Le Pakistan a un besoin urgent de davantage d'aide, constate Angelina Jolie, Ambassadrice de bonne volonté du HCR

L'hiver était dans tous les esprits lorsque l'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie a visité les régions touchées par le séisme dans le nord du Pakistan la semaine dernière. Elle a aidé à la livraison de nourriture et de couvertures dans des villages isolés de montagne et, dans un camp, a discuté avec des femmes des difficultés qu'elles rencontrent pour survivre aux températures hivernales.

Angelina Jolie, Ambassadrice de bonne volonté de l'UNHCR, et Brad Pitt aident à décharger des sacs de nourriture de l'hélicoptère pour les survivants du séisme à Jabel Sharoon, au Cachemire pakistanais.  © HCR/J.Redden

JABEL SHAROON, Pakistan, 28 novembre (UNHCR) - L'Ambassadrice de bonne volonté de l'UNHCR Angelina Jolie a vu à travers le hublot d'un hélicoptère, kilomètre après kilomètre, des maisons détruites et les maigres possessions de Pakistanais déjà défavorisés, éparpillées à flanc de montagne.

« Vous survolez une région et vous ne croyez pas ce que vous voyez », a dit Angelina Jolie lors de sa visite de trois jours pour l'agence des Nations Unies pour les réfugiés qui s'est achevée samedi. « Les gens assis confortablement chez eux ne peuvent pas se faire une idée précise de la réalité ici. C'est incroyable. Pendant 20 minutes de vol, nous n'avons vu que des maisons en ruine. Tout a été détruit. »

L'Ambassadrice de bonne volonté est venue au Pakistan pour se rendre compte de l'impact du tremblement de terre du 8 octobre qui a tué près de 73 000 personnes et a laissé des dizaines de milliers d'autres sans abri dans l'une des régions les plus défavorisées d'un pays déjà pauvre. Depuis les villages en très haute altitude, où l'assistance vient juste d'arriver, jusqu'à la ville quasiment détruite de Balakot, ou l'hôpital d'Islamabad où des milliers de blessés ont été soignés, elle a entendu les survivants raconter l'horreur du séisme et leurs craintes quant à l'avenir.

L'UNHCR, dont le mandat est d'assurer la protection des réfugiés, n'est normalement pas impliqué dans l'aide lors des catastrophes naturelles. Mais pour la seconde fois en un an - ce tremblement de terre et le tsunami qui a ravagé les côtes du Sud et du Sud-Est asiatique fin décembre 2004 - l'agence des Nations Unies pour les réfugiés s'est retrouvée au centre d'un important effort humanitaire.

Tout comme dans les pays touchés par le tsunami où l'UNHCR est actif depuis longtemps, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés travaille au Pakistan depuis trois décennies pour assister les réfugiés afghans. Dans les heures qui ont suivi le séisme, l'UNHCR a ouvert ses entrepôts et a commencé à distribuer des tentes, des matelas et des bâches en plastique aux victimes de la catastrophe.

« C'est une obligation que d'être présent, d'aider les personnes du Pakistan et de rester auprès d'eux car ils ont fait tant pour les Afghans pendant des années », a indiqué Angelina Jolie aux journalistes vendredi lors d'une conférence de presse tenue à Islamabad aux côtés du Haut Commissaire, Ant*nio Guterres. M. Guterres, lui aussi en cours de mission dans la région, a également visité la zone touchée le jour précédent.

« C'est triste que nous soyons ici, c'est triste que l'on se retrouve dans cette situation, mais je suis si heureuse d'être là pour eux », ajoute Angelina Jolie, dont les deux missions précédentes avaient été consacrées à la rencontre de réfugiés afghans.

L'Ambassadrice de bonne volonté de l'UNHCR s'est rendue compte que ce séisme représente un défi logistique énorme qui nécessite une assistance soutenue - le désastre initial pourrait être suivi par un second avec le rude hiver qui arrive dans l'Himalaya où les personnes n'ont plus de toit.

Une visite à Muzaffarabad, la capitale du Cachemire pakistanais où des milliers de personnes sont mortes, a dû être écourtée samedi en raison des nuages qui commençaient à assombrir les environs et mettre en péril les vols. On aurait dit qu'il allait neiger sur la zone visitée par Angelina Jolie plus tôt dans la journée, une communauté éloignée à Jabel Sharoon, dans la vallée Neelum, située à une altitude de près de 2 000 mètres.

Angelina Jolie et son compagnon, l'acteur Brad Pitt qui s'est joint à la mission de l'UNHCR, ont embarqué à bord des hélicoptères de la Fondation Aga Khan qui transportaient de la nourriture dans les montagnes isolées jonchées de débris de maisons en bois. La Fondation Aga Khan, une organisation internationale d'aide et de développement présente dans cette partie du Pakistan pendant des années, a travaillé en étroite collaboration avec l'UNHCR pour le transport de l'aide dans les montagnes et pour évacuer des milliers de blessés.

« Il y a beaucoup de personnes qui vivent en altitude et qui, pour de nombreuses raisons, ne veulent pas partir - elles ont peur de perdre leur propriété et se sont habituées à cette vie - et si elles ne veulent pas partir, elles vont devoir reconstruire rapidement », indique Angelina Jolie. « Je ne sais pas si cela est possible ... certaines de ces personnes essaient de reconstruire dès à présent, c'est un effort de survie. »

Lors de sa discussion avec les survivants de Jabel Sharoon, un vent glacial balayait la neige poudreuse déjà tombée sur les montagnes. Ceux qui se sont rendus compte qu'ils ne pourront rester cet hiver descendent dans la vallée vers les camps d'aide humanitaire. Quelques-uns se dirigent vers des camps de fortune, qui sont une source de problèmes de santé, mais d'autres partent vers des camps bien équipés établis par les autorités pakistanaises avec l'assistance de l'UNHCR.

L'UNHCR, qui a des décennies d'expertise dans la protection des mouvements de réfugiés à travers le monde, a été mandatée par les Nations Unies pour fournir des conseils sur la construction et la gestion de ces camps temporaires pour les survivants du séisme.

Angelina Jolie a visité le camp de Ghari Habibullah, qui a été établi par l'armée pakistanaise, et a été rassurée d'entendre les résidents qui, bien qu'encore traumatisés, se sentent maintenant en sécurité alors que l'hiver arrive. Le chef du camp fait part d'un flux constant et régulier des survivants qui arrivent depuis les hauts plateaux.

Elle s'est également rendue à l'Institut pakistanais des sciences médicales à Islamabad, l'hôpital central dans les semaines qui ont suivi le séisme. Elle s'est entretenue avec des enfants - dont beaucoup sont amputés - qui nécessitent encore une assistance. Parfois des milliers de patients s'étaient entassés dans les salles et avaient même été traités dans les couloirs.

Après avoir entendu que l'hôpital cherchait à collecter des fonds pour acheter 40 lits spécialisés pour des patients paralysés de lésions à la colonne vertébrale suite au séisme, Brad Pitt a immédiatement offert de les fournir tous en faisant une donation de plus de 100 000 dollars.

Angelina Jolie a souligné que les besoins des survivants sont urgents, spécialement avec l'arrivée de l'hiver dans l'Himalaya, que l'assistance internationale doit continuer et que les donations prévues par les gouvernements doivent être honorées.

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« Il ne s'agit pas seulement d'un seul désastre », dit-elle. « Il y en a un autre qui pourrait arriver très vite s'il n'y a pas suffisamment de coordination et d'argent sur le terrain le plus rapidement possible. »

Par Jack Redden à Islamabad