Angelina Jolie est préoccupée par le sort des enfants du Darfour et réclame plus de sécurité

L'ambassadrice de bonne volonté de l'UNHCR Angelina Jolie avec des enfants déplacés internes au village de Margasa, à l'ouest du Darfour. Plus que des vêtements ou de la nourriture, ils demandent avant tout d'être en sécurité, indique Angelina Jolie.  © HCR/R.Ek

KHARTOUM, Soudan, 27 octobre (UNHCR) - Le besoin de sécurité et d'accès aux villages de déplacés sont les principaux problèmes soulevés par l'ambassadrice de bonne volonté Angelina Jolie, au terme de sa visite de trois jours dans la province soudanaise à l'ouest du Darfour en proie à un conflit.

L'ambassadrice de bonne volonté a débuté lundi sa mission dans l'ouest du Darfour, par la visite de camps afin de se rendre compte par elle-même de la situation de dizaines de milliers de déplacés internes. Elle est rentrée à Khartoum, la capitale soudanaise, pour partager ses observations au cours d'une conférence de presse mercredi.

Angelina Jolie a raconté l'histoire de razzia et de viols dans les villages, y compris le viol collectif la semaine passée d'une fillette de douze ans et de sa mère. « Ces récents événements sont horribles et démontrent bien que la situation reste instable », s'est-elle lamentée.

« J'ai rencontré beaucoup d'enfants pris au piège par ce conflit. Ils portent des haillons, ne peuvent ni aller à l'école ni recevoir des soins médicaux », a-t-elle ajouté. « Pourtant, lorsqu'on leur demande ce dont ils ont besoin, ils demandent à être en sécurité, avant même de mentionner la nourriture ou les vêtements. Le fait est qu'aucun endroit n'est sûr à 100 %. »

Angelina Jolie a aussi parlé de l'attention que porte l'UNHCR sur les conditions des villages et des lieux d'origine dans l'ouest du Darfour, afin d'évaluer les besoins des personnes et les possibilités de retour. « Manifestement, le gouvernement voudrait que les gens rentrent. Mais mon impression, après leur avoir parlé et sur la base de mes propres observations sur place, est que ce n'est clairement pas le moment. Lorsque le temps de rentrer sera venu, il faudra que cela se fasse dans la sécurité et la dignité », a-t-elle insisté.

Sur le terrain, Angelina Jolie a pu observer la collaboration étroite qui existe entre l'UNHCR, les autres agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales.

« J'ai passé beaucoup de temps avec INTERSOS. Leur travail est remarquable », a-t-elle raconté. « J'ai rencontré un des employés travaillant avec l'Union africaine. Il m'a aidée à comprendre la coopération unique que représente l'Union africaine. En fait, c'est l'Afrique au secours de l'Afrique et c'est une chose remarquable. »

Elle a cependant souligné qu'il restait beaucoup à faire pour soutenir les Nations Unies et les ONG sur le terrain. « Le défi majeur est l'accès aux populations, les infrastructures et la sécurité. L'UNHCR doit avoir accès aux lieux d'origine pour pouvoir accomplir sa tâche », a-t-elle déclaré. « Améliorer le situation dans l'ouest du Darfour et fournir une protection et une assistance efficaces aux personnes déplacées internes n'est possible que si les agences telles que l'UNHCR reçoivent les fonds nécessaires. »

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On estime que 1,6 million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays dans les trois provinces de la région du Darfour. Quelque 200 000 personnes ont également fui au Tchad voisin, où elles sont pour la majorité hébergées dans 11 camps de l'UNHCR, dont certains ont reçu la visite d'Angelina Jolie en juin dernier.

Le budget actuel de l'UNHCR pour l'est du Tchad et le Darfour s'élève à 115 millions de dollars en fin d'année. L'agence est en train de réévaluer ses besoins dans la perspective du renforcement de son rôle dans l'ouest du Darfour.