Après l'Afrique du Sud et la Zambie, la Namibie étend son programme de traitement contre le VIH/SIDA aux réfugiés

Le mois dernier, le Gouvernement namibien a accepté d'étendre son programme national de lutte contre le VIH/SIDA aux 6 000 réfugiés qui vivent encore sur son sol. Si la plupart des pays de la région ont déjà intégré, de manière officieuse, les réfugiés dans leur planification, l'Afrique du Sud et la Zambie ont, eux, officialisé cette démarche. Le Botswana reste le seul pays qui continue à refuser aux réfugiés l'accès au traitement contre le virus VIH/SIDA.

Au camp de réfugiés d'Osire en Namibie, un groupe de femmes a pris en main la lutte contre le HIV comme activité principale. Elles pourront maintenant assurer aux personnes atteintes par la maladie que le gouvernement leur fournira un traitement et les soutiendra.  © HCR/L.Bruns

WINDHOEK, Namibie, 10 mai (UNHCR) - Chaque jour, six réfugiés vivant en Namibie prennent un traitement anti-rétroviral (ART) fourni par le gouvernement. Ce pays a en effet rejoint le groupe des Etats de la région qui garantissent aux réfugiés le même accès au traitement contre le virus VIH/SIDA qu'à leurs populations.

Le nombre des personnes concernées par cette mesure - six réfugiés sont en cours de traitement et dix personnes supplémentaires devraient l'être prochainement - est moins important que l'augmentation du nombre de pays permettant aux réfugiés d'accéder à ce traitement d'une importance vitale.

En Afrique australe, la Namibie a ainsi rejoint la Zambie et l'Afrique du sud sur la liste des pays qui garantissent officiellement aux réfugiés l'accès au traitement anti-rétroviral. La plupart des autres pays de la région fournissent une aide de manière officieuse. Seul le Botswana continue à refuser officiellement d'accorder le bénéfice de ces médicaments aux réfugiés.

Dans le camp de réfugiés d'Osire, au centre de la Namibie, cette nouvelle a rendu l'espoir aux réfugiés contaminés par le virus. « Les réfugiés en Namibie reçoivent un traitement dans le cadre d'un programme global, au lieu d'avoir à attendre une mort certaine dans le camp d'Osire », indique Laurie Bruns, conseillère régionale sur le VIH/SIDA pour l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. « C'est une étape supplémentaire vers la réalisation de l'objectif de l'UNHCR, qui est d'obtenir l'intégration formelle des réfugiés dans les programmes VIH/SIDA de chaque pays. »

En dépit des remarques xénophobes dont sont parfois victimes les réfugiés, les accusant d'être des sources potentielles d'infection, la réalité témoigne du contraire : ce sont les réfugiés eux-mêmes qui sont les plus exposés à cette menace. Pour des raisons variées, le taux de prévalence du VIH/SIDA est en effet souvent moins élevé parmi les réfugiés que dans les communautés locales. Cela peut, notamment, provenir du fait que les réfugiés viennent de pays peu touchés par le virus, qu'ils vivent dans des régions isolées de leur pays d'accueil ou qu'ils reçoivent une éducation et des soins de santé dans les camps de réfugiés.

Plus de 6 000 réfugiés vivent encore en Namibie. Ils étaient 20 000 en 2001, avant l'opération de rapatriement vers l'Angola. La plupart des réfugiés présents sur le territoire namibien sont originaires du Rwanda, d'Angola, du Burundi et de la République démocratique du Congo.

Ces pays ont des taux de contamination relativement bas, autour de quatre à six pour cent selon l'ONUSIDA. Au contraire, de nombreux pays d'asile dans l'Afrique australe connaissent des taux allant au-delà de 20 pour cent.

L'Afrique australe affiche les taux de contamination les plus importants au monde, de nombreux pays d'accueil mettent donc en place des programmes globaux de lutte contre le VIH. C'est une bonne nouvelle pour les réfugiés qui y accèdent. Cela veut aussi dire que l'intégration des réfugiés dans les programmes de soins est une charge relativement légère pour les gouvernements de la région.

L'UNHCR et ses partenaires ont fourni aux réfugiés en Namibie des conseils pour la lutte contre le VIH/SIDA, des soins et du soutien mais le programme gouvernemental de traitement par l'ART ne les incluait pas. Comme dans de nombreux pays, les réfugiés du camp d'Osire ont été négligés, comme un groupe vulnérable. En Namibie, où le taux de prévalence moyen d'infection par le VIH atteint de 20 pour cent, le Plan stratégique national pour la lutte contre le VIH/SIDA pour 2004-2009 n'a fait aucune référence aux réfugiés.

Mais après avoir travaillé avec des partenaires comme le Centre américain pour la prévention et le contrôle des maladies, l'ONUSIDA et le Ministère namibien de la santé et des services sociaux, l'UNHCR a reçu la confirmation du gouvernement namibien en avril que les réfugiés bénéficieraient du même accès au programme national ART que les Namibiens.

Cela veut dire que le traitement et les soins associés seront offerts aux réfugiés. 16 réfugiés séropositifs du camp d'Osire ont été enregistrés par le Ministère pour recevoir l'ART, six ont déjà commencé le traitement. En plus, le traitement de toutes les autres maladies associées, comme la tuberculose et d'autres maladies qui en résultent souvent, seront maintenant détectées plus facilement et traitées par le programme du gouvernement.

Le traitement prolongeant la vie est bénéfique de même pour les membres de la famille et toute la communauté réfugiée, ce qui encourage les réfugiés à se soumettre d'eux-mêmes au test VIH gratuit disponible au camp d'Osire et pourrait réduire la stigmatisation et la discrimination associées à cette maladie. Pour les réfugiés, l'accès étendu à l'ART veut dire non seulement une vie plus longue, leur permettant d'élever leur famille mais aussi la possibilité de rentrer un jour chez eux.