L'élan donné à l'agriculture par les réfugiés angolais dépasse les camps et bénéficie aux Zambiens

Les Angolais établis par l'UNHCR dans le site d'installation de Mayukwayukwa vont bientôt devenir autosuffisants ; ils ont même produit un surplus agricole, qui aidera à nourrir la population locale zambienne.

L'UNHCR encourage les réfugiés angolais du site d'installation de Mayukwayukwa à devenir autosuffisants en développant leurs activités agricoles, ce qui rendra superflues les distributions de rations mensuelles de nourriture comme celle-ci.  © HCR/J.Redden

MAYUKWAYUKWA, Zambie, février (UNHCR) - Les Angolais établis par l'UNHCR dans le site d'installation de Mayukwayukwa vont bientôt devenir autosuffisants ; ils ont même produit un surplus agricole, qui aidera à nourrir la population locale zambienne.

Il y a trois mois, lorsque l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement de Zambie ont décidé de fermer le camp de réfugiés de Nangweshi, 4 971 réfugiés angolais ont choisi d'être transférés dans le site d'installation de Mayukwayukwa, à l'ouest du pays, plutôt que de rentrer en Angola avec d'autres réfugiés.

Ce transfert vers les terres plus fertiles de Mayukwayukwa, où quelque 5 000 réfugiés angolais subvenaient déjà à leurs besoins et vendaient les excédents de leur production agricole, a donné aux nouveaux arrivants la possibilité de devenir autosuffisants grâce à l'agriculture.

« Un des objectifs de l'agence est de développer les capacités économiques et productives des réfugiés : il s'agit de leur donner les moyens d'améliorer leur production agricole et d'augmenter leurs revenus, pour qu'ils soient moins dépendants de l'aide humanitaire », explique Vedasto Mwesiga, le délégué adjoint de l'UNHCR en Zambie.

A son arrivée au site de Mayukwayukwa, chaque famille de réfugiés a reçu des graines, des outils agricoles ainsi qu'une parcelle de terre pour y construire un logement. Utilisant des méthodes de culture simples, les réfugiés ont développé une production agricole intensive. Ils cultivent le maïs, le manioc, les haricots, des légumes et des patates douces. La plus grande partie du maïs sera récoltée le mois prochain.

Les récoltes seront destinées à leur propre alimentation, ainsi qu'à la vente à d'autres réfugiés et à la population zambienne qui les accueille.

« Ici, l'agriculture sera notre principal moyen pour survivre. Quand nous sommes arrivés, chaque famille a reçu une parcelle de terre, des graines et des houes », raconte Antonio Kawanda, qui est arrivé à Mayukwayukwa en novembre avec ses quatre enfants.

Interrogés sur leur stratégie pour devenir autosuffisants, les réfugiés placent l'agriculture en tête de liste, suivie par le commerce à petite échelle. L'agriculture représente environ 90 pour cent de l'activité économique de la communauté des réfugiés.

Les bons résultats agricoles en perspective pour les réfugiés relocalisés, qui constituent maintenant la moitié de la population du site, sont attribués aux pluies abondantes ainsi qu'à la formation et à la fourniture de matériel agricole par l'UNHCR et ses partenaires.

Cependant, Augusto Kapaka, un réfugié angolais âgé de 54 ans qui habite à Mayukwayukwa depuis 15 ans, a appelé l'UNHCR à aider encore à l'amélioration de l'agriculture et de l'autosuffisance dans le camp. « Certaines années, la saison agricole n'est pas favorable, alors les rendements sont faibles. Nous appelons l'UNHCR à maintenir son aide dans de tels cas », a-t-il dit.

Plutôt que d'être un fardeau, les réfugiés de Mayukwayukwa apportent une contribution positive à la Zambie grâce à leur implication dans l'agriculture. Les camps accueillant des réfugiés angolais connaissent des rendements agricoles parmi les plus élevés de Zambie, ce dont bénéficient à la fois les réfugiés et leurs communautés d'accueil.

Il est à souligner que le rapatriement de la plupart des réfugiés angolais depuis le retour de la paix dans leur pays en 2002 a réduit considérablement les superficies cultivées. Les nouveaux arrivants à Mayukwayukwa, un camp comportant des terrains plus fertiles que celui de Nangweshi qui a été fermé, ont aidé à restaurer le niveau de production observé avant le rapatriement.

L'UNHCR a désormais mis un terme à son programme de rapatriement volontaire assisté pour les Angolais de Zambie souhaitant rentrer chez eux. Toutefois les réfugiés peuvent encore rentrer par leurs propres moyens. Ceux qui restent deviennent de plus en plus autosuffisants. Certaines des 5 000 personnes accueillies de longue date à Mayukwayukwa n'ont plus besoin de rations alimentaires. Les nouveaux arrivants deviendront entièrement autosuffisants pour leur alimentation au fur et à mesure que leur production agricole augmentera au cours des deux prochaines années.

En Zambie, l'UNHCR assiste plus de 64 000 réfugiés dans quatre sites : les installations de Meheba et Mayukwayukwa à l'ouest, où l'agriculture leur permet d'atteindre l'autosuffisance ; et les camps de réfugiés de Mwange et Kala au nord, où le manque de terrains cultivables rend nécessaire la distribution de rations alimentaires.

Par ailleurs, l'UNHCR estime que 5 600 réfugiés habitant dans des zones urbaines en Zambie et quelque 50 000 autres - incluant 24 000 Angolais et 15 000 Congolais - vivent hors des camps et sont intégrés au sein de la population zambienne.

Par Kelvin Shimo à Mayukwayukwa, Zambie