Le HCR envisage de développer ses activités au Burundi

Des réfugiés burundais à un point de distribution de nourriture dans le camp de Mtabila, en Tanzanie occidentale.  © HCR/L.Taylor

GENEVE, le 20 janvier 2004 (UNHCR) - Des centaines de milliers de Burundais réfugiés en Tanzanie pourraient bientôt rentrer chez eux. En effet, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés projette d'étendre son champ d'action en matière de rapatriement à des zones auparavant inaccessibles au Burundi.

Une équipe d'urgence de l'UNHCR a quitté aujourd'hui le siège de l'agence à Genève pour le Burundi afin, dans un premier temps, d'ouvrir des bureaux dans plusieurs provinces orientales et méridionales du pays à la frontière de la Tanzanie.

Ces mesures interviennent après une amélioration des conditions de sécurité dans certaines parties du pays suite à la signature à la fin 2003 d'un cessez-le-feu et d'un accord de partage des pouvoirs entre le gouvernement intérimaire à Bujumbura et le groupe rebelle FDD.

Grâce à l'amélioration de la sécurité, les Nations Unies ont assoupli les restrictions en matière de voyage et de présence dans trois zones du Burundi : Makamba, Bururi-Ville et Rutana. Ces trois zones connaissent une situation quasi-similaire à celle du reste du pays les rendant ainsi accessibles au personnel des Nations Unies.

La mission de l'UNHCR comprend un chef des opérations, un officier en charge des aspects financiers, un officier chargé des opérations et enfin un dernier responsable des télécommunications et technologies d'information.

Cette équipe rejoindra sur le terrain le conseiller en sécurité du personnel ; elle voyagera vers les zones frontalières de la Tanzanie afin d'évaluer la situation, réévaluer les besoins sur le terrain et préparer un possible déploiement de personnel supplémentaire.

Si la sécurité le permet, l'UNHCR souhaiterait ouvrir de nouveaux bureaux à Ruyigi le long de la zone centrale vers la frontière et à Makamba dans le sud. L'UNHCR prévoit également de renforcer sa présence à Muyinga dans le Nord. L'Agence des réfugiés avait fermé son bureau à Ruyigi et réduit sa présence à Muyinga en 2002 à cause de l'insécurité ambiante. L'Agence n'a pas été présente à Makamba depuis plusieurs décennies.

Depuis le début de son opération de rapatriement volontaire assisté en mars 2002, l'UNHCR s'est efforcé de faciliter les retours dans les zones plus sûres au Nord et au Centre du Burundi.

Maintenant que les conditions de sécurité se sont améliorées dans certaines parties du pays, la future expansion de l'Agence à l'Est et au Sud signifie que certains des 300 000 réfugiés burundais qui vivent encore dans les camps de Tanzanie pourront bientôt rentrer chez eux avec l'aide de l'UNHCR.

Mercredi, la Commission Tripartite sur le Rapatriement Volontaire des Réfugiés Burundais planifie une réunion à Arusha, en Tanzanie, pour revoir l'actuel programme de retour entre le Burundi et la Tanzanie.

Les représentants de l'UNHCR et les deux gouvernements espèrent s'entendre sur des projets permettant d'activer des points de passage frontaliers supplémentaires pour le rapatriement, le nombre des convois de retour hebdomadaires, ainsi que des plans pour la réhabilitation des routes et infrastructures des deux côtés de la frontière.

Depuis le début du rapatriement organisé par l'UNHCR en mars 2002, plus de 68 000 réfugiés burundais sont retournés au pays depuis la Tanzanie. Un groupe supplémentaire de 45 000 personnes est revenu sur sa terre natale burundaise par ses propres moyens en 2003.