L'opération de rapatriement en Angola s'achève avec le dernier retour par avion

Après plus de trois ans, l'opération de l'UNHCR pour le rapatriement des Angolais en exil depuis 27 ans de guerre civile, s'achève avec le dernier retour par avion depuis le Botswana. Depuis la signature des accords de paix d'avril 2002, on estime à un demi-million le nombre d'Angolais rentrés dans leur pays ravagé par la guerre, dont 123 000 avec l'assistance de l'UNHCR.

Des centaines de milliers de réfugiés angolais, dont nombre d'entre eux avec l'aide de l'UNHCR, sont rentrés d'exil depuis les pays voisins après la signature des accords de paix en avril 2002.  © HCR/M.Benevides

LUANDA, 20 décembre (UNHCR) - Le retour d'un groupe de réfugiés angolais du Botswana lundi 19 décembre a marqué la fin de l'opération de rapatriement de l'UNHCR qui a duré trois ans et aidé des centaines de milliers de réfugiés à rentrer chez eux.

Les 42 Angolais, qui vivaient dans le camp de réfugiés de Dukwi au nord-est du Botswana, sont arrivés par avion à Menonge au sud de l'Angola où ils ont reçu une allocation financière de retour vers leur village d'origine ainsi que d'autres articles de secours pour recommencer leur vie : des ustensiles de cuisine, des semences, des outils agricoles et pour la construction. Chaque personne a également reçu une ration alimentaire de deux mois fournie par le Programme alimentaire mondial.

La signature des accords de paix en avril 2002 après 27 ans de guerre civile a permis d'envisager le retour, tant attendu par les réfugiés. Des dizaines de milliers d'entre eux ont décidé de rentrer immédiatement de leur propre initiative, malgré les difficultés à affronter dans ce pays ravagé par la guerre.

Depuis le début de l'opération de l'UNHCR pour l'aide au rapatriement en 2002, l'agence pour les réfugiés a assisté 89 000 réfugiés rentrés par leurs propres moyens. De plus, 150 000 Angolais sont revenus dans leur pays sans demander aucune assistance. En 2003, l'UNHCR a commencé à organiser le retour volontaire des réfugiés, qui s'achève fin décembre après avoir aidé plus de 123 000 Angolais à rentrer chez eux.

« L'Angola est témoin du retour de près d'un demi-million de ses citoyens, qui ont rejoint leurs compatriotes tandis que la nation évolue dans son développement d'après-guerre », indique Annette Rita Nyekan, déléguée-adjointe de l'UNHCR en Angola. « Cette opération a été bénéfique pour l'Angola, les pays d'asile et pour l'UNHCR. »

En 2005, plus de 28 000 Angolais sont rentrés avec l'assistance de l'UNHCR depuis les pays voisins, principalement la Zambie et la RDC, 15 000 par vols affrétés et les autres par convoi routier. De plus, près de 9 000 réfugiés ont reçu une assistance de l'UNHCR à l'intérieur du pays après être rentrés par leurs propres moyens et avoir pris contact avec les centres d'accueil de l'UNHCR, 15 000 autres sont rentrés sans aucune aide.

Alors que des avions affrétés par l'Organisation internationale des migrations ont transporté des réfugiés cette année depuis le Botswana, la Namibie et la RDC, leur principale opération aérienne s'est déroulée depuis la Zambie avec quelquefois plusieurs vols dans une même journée.

La plupart des rapatriés sont rentrés au cours de ces trois dernières années par voie terrestre, souvent par des routes préalablement sécurisées après des décennies de dommages de guerre et de négligence. Avant que l'UNHCR ait commencé à gérer les retours par convois en 2003, des ponts ont dû être reconstruits et des routes déminées, et ce plusieurs fois car les mines antipersonnel sont déplacées lors de la saison des pluies, ce qui nuit à la mobilité vers l'intérieur du pays.

Fin 2005, il y aura encore près de 96 000 réfugiés angolais en dehors du pays, notamment dans les camps en Zambie, en RDC et en Namibie, ainsi que des réfugiés urbains qui se prennent en charge et ceux qui sont enregistrés et installés dans d'autres pays encore. La plupart des réfugiés angolais restant dans les camps n'ont pas souhaité être rapatriés et en 2006 une assistance similaire devrait continuer à leur être accordée dans les pays où ils sont hébergés.

Un nombre inconnu d'Angolais sont installés en dehors des camps principalement en Zambie et en RDC, où l'UNHCR les enregistre actuellement pour comptabiliser ceux qui souhaitent rentrer. Bien que le transport ne sera possible que pour les cas les plus vulnérables, l'UNHCR fournira de l'aide à la réinstallation à l'intérieur de l'Angola pour ceux qui sont rentrés par leurs propres moyens. L'avenir des réfugiés angolais encore présents en Zambie et qui ne se sont pas enregistrés pour bénéficier du programme de rapatriement de l'UNHCR sera étudié par la commission tripartite, composée de la Zambie, de l'Angola et de l'UNHCR, qui se réunira en janvier.

La clôture de la phase de rapatriement des opérations de l'UNHCR signifie que l'attention se portera désormais sur les programmes de réinstallation, déjà opérationnels pour les rapatriés à ce jour.

Début 2005, le gouvernement angolais, avec l'aide de l'UNHCR, a lancé l'Initiative de réintégration durable dans les régions où les réfugiés sont rentrés, principalement les zones frontalières, dans le cadre de son programme national de développement. L'UNHCR cherche à s'assurer que les agences de développement incluent les zones de rapatriement dans leur planification et qu'elles aideront aussi au financement de projets liés à la réintégration.

« Les activités de paix et de réconciliation, ainsi que les activités futures de réintégration mises en oeuvre par l'UNHCR, les partenaires opérationnels, d'autres agences des Nations Unies et la communauté internationale, devront donner aux réfugiés de retour un rôle prépondérant dans l'avenir de l'Angola », indique A. R. Nyekan.

« Cela sera vital car l'Angola reprend des forces après trois décennies de guerre et assume la place qui lui revient de droit, basée sur ses ressources et son potentiel, en tant qu'acteur majeur dans la région sud de l'Afrique », fait savoir un responsable de l'UNHCR.

Les élections nationales sont provisoirement programmées pour l'année prochaine et, malgré la pauvreté grandissante, l'économie basée sur le pétrole se développe. Contrairement aux précédents cessez-le-feu - avec l'espoir de rapatriement - qui s'anéantissaient toujours rapidement, les rapatriés voient cette fois-ci l'installation de la paix.

Par Jack Redden