Un an après le séisme, le Pakistan oeuvre au retour à un hébergement durable

Le 8 octobre 2005, le nord du Pakistan a été frappé par un séisme qui a tué plus de 73 000 personnes et laissé davantage encore de personnes sans-abri. Un an après, les besoins ont évolué de la phase d'urgence pour sauver des vies à celle de la reconstruction à long terme. L'UNHCR, qui a été l'une des premières agences sur le terrain, constate l'avancement du travail et les défis à venir.

Les survivants du séisme à Balakot, dans la Province frontière du Nord-Ouest, attendent de recevoir l'allocation du Gouvernement pour la reconstruction de leurs maisons.  © HCR/B.Baloch

ISLAMABAD, Pakistan, 9 octobre (UNHCR) - Un an après le séisme dévastateur qui a tué plus de 73 000 personnes et laissé davantage encore de personnes sans-abri au nord du Pakistan, les besoins sur le terrain ont changé. « Lorsque nous avons commencé la phase d'urgence, je voulais voir des tentes partout. Maintenant c'est le début de la phase de redressement, je veux toutes les voir disparaître », a dit le Lieutenant-Général Nadim Ahmed, directeur adjoint de la Earthquake Reconstruction and Rehabilitation Authority (ERRA).

Les tentes sont une bonne indication du travail effectué au Pakistan depuis le séisme, d'une puissance de 7,6 sur l'échelle de Richter survenu le 8 octobre 2005. Quelque 600 000 maisons ayant été endommagées ou détruites, les tentes ont été d'un grand secours pour les sans-abri et ceux qui avaient peur de dormir dans leurs maisons par crainte des répliques. L'UNHCR, l'une des premières agences sur le terrain, a distribué plus de 21 000 tentes.

Comme les tentes ont commencé à surgir un peu partout, le besoin d'organiser et de fournir des services basiques à leurs occupants est apparu. Dans le cadre de l'opération conjointe des Nations Unies, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a supervisé la gestion des camps et a déployé une équipe d'urgence pour aider les autorités pakistanaises à établir des camps de secours.

Les organisations non gouvernementales (ONG) ont fourni des services dans des domaines divers : soins de santé, distribution d'eau, sanitaires et éducation. Les travailleurs sociaux ont notamment sensibilisé la population aux questions d'hygiène. A l'apogée de l'opération, l'UNHCR a soutenu les autorités dans 170 camps hébergeant quelque 200 000 survivants du séisme dans la région du Cachemire pakistanais et dans la Province frontière du Nord-Ouest.

L'hiver dernier a fait craindre la survenue d'une nouvelle vague de décès. L'UNHCR a distribué 115 000 bâches en plastique, 850 000 couvertures, 38 000 matelas et quelque 25 000 réchauds/poêles, la plupart pour équiper les tentes contre le froid. Avec l'arrivée du printemps, les occupants des camps ont commencé à rentrer dans leurs villages. Plus de 140 000 personnes ont quitté les camps entre avril et août. Leurs frais de transport ont pour beaucoup été pris en charge par l'UNHCR.

« L'un des principaux accomplissements des récents mois est que nous avons aidé les gens à reconstruire leur maison », a indiqué Kilian Kleinschmidt, coordinateur d'urgence de l'UNHCR au Pakistan. « Avec les autres agences, nous avons fait pression sur le Gouvernement afin que les critères établis pour reconstruire les maisons soient révisés, et qu'ils incluent non seulement du ciment et de l'acier mais aussi des charpentes traditionnelles en bois. De plus, les ONG sont maintenant à nouveau autorisées à fournir des kits d'abri temporaire aux populations affectées dans les régions éloignées. Les tentes restantes dans les camps seront équipées pour l'hiver pour que personne n'ait à affronter le froid durant l'hiver. »

Par ailleurs, l'émission de radio financée par l'UNHCR, nommée « Hemat Javan Hai » (« la volonté est forte »), s'est avérée très utile. Elle a pour but de répondre aux questions fréquemment posées comme par exemple : auprès de quel service recevoir de l'aide, comment résoudre des problèmes de compensation et obtenir les lignes directrices pour la reconstruction. « Cette émission a vraiment aidé à établir un dialogue entre l'ERRA et les personnes affectées », a indiqué Atif Baloch, responsable de programme à Power 99 FM, qui diffuse cette émission trois fois par semaine.

Les survivants du séisme reçoivent davantage d'informations pour prendre des décisions en toute connaissance de cause sur leur retour et la reconstruction. Le rêve du Lieutenant-Général Nadim Ahmed de voir tout le monde emménager dans des maisons neuves et plus solides prendra cependant du temps avant de se réaliser. Le gouvernement estime que 25 pour cent des foyers affectés ont commencé à reconstruire leurs maisons.

En plus des milliers de personnes qui campent près de leurs maisons qu'ils reconstruisent, quelque 35 000 personnes habitent encore dans 43 camps de secours dans la région du Cachemire pakistanais et dans la Province frontière du Nord-Ouest. Ce sont des personnes vulnérables ou qui ne sont pas propriétaires de terrain et qui ne peuvent pas rentrer chez elles immédiatement. Parmi elles, figurent quelque 10 000 personnes qui ont été transférées depuis des régions affectées par les pluies de la mousson, les inondations et les glissements de terrains. Nombre d'entre elles pourront rentrer dans les prochaines semaines.

Pendant ce temps, le retour de la saison hivernale se profile. Récemment, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a averti que quelque 400 000 survivants du séisme passeraient l'hiver sans abri permanent. Un rapport de l'ONG britannique, Oxfam, a indiqué que 1,8 million de personnes vivaient toujours dans des abris intermédiaires dans la zone du séisme, en attendant la reconstruction de leurs maisons.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a remis la responsabilité de la gestion des camps aux autorités locales le 31 août, mais reste engagée dans la planification et le renforcement des capacités via son partenariat avec le Norwegian Refugee Council (NRC), qui prendra en charge l'ensemble des responsabilités à la fin de l'année.

« Nous travaillons avec l'ERRA, via le comité permanent interorganisations et des agences comme Oxfam, pour adopter un plan commun d'opération pour l'hiver qui implique aussi l'amélioration et le remplacement des tentes », a indiqué Kilian Kleinschmidt, en ajoutant qu'un plan d'urgence a été élaboré par les autorités avec l'aide de l'UNHCR, au cas où davantage de personnes descendraient des montagnes pour échapper au froid.

La gestion quotidienne des camps restant est maintenant sous la responsabilité de l'Organisation de gestion du camp dans la région du Cachemire pakistanais et du Bureau du Coordinateur du district dans la Province frontière du Nord-Ouest, avec le soutien d'une équipe pour les camps composée par des employés de l'UNHCR et du NRC.

Un expert pour la réintégration du NRC va aider le gouvernement à élaborer des solutions pour les personnes habitant encore dans les camps. La propriété foncière est leur problème principal. Nombre d'entre eux ont perdu leurs terres ou étaient des locataires ou des agriculteurs qui n'avaient jamais été propriétaires. Les familles vulnérables auront aussi besoin d'attention spécifique et d'assistance pour une réintégration réussie. Le but est d'établir une stratégie claire pour fermer les camps d'aide l'année prochaine, lorsque la reconstruction aura déjà bien avancé.

Par Vivian Tan à Islamabad, Pakistan