Le manque de financement menace l'assistance du HCR pour les réfugiés togolais

Malgré plusieurs appels de fonds, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés fait face à une pénurie financière dans le cadre de son opération en faveur des réfugiés togolais au Bénin et au Ghana. Le HCR a déjà dû suspendre temporairement l'assistance aux réfugiés, alors que leur nombre augmente toujours.

Les réfugiés togolais dans les camps de Comé et Lokossa au Bénin pourraient bientôt subir les conséquences du manque de fonds, qui a déjà stoppé la remise en état des maisons accueillant leurs compatriotes au Ghana.  © HCR/M.Gaudé

GENEVE, 4 août (UNHCR) - Depuis la contestation de l'élection présidentielle en avril dernier, le nombre total de réfugiés togolais qui ont fui vers le Ghana et le Bénin voisins a maintenant dépassé les 40 000, avec environ 24 500 arrivées enregistrées au Bénin et 15 000 au Ghana. Malgré les appels de fonds répétés de l'UNHCR, les disponibilités pour les opérations dans les deux pays sont maintenant très insuffisantes.

Au Ghana, où des réfugiés sont établis dans 114 lieux sur une zone longue de 400 km dans la région Volta, l'UNHCR a été forcé de suspendre son assistance à ces réfugiés et aux communautés locales qui les accueillent. Malgré le besoin urgent de rénovation des hébergements et des sanitaires, toutes les réparations d'abris, de latrines et les creusements de puits ont dû être stoppés à cause du manque de fonds disponibles. D'autres activités ont également été suspendues et l'UNHCR a dû réduire sa présence dans la région Volta.

L'agence pour les réfugiés essaie de continuer néanmoins à aider les réfugiés, notamment en soutenant les initiatives locales pour ouvrir des écoles provisoires pour les enfants togolais. Le Fonds des Nations Unies pour les enfants, l'UNICEF, soutient également cette initiative.

Au Bénin, l'UNHCR va peut-être devoir réduire son assistance à plus de 24 500 togolais. Environ 10 000 de ces réfugiés demeurent dans deux camps à Comé et Lokossa dans le sud du Bénin, alors que 14 500 autres vivent au sein des communautés locales, plus au nord du pays. L'UNHCR étudie actuellement l'impact de la présence d'un tel nombre de réfugiés établis hors des deux camps, afin de leur fournir une assistance plus ciblée. Celle-ci ne sera possible que si davantage de fonds sont alloués.

« Il est absolument crucial pour nous de recevoir davantage de financement pour cette opération, » a dit Michel Gaudé, directeur du bureau Afrique de l'Ouest à l'UNHCR. « Bien que le nombre de nouveaux arrivants se soit réduit considérablement, plus de 40 000 personnes ont besoin de notre aide. Nous sommes déjà dans une situation où nous ne pouvons pas les assister correctement. »

Aucune nouvelle arrivée n'a été comptabilisée au Ghana, depuis fin mai, alors qu'au Bénin, environ 200 personnes seulement sont enregistrées par semaine. Au plus fort de la crise, tout de suite après les résultats de l'élection présidentielle, qui ont été suivis par de violentes manifestations, le Bénin avait vu arriver plusieurs milliers de nouveaux arrivants chaque semaine. Néanmoins, la majorité des réfugiés aussi bien au Bénin qu'au Ghana disent qu'ils ne souhaitent pas rentrer au Togo maintenant, car ils craignent toujours pour leur sécurité.

« Nous avons été contactés par le gouvernement togolais, qui nous a demandé de commencer une opération de rapatriement volontaire pour les réfugiés au Ghana et au Bénin », a ajouté Michel Gaudé. « Bien sûr, nous avons pris en considération cette demande. Cependant, l'UNHCR a des critères très stricts à respecter avant de débuter tout rapatriement volontaire et l'un d'entre eux consiste à ce que les réfugiés consentent de plein gré à rentrer dans leur pays. Or, actuellement nous ne l'avons pas constaté. »

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a besoin de 4,7 millions de dollars pour aider tous les réfugiés togolais au Ghana et au Bénin et pour fournir une assistance minimale aux togolais déplacés. Jusqu'à présent, l'UNHCR a reçu près de 2,5 millions de dollars et a dû contribuer à hauteur de 1,5 million de dollars, puisés dans sa réserve opérationnelle, pour couvrir les urgences régionales.