L'apprentissage de la fabrication du feutre aide les femmes réfugiées roms dans les Balkans

A Skopje, l'UNHCR aide un petit groupe de femmes roms à apprendre une activité artisanale et ancienne qui les occupe, leur donne confiance en elles et contribue à ce qu'elles deviennent économiquement indépendantes, ainsi que leurs familles.

Trois jeunes femmes réfugiées roms, originaires du Kosovo, apprennent à fabriquer du feutre à partir de la laine.  © HCR/A.Galic

SKOPJE, Ex-République yougoslave de Macédoine, 24 mai (UNHCR) - La plupart des personnes qui sont forcées de quitter leur foyer à cause de la violence ou de la persécution finissent par perdre pratiquement tout, y compris leur emploi et la possibilité de gagner leur vie.

Mais ici, à Skopje, l'UNHCR aide un petit groupe de femmes roms à apprendre une activité artisanale et ancienne qui les occupe, leur donne confiance en elles et contribue à leur indépendance financière, ainsi qu'à celles de leurs familles.

Au début du mois, le bureau de l'UNHCR à Skopje s'est pratiquement transformé en atelier. Cinq jeunes femmes roms et leur professeur, Vesna Avramovska, ont choisi des pelotes de laine colorée et, en utilisant des techniques traditionnelles, en ont fait des bandes de feutre. A partir de ce produit fini, elles ont fabriqué de magnifiques taies d'oreiller, des poupées, des sacs et d'autres créations artisanales, sous la direction et l'expertise de Vesna Avramovska.

« Nous allons les vendre et augmenter ainsi les revenus de nos familles », raconte en souriant Esma Gasnjani, âgée de 20 ans. Comme ses camarades de classe, appartenant à l'ethnie rom, Esma Gasnjani fait partie des plus de 1 900 réfugiés et demandeurs d'asile qui vivent dans l'ex-République yougoslave de Macédoine, depuis leur fuite du Kosovo. La plupart d'entre eux appartiennent aux minorités rom, ashkalija, égyptienne et gorani et ont fui leur foyer au Kosovo en 1999. Il y a également un petit nombre de Bosniaques et de personnes d'ethnie albanaise.

Les cinq jeunes femmes ont participé à un atelier de trois jours pour apprendre la fabrication du feutre, organisé par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et la Macedonian Artisan Trade Association (MATA), dont Vesna Avramovska est directrice adjointe. Le cours fait partie d'un programme à long terme de l'UNHCR visant à former les femmes réfugiées en ex-République yougoslave de Macédoine pour qu'elles puissent acquérir les compétences nécessaires leur permettant de ne plus dépendre totalement de l'aide humanitaire.

« Apprendre cet ancien artisanat traditionnel dans cette région va certainement aider les réfugiés, à la fois pendant leur exil ici et, nous l'espérons aussi, une fois qu'ils seront de retour chez eux », déclare Carlos Maldonado, délégué de l'UNHCR à Skopje.

L'idée de cette formation est apparue en décembre dernier, quand des femmes réfugiées roms, participant à une foire de Noël de la MATA, ont vu des vêtements traditionnels en feutre produits par des artisans locaux. Elles ont découvert que peu de gens connaissent la technique de fabrication du feutre et des objets en feutre, qui sont très demandés et qui se vendent à bon prix. Elles ont alors décelé une opportunité et ont demandé à l'UNHCR de les aider à organiser une formation.

« Nous avons contacté la MATA et ils ont été heureux de répondre à notre demande pour enseigner les techniques de fabrication du feutre aux femmes roms », s'est rappelé Carlos Maldonado.

Le feutre est l'un des tissus les plus anciens de l'humanité. C'est une matière non tissée qui est produite en serrant, en condensant et en pressant des fibres, habituellement de la laine. Elle peut être de toutes les couleurs ; sa texture est rigide ou souple et elle peut être utilisée sous toutes les formes et dans toutes les dimensions.

Les femmes roms ont appris les techniques du « feutre sec » et du « feutre mouillé » pendant leur formation, pour laquelle elles ont pris en charge un coût de 180 dollars pour les frais de tissus. « C'est l'argent que nous avons gagné à la foire de Noël », a indiqué Esma Gasnjani, qui est manifestement persuadée que cet investissement sera bénéfique. Elle a souligné sa chance de pouvoir gagner sa vie après huit ans passés en Ex-République yougoslave de Macédoine.

Esma Gasnjani et ses collègues vont vendre leurs produits sur le marché local et dans les foires menées par différentes organisations non gouvernementales à Skopje. Elle vont aussi utiliser certains de leurs revenus pour la formation d'autres femmes roms. L'UNHCR soutient leurs projets et a promis de les aider.

Par Aneta Galic à Skopje, Ex-République yougoslave de Macédoine