Les réfugiés du monde entier célèbrent la Journée mondiale de l'environnement

Du Cachemire au Congo, l'UNHCR va aider des milliers de déplacés internes et de réfugiés à célébrer la Journée mondiale de l'environnement, le 5 juin. L'UNHCR saisit cette opportunité pour accroître ses efforts dans la lutte contre la dégradation environnementale dans certaines zones abritant des réfugiés.

De nombreux réfugiés vivent dans des camps situés en milieu hostile, comme celui-ci dans le désert de l'est du Tchad. L'UNHCR célèbre la Journée mondiale de l'environnement avec un appel à combattre la dégradation de l'environnement dans les zones accueillant les installations de réfugiés.  © HCR/J.Clark

GENEVE, 5 juin (UNHCR) - Du Cachemire au Congo, l'UNHCR va aider des milliers de déplacés internes et de réfugiés à célébrer la Journée mondiale de l'environnement, le 5 juin.

« La Journée mondiale de l'environnement est une véritable chance de pouvoir attirer l'attention sur la dépendance des réfugiés et des déplacés internes à l'égard des ressources naturelles et sur l'urgence, pour tout un chacun, d'utiliser ces ressources avec discernement et de les protéger », a déclaré Arnauld Akodjenou, chef de la Division de l'appui opérationnel de l'UNHCR.

Cette année, le thème est Déserts et Désertification : « Ne désertez pas les zones arides ! ... » Mais, afin d'adapter ce thème à la problématique des réfugiés, l'UNHCR a opté pour le slogan « Combattre la dégradation des terres dans les zones abritant des réfugiés. »

Arnauld Akodjenou précise :« Cela nous rappelle que nous sommes tous responsables de l'utilisation durable des ressources naturelles et du soin apporté à l'environnement dans les opérations de réfugiés. Certains réfugiés sont hébergés dans des environnements écologiquement fragiles et vivent en marge de la société et de l'économie. Il est donc essentiel de ne pas oublier l'habitat fragile dont ils dépendent. »

Ce message de prise en compte de l'environnement sera diffusé lors des cérémonies organisées le 5 juin et autour de cette date. Il sera martelé dans les environnements difficiles où les réfugiés et les personnes déplacées sont abrités, y compris dans les zones frappées par le tremblement de terre au Cachemire et dans les régions ravagées du coeur de l'Afrique.

L'UNHCR a participé à la préparation des festivités du 5 juin dans les sept camps encore ouverts du Cachemire pakistanais, et tout particulièrement d'un événement spécial qui se déroulera au camp de Jalalabad à Muzaffarabad. Ces activités incluront la plantation d'arbres, des expositions photographiques et des séances de sensibilisation sur l'environnement, environnement dont dépendent tant les survivants du séisme meurtrier d'octobre dernier.

En Afrique, une série d'événements commémoratifs est aussi prévue pour les réfugiés. Parmi ceux-ci figurent des événements éducatifs, des leçons sur l'hygiène, des films, des chansons, des danses, des animations sportives, des démonstrations portant sur des sources alternatives d'énergie, la promotion de l'horticulture et la plantation d'arbres dans des pays tels que le Kenya, le Soudan, la Tanzanie, la Zambie et le Rwanda.

A M'Banza Congo, une ville du nord de l'Angola, où se trouve le centre de réception de Kiowa, les autorités locales chargées de l'agriculture organisent des événements à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement. Une campagne radio sur la protection de l'environnement a commencé, et un nettoyage de la ville est prévu pour le 3 juin. Des représentants locaux du gouvernement doivent remettre aux réfugiés de Kiowa des plants d'arbres et les mettre en terre avec eux le même jour.

La Journée mondiale de l'environnement a une résonance toute particulière pour les réfugiés du monde entier, la majorité d'entre eux étant présents dans les régions marginales de pays pauvres en voie de développement. Ici, l'empreinte, ou l'impact environnemental, de leurs activités laisse souvent une cicatrice profonde et longue à résorber. Ramasser des matériaux d'abris et du bois peut causer une sérieuse déforestation et une érosion du sol. Les ressources naturelles sont menacées par l'arrivée soudaine d'un grand nombre de personnes. Dans des cas extrêmes, cela peut se passer pratiquement en une nuit.

Si les préoccupations environnementales ne constituent pas la priorité dans les besoins humanitaires de ces crises, la corrélation entre le bien-être des populations humaines et le respect de l'environnement est de plus en plus reconnue.

Arnauld Akodjenou a indiqué que l'agence des Nations Unies pour les réfugiés ne pourrait plus se permettre d'ignorer les implications environnementales de son travail. « Les préoccupations environnementales sont mises en évidence dans les opérations de réfugiés pour de nombreuses raisons, la plus importante étant qu'elles peuvent menacer l'institution même de l'asile. C'est une situation que l'UNHCR cherche à éviter à tout prix. »

Il a ajouté que le manque de gestion environnementale efficace pourrait aussi mettre en péril l'intégrité de l'écosystème et le fonctionnement des services écologiques, comme la distribution d'eau potable ; menacer les sources de revenus et le bien-être, par l'utilisation excessive des ressources locales ; compromettre les bonnes relations avec les communautés d'accueil du fait de conflits portant sur les ressources naturelles comme le bois, les matériaux de construction, les terres utilisées pour le pâturage et la culture.

Les activités de l'UNHCR pour l'environnement sont conçues pour éviter et réduire les effets négatifs des camps de réfugiés sur l'environnement ainsi qu'effectuer, si nécessaire, une réhabilitation pour assurer le bien-être des réfugiés et des populations locales.

« Profitons de cette occasion pour renforcer la prise de conscience des réfugiés et souligner l'importance de la protection de l'environnement. Nous respirons tous le même air, nous buvons la même eau et vivons dans le même monde », a indiqué Arnauld Akodjenou.