Les Grecs prêtent l'oreille aux questions de réfugiés grâce à un CD spécial

Un concert pour défendre une noble cause : (de gauche à droite) Emma Shapplin, George Dalaras et le Ministre grec de la culture, Evangelos Venizelos, durant la célébration du 50ème anniversaire de l'UNHCR en 2001.  © HCR Athènes

ATHENES, Grèce, 26 août (UNHCR) - Grâce à la campagne de sensibilisation et de collecte de fonds qui vient de se terminer, la situation de milliers de jeunes réfugiés en Grèce a trouvé un véritable écho. Cette opération, qui a réuni des musiciens de renom, des médias et des acteurs du monde de la finance, a permis de récolter plus de 30 000 euros en faveur des enfants réfugiés.

La campagne a atteint son paroxysme lors du lancement d'un CD, enregistré spécialement pour l'occasion. Ce CD, qui a été distribué en février dans une édition de Tahydromos, le supplément week-end du journal Ta Nea, est l'oeuvre d'un groupe de musiciens qui a travaillé gracieusement. Parmi eux, le chanteur grec George Dalaras et la soprano française Emma Shapplin, qui avaient déjà collaboré lors de deux concerts organisés pour célébrer le 50ème anniversaire de l'UNHCR en 2001. Ils étaient accompagnés par le choeur Fons Musicalis et par l'orchestre Kamerata. L'OPAP, l'organisme grec de pronostics de matchs de football, finançait l'opération.

Ce CD a été largement diffusé grâce à Tahydromos, l'un des journaux grecs les plus lus le week-end. L'éditorial présentait l'opération et était accompagné d'un article de huit pages, basé sur des interviews avec des réfugiés et leurs enfants effectuées au centre de réception Nausica à Athènes.

Grâce à cet article, les lecteurs ont pu saisir la complexité de la vie des réfugiés, les combats qu'ils mènent au cours d'une existence dont l'instabilité peut remonter à l'enfance, ainsi que la menace de ne jamais savoir de quoi sera fait demain. Cet article montrait aussi que les réfugiés sont des êtres humains comme les autres, avec leurs émotions et leurs aptitudes. Leur seul but est d'être accepté en tant que citoyen au sein d'une société dont le moteur principal n'est pas la persécution.

Le CD et l'article qui l'accompagnait ont aussi permis d'attirer l'attention des lecteurs sur un compte ouvert pour l'occasion auprès de la Banque nationale de Grèce pour recevoir des fonds en faveur des enfants réfugiés. Cet objectif a été rempli avec succès. La banque a elle-même effectué un don de 6 000 euros pour soutenir cet effort et a accepté que 2 000 affiches soient placées dans ses agences à travers tout le pays. A la fin de la campagne en juillet, plus de 30 000 euros de don avaient ainsi été réunis.

George Dalaras, dont la famille a elle-même été réfugiée, a apporté une touche personnelle à cette campagne, contribuant ainsi grandement à son succès. Sa mère est arrivée en Grèce en 1922 après avoir fui la Turquie, à l'instar de plus d'un million de Grecs. Pendant ses premières années en Grèce, la famille a vécu dans la pauvreté et habité dans un abri de fortune. Pour survivre, le chanteur devait effectuer des travaux manuels alors qu'il n'était âgé que d'une dizaine d'années ; il ne pouvait aller à l'école que le soir.

Lors d'une conférence de presse cette année, George Dalaras a conjuré le public grec de se montrer généreux, expliquant que les réfugiés « vivent dans la douleur, la pire au monde selon Euripide : celle d'avoir perdu sa patrie. Ainsi, étant nous-mêmes des enfants de réfugiés, nous ne faisons rien de plus aujourd'hui que de nous en souvenir au travers de ces deux chansons. »

Pantelis Kapsis, le directeur du journal Ta Nea, a ajouté, « les réfugiés et les jeunes réfugiés constituent un réservoir de talent et de créativité. Ils peuvent devenir des membres de grande valeur pour une société, s'ils parviennent à survivre. Nous avons tous l'obligation d'aider les réfugiés à survivre. »

Alexander Myrat, le chef de l'orchestre Kamerata, a proposé de mettre son talent au service de cette cause. Il a résumé très justement les objectifs de la campagne : « J'aimerais qu'il y ait d'autres occasions de ce type, où la musique n'est pas seulement un divertissement, mais aussi le vecteur d'un message social et humain. »

Par Ketty Kehayioylou et Ariadne Papagapitou, UNHCR Grèce