Le HCR et la question des rapatriements en Afrique

Sous les auspices de l'UNHCR, le programme de rapatriement volontaire pour les Angolais du camp de Divuma, en République Démocratique du Congo.  © HCR/S.Hopper

GENEVE, 13 février 2004 (UNHCR) - L'Agence des Nations unies pour les réfugiés a annoncé aujourd'hui qu'elle organisera le mois prochain une réunion ministérielle sur l'Afrique. Certains conflits pourraient en effet trouver bientôt une solution, ce qui provoquerait le retour de deux millions de réfugiés dans neuf pays : une telle situation nécessite une assistance internationale importante.

Selon le porte-parole de l'UNHCR, Ron Redmond, le 8 mars prochain à Genève, le « Dialogue sur le rapatriement volontaire et la réintégration durable en Afrique », réunira d'importants ministres et représentants d'Afrique, des gouvernements donateurs, ainsi que d'autres partenaires afin de discuter des progrès enregistrés dans les processus de paix en cours.

R. Redmond ajoute : « Nous exprimons souvent notre inquiétude à propos des difficultés spécifiques aux réfugiés en Afrique. Cependant, pour l'UNHCR, il existe à l'heure actuelle des raisons d'être optimiste quant à la résolution sur le continent africain de certains problèmes liés aux situations de réfugiés et de déplacement. »

Pour la première fois, l'Agence entrevoit « plusieurs possibilités pour le rapatriement d' environ deux millions de réfugiés. » Certains sont déjà en route vers l'Angola, la Sierra Leone, le Libéria, le Soudan, l'Erythrée, la Somalie, le Burundi, le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Au total, cinq millions de réfugiés et de personnes déplacées (PDIs) sont originaires de ces pays.

Ron Redmond ajoute : « Des solutions sur le long terme peuvent aujourd'hui voir le jour sur le continent africain. Pour l'UNHCR, il est donc important que la communauté internationale profite de cette opportunité et adopte une approche globale dans la région afin d'assurer rapatriement et réintégration durable en Afrique. »

Selon le Directeur à Genève du Bureau Africain de l'UNHCR, David Lambo, l'Afrique a besoin d'un développement durable et effectif sur le long terme afin de briser le cycle de la violence, de la pauvreté et du désespoir.

Se joindront aux ministres Poul Nielson, Commissaire européen pour le Développement et l'Aide Humanitaire, Julia D. Joiner, Commissaire pour les Affaires Politiques à la Commission de l'Union Africaine et Julia Taft, Assistante administrative à l'UNDP.

La réunion du 8 mars sera ouverte par le Haut Commissaire aux réfugiés, Ruud Lubbers. Le Commissaire-Adjoint, Kamel Morjane, clôturera la journée. Des réunions régionales sur les opérations de rapatriement et de réintégration en Afrique de l'Ouest et du Centre se poursuivront dans l'après-midi du 9 mars.

Les retours en Afrique, présents ou à venir, incluent :

  • Angola - Après l'accord de paix signé en avril 2002, 3,7 millions de personnes déplacées et de réfugiés sont retournés dans leur pays. Cependant, d' énormes problèmes persistent, notamment la présence de mines, la quasi-absence d' infrastructures, le manque de travail et une situation socio-économique fragile. L'UNHCR espère rapatrier 145 000 réfugiés cette année.

  • Sierra Leone - Suite à la mise en oeuvre du processus de paix, 270 000 personnes sont retournées en Sierra Leone. Mais le développement économique et la bonne gouvernance semblent fondamentaux pour la poursuite du processus de paix et la réintégration des rapatriés.

  • Libéria - L'UNHCR, associé à d'autres agences, a préparé le terrain pour d 'éventuels rapatriements volontaires et une réintégration durable de 320 000 réfugiés dispersés en Afrique de l'Ouest.

  • Soudan - Un accord de paix au Sud Soudan devrait voir le jour avant la fin du premier trimestre 2004. Parmi les 600 000 réfugiés, 150 000 pourront retourner au Soudan grâce à l'UNHCR dans les premiers 18 mois de paix, et ce après un conflit de deux décennies.

  • Erythrée - Ces deux dernières années, 103 000 personnes sont retournées en Erythrée. L'UNHCR y a entrepris des projets de réintégration. Depuis le début du conflit d'indépendance dans les années 1960, 300 000 personnes ont trouvé refuge au Soudan. L'UNHCR prévoit de donner un nouvel élan aux projets de réintégration.

  • Somalie - Malgré le rapatriement de 467 000 personnes qui avaient trouvé refuge au Soudan (au Nord-Est et au Nord-Ouest du pays), le cas de la Somalie représente toujours un défi pour l'UNHCR. Un processus de réconciliation nationale est en cours mais les obstacles à la paix sont nombreux et complexes ; 400 000 réfugiés vivent toujours dans des conditions difficiles dans des pays voisins.

  • Burundi - Après que le dernier groupe rebelle, le FLN, a annoncé sa volonté de participer au processus de paix, les perspectives d'avenir s'avèrent plutôt encourageantes pour le Burundi. Plus de 80 000 réfugiés sont rentrés au Burundi. L'UNHCR espère que 150 000 des 600 000 réfugiés, pour la plupart en Tanzanie, pourront retourner au Burundi cette année.

  • Rwanda - Dix ans après le génocide qui a fait plus de 800 000 morts, l'UNHCR encourage des milliers de réfugiés vivant dans des pays voisins à rentrer chez eux. L'année dernière, 17 982 réfugiés ont été rapatriés.

  • République Démocratique du Congo - L'UNHCR se prépare au retour de 350 000 réfugiés congolais ; le gouvernement intérimaire doit cependant faire face à des difficultés pour restaurer l'ordre dans ce vaste pays.