Le HCR regrette de devoir quitter l'Ouzbékistan par ordre du gouvernement

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés exprime ses regrets suite à la décision du gouvernement d'Ouzbékistan, qui a donné un mois au HCR pour mettre un terme à sa présence dans ce pays d'Asie centrale débutée il y a une dizaine d'années. Erika Feller, Haut Commissaire assistante du HCR, affirme que l'agence a toujours mené ses projets en accord avec son mandat et que les principes élémentaires de la protection des réfugiés continueront à guider son action.

En mai 2005, les demandeurs d'asile ouzbeks ont fui des violences à Andijan, la capitale de leur pays d'origine. Ils ont d'abord trouvé refuge au camp de Barash, sur les bords de la rivière marquant la frontière avec le Kirghizistan voisin.  © HCR/C.Zaccagnini

GENEVE, 20 mars (UNHCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a exprimé ses regrets suite à la décision du gouvernement d'Ouzbékistan, qui a donné aujourd'hui un mois à l'UNHCR pour mettre un terme à sa présence dans ce pays d'Asie centrale, débutée il y a une dizaine d'années.

La Haut Commissaire assistante pour la protection Erika Feller a indiqué que l'agence avait été informée de cette décision le 17 mars par un communiqué du ministère des Affaires étrangères déclarant que, « l'UNHCR a pleinement rempli sa tâche ; il n'y a donc plus de raison évidente pour que (l'agence) prolonge sa présence en Ouzbékistan. Par conséquent, le ministère demande à l'UNHCR de fermer son bureau à Tachkent d'ici un mois ».

L'UNHCR indique qu'il se conformera à l'ordre du gouvernement et cherchera d'autres arrangements pour répondre aux besoins toujours existants de quelque 2 000 réfugiés, principalement des Afghans, et des demandeurs d'asile en Ouzbékistan.

« Nous sommes pleinement satisfaits d'avoir mené nos projets en Ouzbékistan en accord avec le mandat que nous avons reçu de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui consiste à protéger et trouver des solutions pour les réfugiés », a indiqué Erika Feller. « Les principes élémentaires de la protection des réfugiés continueront à guider toutes nos actions en faveur des réfugiés, partout où nous sommes présents, même lorsqu'il peut en résulter des conséquences négatives dans nos relations avec un Etat. »

Suite à l'incident d'Andijan en mai 2005, l'UNHCR a procédé à l'évacuation humanitaire vers la Roumanie de 439 réfugiés ouzbeks qui avaient fui vers le Kirghizistan voisin. Plus de 200 personnes parmi les réfugiés transférés en Roumanie ont été réinstallées dans des pays tiers, alors que 228 autres attendent encore leur départ. D'autre part, 11 Ouzbeks avaient été réinstallés directement depuis le Kirghizistan en septembre 2005.

L'UNHCR reste préoccupé par le sort de quatre réfugiés ouzbeks détenus au Kirghizistan, dont deux se sont vus refuser l'asile après une décision de la Cour suprême à la mi-février et a appelé le gouvernement kirghize à n'entreprendre aucune action qui viserait au retour forcé des réfugiés vers l'Ouzbékistan.

De même, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés reste inquiète au sujet du sort d'un nombre croissant de demandeurs d'asile ouzbeks qui ont été détenus dans les pays de la CEI et qui ont été expulsés contre leur gré vers l'Ouzbékistan.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a ouvert son bureau en Ouzbékistan en 1993 pour soutenir ses opérations durant la guerre civile de 1992-93 au Tadjikistan et dans le nord de l'Afghanistan. Le travail actuel de l'UNHCR en Ouzbékistan concerne le rapatriement volontaire et la réinstallation d'environ 2 000 réfugiés, afghans pour la plupart.

Un petit nombre de demandeurs d'asile originaires d'autres pays sollicitent aussi notre bureau de Tachkent, où l'UNHCR s'occupe de déterminer le statut des réfugiés.

L'Ouzbékistan est le seul pays de la CEI qui n'est signataire ni de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ni de son Protocole de 1967. Ce pays ne dispose par ailleurs d'aucune législation nationale et d'aucune procédure administrative concernant l'asile.