L'ambassadrice de bonne volonté, Angelina Jolie, publie ses journaux de bord sur le Kosovo et le Sri Lanka

L'ambassadrice de bonne volonté, Angelina Jolie, visite un foyer pour jeunes filles orphelines et abandonnées au nord du Sri-Lanka.  © HCR/L.Taylor

GENEVE, 7 octobre 2003 (UNHCR) - L'ambassadrice de bonne volonté de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, Angelina Jolie, a publié aujourd'hui deux journaux de bord qui offrent un éclairage unique sur ses récentes expériences avec les personnes déplacées au Kosovo et au Sri Lanka.

Ces journaux de bord, qui sont disponibles sur le site anglais de l'UNHCR, relatent l'espoir et le désespoir des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées qu'Angelina Jolie a rencontrés au cours de ses missions dans ces pays en situation post-conflictuelle.

Au Kosovo, l'ambassadrice de bonne volonté a visité, du 27 au 30 décembre, des sites de rapatriés et rencontré des équipes de femmes démineurs dans la capitale, Pristina. Elle a également voyagé dans différentes enclaves de la région de Mitrovica, zone réputée pour son instabilité, où elle a rencontré des réfugiés croates, des minorités et des communautés mixtes.

« C'est un endroit triste », note-t-elle. « Difficile d'imaginer qu'il pourra revenir à la normale un jour. Pas de véritable joie, mais la capacité de survivre encore et toujours. Pour continuer, pour essayer de reconstruire. Pour essayer de faire de ses anciens ennemis des voisins. »

Malgré la désolation, Angelina Jolie remarque que l'espoir renaît dans les endroits les plus improbables. Décrivant la scène d'un employé de l'UNHCR qui s'était un jour présenté avec des fleurs, elle écrit : « Cela a entraîné une longue discussion parce que les personnes présentes dans la pièce n'avaient pas vu de fleurs depuis fort longtemps. 'Où les avez-vous eues ? Où ont-elles fleuri ?' 'Non, il y a une petite serre derrière un bâtiment où ils recommencent à planter'.... La conversation dure un moment et je me rends compte que, jamais auparavant, je n'ai prêté autant d'attention à quelques fleurs. A ce que représentent les choses qui poussent, qui grandissent. Comment des fleurs peuvent-elles s'épanouir dans un pays gelé et dévasté par les bombes. Et tout ce qu'elles peuvent représenter ? »

Au Sri Lanka, pays qu'elle a visité cette année du 14 au 15 avril, elle a retrouvé le même instinct de survie.

La vie est dure pour les Sri-Lankais, après 20 ans de guerre civile. En visitant la maison d'une famille rapatriée, au nord, Angelina Jolie raconte : « La femme a simplement déclaré, 'Nous trouvons la vie vraiment difficile. Quelquefois nous songeons à nous laisser mourir de faim ou à nous immoler. Ou encore que nous serions peut-être mieux ailleurs.' Alors, les enfants nous disent 'Non, nous devons rester forts. Ca va s'arranger mais je ne sais pas quand' ».

Mais la volonté de survivre reste forte. Dans une autre maison, « le grand-père montre du doigt une énorme montagne de gravats et dit « voilà tout ce qui reste de la maison de mon frère. Il ne le sait pas encore ». Il poursuit en plaisantant : « Beaucoup de travail en perspective ». « Il n'y a rien d'autre à faire qu'à pleurer et à tout recommencer », écrit Angelina Jolie.

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Pour Angelina Jolie, cette approche intimiste et ces récits journaliers ne sont pas chose nouvelle. L'ambassadrice de bonne volonté tient en effet un journal de bord de toutes les missions qu'elle a effectuées sur le terrain. Plusieurs de ces journaux seront prochainement publiés dans un livre intitulé « Notes from My Travels » (Simon et Schuster).

Angelina Jolie, qui a remporté un oscar, s'investit auprès de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés depuis deux ans et demi. En 2001, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté de l'UNHCR. Pour sensibiliser l'opinion publique à la question des réfugiés et mobiliser l'aide, elle a voyagé avec l'UNHCR en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, dans les Balkans et dans le Nord-Caucase. Elle a aussi généreusement contribué aux programmes de l'UNHCR.