urbanisation et j'y reviendrai ultérieurement.

Troisièmement, les changements climatiques. Le réchauffement de la planète menace d'engendrer des déplacements massifs. L'accroissement de phénomènes climatiques extrêmes fait aujourd'hui courir un risque deux fois plus grand de catastrophes naturelles qu'il y a deux décennies. La plupart des déplacements engendrés par les changements climatiques se dérouleront à l'intérieur des frontières et la responsabilité primordiale de protection incombera aux Etats. Mais des instruments devront être mis au point concernant les populations franchissant des frontières internationales et ne pouvant rentrer dans leur pays.

Quatrièmement, l'insécurité liée à l'alimentation, l'eau et l'énergie. A la fin de cette année, plus d'un milliard de personnes souffrira de la faim et de la malnutrition. Les prix des produits alimentaires mondiaux ne s'affichent plus à leur niveau record mais la crise alimentaire n'est pas terminée dans de nombreux pays pauvres. En Afrique, une personne sur trois souffre de famine chronique. Un nombre encore plus grand de personnes, soit environ 1,4 milliard, n'a pas accès à l'eau potable. De graves pénuries d'eau menaceront 250 millions de personnes en Afrique en 2020. Entre-temps, la demande d'énergie devrait croître de 50 pour cent au cours des 20 prochaines années, essentiellement sous la forme de combustibles fossiles, ce qui contribuera au réchauffement de la planète. La rareté de ces ressources rendra la concurrence plus âpre encore.

Cinquièmement, la migration. Le monde compte aujourd'hui plus de 200 millions de migrants. Les principaux facteurs de la migration, comme l'a récemment noté dans un discours le Directeur général de l'OIM, sont d'ordres démographique et économique, et ont toute chance de croître en complexité plutôt que de refluer. La dégradation de l'environnement constitue un autre facteur de déplacement de plus en plus puissant.

Toutes ces grandes tendances sont de plus en plus interdépendantes, et se conjuguent pour augmenter l'insécurité et le déplacement. Essayer des les aborder isolément c'est aller à l'échec. Face à une réalité globale, il convient d'apporter une réponse globale. Malheureusement, telle n'a pas été la démarche la plus fréquemment adoptée par la communauté internationale dont les instruments analytiques et politiques ont été essentiellement fragmentés.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Les grandes tendances du monde, conjuguées à la récession mondiale, engendrent la multiplication et l'aggravation des crises. Si l'on inclut les réfugiés palestiniens, deux tiers de l'ensemble des réfugiés du monde se situent sur un arc de crise allant du sud-ouest de l'Asie à la Corne et aux Grands-Lacs en Afrique en passant par le Moyen-Orient. C'est également une région où les populations s'accroissent et s'urbanisent rapidement et où l'incidence du changement climatique devrait être critique.

Sur les 14,5 millions de déplacés internes ayant bénéficié des activités de protection et d'assistance du HCR en 2008, environ 74 pour cent se trouvaient sur cet arc. En outre, la quasi-totalité des nouveaux déplacements internes importants en 2009 se sont produits au Pakistan, en Somalie et en République démocratique du Congo.

A l'image de l'incidence de ces grandes tendances, les formes contemporaines du déplacement sont aujourd'hui plus complexes. Le conflit, les changements climatiques, l'extrême pauvreté, la piètre gouvernance, la crise alimentaire et énergétique conjugueront leurs effets pour déclencher des déplacements.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Sur cette toile de fond, je vois le HCR confronté à quatre grandes problématiques.

La première a trait au rétrécissement de l'espace humanitaire. Cela est principalement dû à la nature évolutive du conflit, à la ligne plus dure suivie par certains Etats en matière de souveraineté nationale et au brouillage des distinctions traditionnelles entre les sphères civiles et militaires.

Les conflits ont aujourd'hui une multiplicité d'acteurs, dont bon nombre n'ont aucun respect pour les principes humanitaires ou la sécurité du personnel humanitaire. Sur les théâtres des conflits contemporains, on peut trouver des armées nationales et éventuellement étrangères, des factions ayant une base ethnique ou religieuse, des insurgés et des bandits. Tous ces acteurs enfreignent gravement les droits humains. La fourniture de secours humanitaires dans un tel environnement est à la fois difficile et dangereux.

En même temps, quelques gouvernements, pour des raisons politiques, ont refusé l'entrée à des institutions humanitaires. D'autres les ont expulsées, malgré les retombées néfastes des ces expulsions sur la protection et l'assistance apportée à leurs citoyens.

Enfin, les lignes de démarcation autrefois claires entre les civils et les militaires s'estompent chaque jour un peu plus. Des forces de maintien de la paix patrouillent alors que la paix n'a pas encore été instaurée, et alors que les militaires s'adonnent de plus en plus à des activités humanitaires afin de gagner les coeurs et les esprits. La confusion qui en résulte est exploitée avec cynisme et cruauté par certains belligérants pour cibler les travailleurs humanitaires. Ces actes sapent non seulement les opérations concernées mais les fondements même de l'action humanitaire.

En l'espace de six mois, dans le cadre d'une seule opération, au Pakistan, le HCR a perdu trois fonctionnaires. Syed Hashim a été tué par balle le 2 février alors que des hommes armés ont enlevé John Solecki, le Chef du Bureau du HCR à Quetta, pris en otage pendant 63 jours avant d'être relâché. Aleksandar Vorkapic, en mission à Peshawar, a été tué le 9 juin dans le bombardement de l'hôtel Pearl Continental. Zill-e Usman, assistant de terrain, Président du Conseil du personnel du HCR au Pakistan, a été assassiné par des hommes armés le 16 juillet. Un autre collègue, Ishfaq Ahmed, a été blessé dans cette attaque mais, fort heureusement, légèrement.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il va sans dire que rien n'est plus important pour le HCR que la sécurité de son personnel. Face à la dégradation des conditions de sécurité, le HCR a créé un Comité directeur permanent pour la sécurité, que je préside moi-même. Le Comité a examiné les conditions de sécurité et les besoins connexes des opérations clés du HCR et, en consultation avec le terrain, a pris tout un éventail de mesures visant à renforcer la sécurité.

Malgré les difficultés financières, j'ai toujours affirmé que les considérations de coûts ne prévaudraient jamais sur celles de la sécurité. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour garantir le bien-être physique de notre personnel.

Parallèlement, des comités directeurs locaux pour la sécurité sont mis sur pied dans les pays, dirigés par les représentants du HCR dans les pays. Nous intensifions nos efforts pour renforcer la sécurité sur le terrain en améliorant notre capacité de recueil d'informations, en favorisant la formation du personnel et en révisant les règles d'engagement, en mettant un accent tout particulier sur les besoins des agents nationaux et des partenaires d'exécution.

Nous devons poursuivre les initiatives visant à créer la confiance au sein des communautés locales et favoriser les communications avec tous les acteurs concernés pour éviter tout malentendu quant à la nature de notre présence et de nos activités.

Tout en renforçant nos propres capacités de gestion de la sécurité, nous réévaluons et consolidons les mécanismes de notre coopération avec le système des Nations Unies, en particulier avec son Département de la sûreté et de la sécurité ; dans les domaines de l'évaluation des risques, de la formation et du partage de compétences.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La seconde problématique a trait au rétrécissement de l'espace d'asile.

Tout comme le rétrécissement de l'espace humanitaire constitue notre principal défi sur les théâtres d'opérations du monde en développement, je suis gravement préoccupé par le rétrécissement de l'espace d'asile, particulièrement, mais non exclusivement, dans le monde développé.

Bien que certains développements positifs aient pu être enregistrés, tels que la nouvelle législation sur l'asile en Mauritanie, et les solutions de rechange à la détention proposées pour les demandeurs d'asile dans le cadre de la réforme globale de la détention en cas de migration aux Etats-Unis, la tendance générale est à l'augmentation des restrictions et la diminution des droits.

Certains pays développés limitent l'accès à leur territoire de telle sorte qu'ils enfreignent les droits des demandeurs d'asile et des réfugiés en vertu du droit international et du droit régional. Repousser les demandeurs d'asile vers des pays où ils ne peuvent bénéficier d'une protection, ou alourdir le fardeau pesant sur les pays en développement qui hébergent déjà la plupart des réfugiés du monde n'est pas acceptable.

Dans les cas où les demandeurs d'asile ont accès au territoire, cet accès peut perdre tout son sens en raison du traitement inéquitable de leur demande d'asile. Certains systèmes ont, de fait, un taux de reconnaissance nul, même pour les demandeurs d'asile venant de pays déchirés par la guerre.

Cette injustice ne fait qu'aggraver le problème des mouvements secondaires dans la mesure où les demandeurs d'asile sont tentés de se diriger vers des Etats où ils ont un espoir de voir leur besoin de protection reconnu. Une approche concertée aurait de toute évidence été meilleure. C'est pourquoi, dans ce contexte, il est impératif d'aménager un véritable espace d'asile européen.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La troisième problématique concerne la difficulté de mettre en oeuvre des solutions durables. Cette difficulté est à mettre au compte des dimensions de plus en plus complexes et insolubles des formes contemporaines de conflit.

Alors que plus de 600 000 réfugiés sont rentrés chez eux de leur plein gré en 2008, ce chiffre représente 17 pour cent de moins que l'année antérieure et, à l'exception d'une année, le chiffre le plus bas jamais enregistré au cours des 15 dernières années. Les mouvements de rapatriement massif diminuent alors que les situations en Afghanistan, au Sud du Soudan, en République démocratique du Congo, sont moins propices au retour et à la réintégration.

Au plan de l'intégration sur place, il y a quelque lieu d'espérer. La République-Unie de Tanzanie a approuvé les demandes de nationalité de plus de 3 500 des 170 000 réfugiés burundais de 1972 dont les cas ont été jugés recevables aux fins de naturalisation.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest a précisé que les réfugiés d'un Etat membre disposaient des droits au travail, à la résidence et à d'autres droits accordés aux citoyens de la communauté dans tout autre Etat membre en vertu des protocoles régionaux relatifs à la libre circulation des personnes. Plusieurs milliers d'anciens réfugiés sierra-léonais en Gambie ont récemment reçu une aide du HCR pour avoir accès à ces droits, cette expérience servant aujourd'hui de modèle pour le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau.

Globalement, toutefois, étant donné qu'un plus petit nombre de réfugiés rentrent dans leur pays d'origine et que la crise économique commence à faire des ravages dans les pays hôtes, la réceptivité accrue face à l'intégration locale, évidente il y a peu de temps encore, est déjà entamée.

En l'absence d'une solidarité et d'un partage de la charge authentiques au plan international, un pourcentage de plus en plus faible des 80 pour cent des réfugiés du monde qui sont hébergés dans des pays en voie de développement peut espérer une intégration.

La diminution des possibilités de rapatriement librement consenti et d'intégration sur place se traduit par une augmentation correspondante de la demande de réinstallation. Le HCR a présenté les cas de 121 000 réfugiés aux fins de réinstallation en 2008. Ce chiffre est le double de celui de 2006 et presque quatre fois le nombre moyen de prises en charge au cours de la décennie antérieure.

Le nombre de demandes dépasse déjà le nombre d'offres.

L'importance de la réinstallation en tant que solution ne fera que s'accroître. Moyennant la coopération généreuse de la Roumanie, le HCR et l'OIM ont ouvert un centre de transit pour l'évacuation des réfugiés ayant besoin d'un havre sûr en attendant le traitement de leurs demandes de réinstallation. Un accord visant à créer un centre similaire aux Philippines vient d'être signé. Un centre temporaire, pour accueillir les réfugiés palestiniens a été établi en Slovaquie. Il s'agit de développements importants mais des places supplémentaires de réinstallation doivent être trouvées.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La réduction des perspectives de solutions se traduit immanquablement par l'augmentation des situations de réfugiés prolongées. Le Dialogue du HCR sur les défis de protection qui s'est tenu l'année dernière en décembre a examiné ces situations.

Les participants au Dialogue ont conclu que si une approche commune en la matière était nécessaire, il n'y avait pas de solutions « taille unique ». Chaque situation requiert un ensemble de solutions, accompagnées d'une solidarité et d'un partage de la charge plus effectifs.

Le HCR a élaboré un plan d'action globale sur les situations de réfugiés prolongées, appuyé par une équipe d'appui multifonctionnel au Siège. Le plan se compose de cinq éléments clés :

  • Un soutien accru au rapatriement librement consenti en tant que solution privilégiée.

  • Une stratégie d'éducation révisée, avec pour objectif la scolarisation de 95 pour cent des enfants dans l'enseignement primaire à la fin de 2012 et davantage de possibilités d'enseignement secondaire et de formation professionnelle.

  • Des stratégies pluriannuelles d'autonomie, actuellement mises au point pour des opérations au Bangladesh, à l'est du Soudan, en Malaisie et au Yémen.

  • Un appui beaucoup plus important aux zones accueillant des réfugiés connus sous le sigle RAHA au Pakistan et mobilisation de l'ensemble de la famille des Nations Unies comme au nord de la République-Unie de Tanzanie et à Cox's Bazaar, au Bangladesh.

  • Une attention prioritaire aux situations prolongées dans le cadre du recours à la réinstallation, comme c'est le cas au Népal.

  • Et un accent plus important mis sur les partenariats avec la Banque mondiale, le BIT, le PNUD et d'autres institutions.

Le même risque de stagnation et la nécessité d'une approche globale en matière de solutions anime nos efforts en matière d'apatridie. Ces dernières années, nous avons remporté de grands succès. Tout récemment, les Biharis de langue ourdou au Bangladesh ont pu s'inscrire sur les listes électorales à temps pour le scrutin de décembre 2008. La Fédération de Russie octroie la nationalité à un nombre croissant de personnes devenues apatrides suite à l'effondrement de l'Union soviétique.

La Hongrie, au début de cette année, a adhéré à la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie. Au Kirghizistan et au Vietnam, le HCR travaille simultanément avec les gouvernements et la société civile pour vérifier et enregistrer les populations apatrides en vue de trouver une solution. Nous mettons aussi à disposition une information adéquate sur la nationalité et les documents comme en Côte d'Ivoire et nous fournissons des conseils juridiques à l'ouest des Balkans, en Iraq et au Népal.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Les réfugiés urbains constituent notre quatrième défi.

Je parle de « réfugiés urbains » pour faire court. Cette problématique est en effet plus large et inclut toutes les personnes relevant de la compétence du HCR en milieu urbain : réfugiés, demandeurs d'asile, rapatriés, déplacés internes et apatrides.

Ceux que nous avons pour mandat de protéger et d'assister migrent vers les villes ou y résident.

Cette problématique sera le thème du Dialogue de cette année sur les défis de protection les 9 et 10 décembre prochains. Un échange de vues utile sur le déplacement en milieu urbain a eu lieu au cours des consultations annuelles avec les ONG ; par ailleurs, il est prévu d'organiser une réunion d'une demi-journée des maires en lien avec la ville et le canton de Genève ainsi que le processus de La Haye sur les réfugiés et la migration.

Le HCR a entrepris un examen complet de ses opérations urbaines pour les Iraquiens à Amman, Beyrouth et Damas. Pleinement conscient des liens étroits entre le déplacement, la planification urbaine et la réduction de la pauvreté, nous menons à bien une étude d'échelle sur le déplacement urbain avec l'alliance des villes, une coalition globale d'autorités municipales et de partenaires du développement. Le HCR adopte également une nouvelle politique concernant les réfugiés urbains, qui s'écarte notoirement de la précédente.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Quelques mots du partenariat : nos principaux partenaires sont naturellement les Etats. J'ai maintes fois réitéré et aimerais à nouveau exprimer la reconnaissance toute particulière du HCR aux pays en développement qui accueillent un grand nombre de réfugiés. En réponse aux crises actuelles, le Tchad, la République islamique d'Iran, la Jordanie, le Kenya, le Pakistan, la République arabe syrienne, la République-Unie de Tanzanie et la République bolivarienne du Venezuela accueillent plus de 200 000 réfugiés ou personnes se trouvant dans des situations assimilables à celles de réfugiés.

Beaucoup d'autres Etats, comme le Cameroun, la République démocratique du Congo, l'Ethiopie, le Soudan, l'Ouganda et la Zambie en Afrique, l'Egypte et le Yémen au Moyen-Orient, l'Equateur en Amérique du Sud et le Bangladesh, l'Inde, le Népal et la Thaïlande en Asie, accueillent également un nombre important de réfugiés et continuent d'accueillir les demandeurs d'asile malgré les problèmes que posent la récession mondiale et, dans certains cas, un grand nombre de déplacés internes.

Les contributions faites par les pays hôtes dans le monde en développement n'apparaissent pas dans nos documents financiers. Mais sans eux, 4/5e de nos activités seraient impossibles. Dans ce contexte, l'afflux des réfugiés somaliens au Kenya constitue la crise la plus urgente à laquelle le HCR est aujourd'hui confronté. Au cours des 21 derniers mois, plus de 100 000 Somaliens sont arrivés dans le camp de Dadaab, fuyant les hostilités dans leur pays. Il en arrive encore plus de 5 000 par mois en moyenne. Les trois camps de Dadaab comptent aujourd'hui plus de 280 000 réfugiés, c'est-à-dire plus de trois fois leur capacité initialement prévue. La surpopulation et la promiscuité sont extrêmes. Les services aux réfugiés, y compris les abris, les soins de santé, l'eau et l'assainissement ne peuvent être dispensés adéquatement, ce qui engendre désespoir et souffrance dans le camp. Avec l'arrivée des pluies annoncées dans les toutes prochaines semaines, on peut craindre une terrible tragédie humaine.

Lorsque je me suis rendu au Kenya il y a juste deux mois, j'ai proposé au gouvernement une stratégie à cinq volets, dont l'allocation de terres pour l'établissement d'un quatrième camp qui en constitue un élément crucial. Au Ministre kényan de l'immigration et de l'enregistrement des personnes, qui est parmi nous aujourd'hui, j'aimerais réitérer ma vive ou profonde gratitude au Gouvernement et au peuple kényans pour l'appui que nous avons reçu et continuons de recevoir dans la réponse à cette crise complexe, et renouveler mon appel pour que nous soient allouées, dès que possible, des terres supplémentaires afin de permettre la mise en oeuvre de tous les aspects du plan.

Les organisations régionales sont également des partenaires importants. C'est un moment particulièrement important pour l'Union africaine. Le mois prochain, lors du Sommet spécial de l'Union africaine sur les réfugiés, les rapatriés, les déplacés internes à Kampala en Ouganda, les Chefs d'état africains devraient signer le premier instrument juridique continental ayant force de loi en matière de déplacement interne.

Il y a 40 ans, en 1969, les Etats africains ont adopté une définition élargie du réfugié afin de mieux prendre en compte les spécificités de la situation sur le continent. Aujourd'hui, presque une personne sur deux sur les 26 millions de déplacés de force par le conflit, la violence ou la violation des droits humains, se trouve en Afrique. Les Etats africains entendent donc rester en première ligne de la réponse à cette problématique.

Notre efficacité dépend également de celle de notre partenariat stratégique avec les ONG. Notre engagement à accroître la part des fonds canalisés par les partenaires se traduit par un montant supplémentaire de 100 millions de dollars E.-U. confié aux ONG en 2008, dont presque la moitié sont des ONG nationales. Les discussions sont bien avancées pour la prochaine réunion de la Plate-forme humanitaire globale au début de février. Parallèlement, le HCR prévoit de mettre en oeuvre les recommandations de l'Etude des pairs sur l'obligation de rendre des comptes aux bénéficiaires parmi les populations touchées par les catastrophes, étude conduite par le Comité directeur pour la réponse humanitaire.

Nos partenariats dans le secteur privé sont très positifs pour nos bénéficiaires et notre personnel. Des initiatives offrant aux communautés réfugiées un accès à la technologie et aux énergies renouvelables sont en cours. En même temps, le HCR étudie la faisabilité d'une communication sur internet sans frais entre le personnel dans des lieux d'affectation isolés et leurs proches alors que des initiatives visant à améliorer la gestion des communications ont déjà été conduites.

Le HCR continue également de renforcer ses liens de partenariat avec les institutions des Nations Unies et autres organismes clés. Des retraites de haut niveau ont été organisées avec l'OCHA, l'OIM et le CICR. Vu le caractère crucial de cette question pour l'action du HCR, nous avons participé activement aux travaux préparatoires des institutions des Nations Unies pour la Conférence mondiale sur le changement climatique de Copenhague en décembre prochain.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Tout ce que le HCR veut et doit accomplir doit l'être dans un environnement économique de plus en plus problématique.

Les donateurs du HCR se sont toujours montrés remarquablement généreux. La plupart d'entre eux ont maintenu ou accru le niveau de leurs contributions en monnaie locale. Les pertes de change ont été importantes au cours du premier semestre de l'année mais ont pu être compensées grâce aux efforts des donateurs. Grâce à nos réformes et à notre capacité de réponse, nous voulons démontrer que nous restons dignes de cet appui.

Il peut sembler injuste de ne distinguer qu'une personne dans toute une organisation acquise aux principes de la réforme mais je me dois de le faire.

Craig Johnstone, notre Haut Commissaire adjoint, a pris ses fonctions en juin 2007. Peu de temps après, il a accepté de devenir le fer de lance des efforts de réforme structurelle du HCR.

Depuis les tout premiers signes de la récession économique mondiale, qu'il a été prompt à déceler, il a fourni des conseils précieux pour répondre à la crise financière mondiale. Je sais que je m'exprime au nom de tous pour remercier Craig de sa perspicacité, de sa franchise, de sa détermination et de sa rigoureuse morale. Craig, vous avez montré un superbe exemple à votre successeur. Merci.

J'aimerais rappeler qu'au début de l'année, suite à une mise au concours, Mme Janet Lim a été choisie pour occuper le poste de Haut Commissaire assistant pour les opérations, succédant à Judy Chen-Hopkins, désormais Sous-Secrétaire général pour l'appui à l'établissement de la paix. J'ai apprécié ces premiers mois de travail avec Janet et je pense qu'ensemble avec le Haut Commissaire adjoint qui sera bientôt nommé et Mme Erika Feller, Haut Commissaire assistant pour la protection, nous serons dans les meilleures dispositions au sein du Bureau exécutif pour relever les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés.

Excellences, mesdames et messieurs,

L'année prochaine, nous célébrerons le 60ème anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et le 50ème anniversaire de la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie.

Dans le cadre de la commémoration solennelle de ces instruments, nous devons prendre l'engagement de trouver de meilleurs moyens d'offrir une protection et des solutions aux personnes dont nous avons la charge. Je vous encourage à suggérer des initiatives et des activités spécifiques que nous pourrions entreprendre ensemble à cette fin.

Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et me réjouis par avance d'entamer avec vous un dialogue constructif.