Des réfugiés érythréens quittent l'Ethiopie pour commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a débuté le rapatriement de quelque 700 réfugiés érythréens d'origine kunama vers les Etats-Unis. Un premier vol a été organisé, permettant à 29 personnes de quitter leur résidence dans le nord de l'Ethiopie.

Nagasi Gorado Becho et sa famille sont prêts à quitter l'Ethiopie et à commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis.  © HCR/K.Gebre Egziabher

ADDIS-ABEBA, Ethiopie, 5 juillet (UNHCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a débuté le rapatriement aérien de quelque 700 réfugiés érythréens d'origine kunama vers les Etats-Unis. Un premier groupe de 29 personnes a ainsi pu quitter Addis-Abeba après des années d'exil dans le nord de l'Ethiopie.

Les réfugiés ont quitté le camp de Shimelba un peu plus tôt cette semaine et ont pris l'avion pour rejoindre la capitale éthiopienne mercredi soir, après une session de préparation au départ donnée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui s'occupe de l'organisation logistique de cette opération de rapatriement.

Les 700 réfugiés qui doivent être réinstallés aux Etats-Unis ont été déplacés par la guerre frontalière survenue entre 1998 et 2000 entre leur pays d'origine, l'Erythrée, et l'Ethiopie. L'opération, qui bénéficie du soutien de l'UNHCR, devrait se poursuivre jusqu'en septembre. Les Kunamas se rendront dans plusieurs villes américaines, dont Atlanta, Orlando, Seattle et Las Vegas.

Ces réfugiés font partie d'un important groupe ethnique, essentiellement rural et composé de quelque 100 000 individus, qui résident le long de la frontière disputée séparant l'Erythrée et l'Ethiopie. Ils ont traversé cette dernière pour se rendre en Ethiopie, se plaignant d'être victimes de persécutions et de harcèlement de la part du Gouvernement érythréen.

Nagasi Gorado Becho part pour Atlanta avec sa famille, qui compte cinq personnes au total, dont sa fille de sept ans née dans le camp de Shimelba. « Si j'ai choisi de partir plus loin, ce n'est pas parce que je n'aime pas mon pays, mais parce que je ne peux pas y rentrer pour le moment », explique cet homme de 45 ans, alors qu'il s'apprête à prendre part au premier vol de l'opération.

Sa femme, Tokko Masso Anduku, est impatiente de débuter leur nouvelle existence de l'autre côté de l'Atlantique. « Certains amis qui ont été réinstallés il y a quelques temps apprécient beaucoup la vie aux Etats-Unis et je suis impatiente d'avoir de meilleures opportunités d'emploi et d'éducation sur place. »

Mais elle éprouve aussi une certaine appréhension. « Nous ne sommes que des paysans illettrés. La nécessité de s'adapter à un style de vie moderne, dans une communauté qui parle une langue que nous ne comprenons pas, m'inquiète beaucoup », dit-elle. Elle espère que son beau-fils, qui parle anglais, pourra bientôt les rejoindre et faciliter la vie de la famille.

L'UNHCR a établi que ces 700 Kunamas ne pouvaient pas rentrer dans des conditions de sécurité et de dignité satisfaisantes et que la réinstallation constituait, pour eux, la solution la plus adaptée. Les personnes qui sont parties mercredi et celles qui vont les suivre vont toutes participer à des programmes complets d'orientation destinés à faciliter leur adaptation à une culture nouvelle, qui leur est tout à fait étrangère.

Aujourd'hui, près de 1 300 réfugiés kunamas se trouvent en Ethiopie, mais seule une partie d'entre eux veut être réinstallée aux Etats-Unis.

Plusieurs centaines ont retiré leurs demandes de réinstallation, apparemment en raison de liens de parenté très forts et du désir de rester près des terres de leurs ancêtres. Ils espèrent qu'une solution politique durable sera trouvée un jour, leur permettant ainsi de rentrer chez eux.

Par Kisut Gebre Egziabher à Addis-Abeba, Ethiopie