Le football aide un jeune déplacé serbe à oublier son handicap

Slobodan Simic est né sans bras droit, mais ce Serbe âgé de 17 ans a trouvé un moyen de contourner son handicap physique et de s'adapter à sa vie de personne déplacée. Il a développé un réel don pour le football.

Sloboban Simic fait une démonstration de contrôle du ballon. Ce Serbe déplacé du Kosovo est né avec un seul bras.  © HCR/D.Madzarevic

CENTRE COLLECTIF DE TRNBAS, Serbie, 16 juillet (UNHCR) - Slobodan Simic est né avec un seul bras, mais le Serbe de 17 ans a trouvé un moyen surprenant de contourner son handicap physique et de s'adapter à sa vie de personne déplacée.

Slobodan aime jouer au football et, avec l'aide de l'UNHCR et de son partenaire Nike, son rêve va devenir réalité : il va jouer avec un véritable ballon qui sera le sien. Cela peut sembler peu pour des millions d'enfants privilégiés à travers le monde, mais ils n'ont jamais eu à fuir leur maison et tenter de reconstruire une nouvelle vie dans un lieu inconnu avec peu d'argent.

La famille Simic - Slobodan, sa mère, son père, son frère aîné et sa belle-soeur - habitait dans la ville d'Obilic, au centre du Kosovo. Cependant, en 1999, ils ont fui la Serbie quand des frappes aériennes de l'OTAN ont forcé le gouvernement yougoslave à retirer ses troupes du territoire, officiellement une province de Serbie qui est maintenant administrée par les Nations Unies.

Aujourd'hui, leur foyer - et celui de quelque 220 autres personnes déplacées du Kosovo ainsi que neuf réfugiés de Croatie - est ce centre communautaire situé près de Kragujevac, une ville au centre de la Serbie. Des blocs de logements supplémentaires ont été construits dans l'ancien camp de vacances pour enfants afin de faire face à l'afflux de personnes déplacés depuis 1999 alors que l'UNHCR et plusieurs agences d'assistance aident les habitants de diverses façons.

Ils ont un toit au dessus de leur tête, mais pourtant la vie est toujours difficile pour la famille Simic et leurs voisins, alors qu'une crise économique sévit dans cette région. Sinisa, âgé de 47 ans, le chef de famille et l'unique personne à percevoir un revenu, gagne un peu d'argent grâce à un emploi saisonnier. Mais après avoir payé l'essentiel, il ne lui reste rien pour les loisirs et les sports.

Par ailleurs, la famille est préoccupée depuis longtemps pour que Slobodan ait une prothèse appropriée, car il est né sans bras droit. L'UNHCR et ses partenaires, l'organisation locale Sigma Plus et le Conseil danois pour les Réfugiés, les aident dans cette quête, mais les résultats ne sont pas satisfaisants à ce jour.

Slobodan, pendant ce temps, s'est découvert une passion et un talent pour le football et joue depuis plusieurs années dans un club local. C'était une façon, pour ce bel adolescent, de surmonter son handicap et de côtoyer ses contemporains.

Mais beaucoup de gens n'avaient pas réalisé l'envergure de son talent, avant le jour où l'UNHCR a amené sa campagne ninemillion.org à Trbnas, fin juin, dans le cadre d'un effort pour améliorer le quotidien de jeunes déracinés dans le monde, à travers l'éducation et le sport.

Les visiteurs de l'UNHCR avaient amené cinq ballons Nike vert et jaune associés à la campagne. « Pourrais-je en avoir un ? » a demandé Slobodan aux visiteurs.

Une ombre est passée sur son visage quand on lui a poliment expliqué que les ballons étaient destinés à un usage collectif par tous les enfants de Trbnas, mais il ne s'est pas plaint.

Il n'a pas eu à le faire. Les dirigeants de Trbnas se sont tous mis d'accord pour que Slobodan soit le responsable des ballons, il a alors fait une démonstration éblouissante de son talent en guise de célébration. Personne n'a semblé remarquer qu'il lui manquait un membre.

« Ce ballon est plus que bien, en fait, je n'en ai jamais utilisé de meilleur », a-t-il déclaré, au sujet de cette sphère de caoutchouc colorée, conçue par Nike pour être utilisée sur des terrains difficiles dans les camps de réfugiés. « Le rebond, la forme, l'équilibre et la taille du ballon sont tout simplement parfaits pour moi. J'aurais fait encore mieux si j'avais eu des chaussures de sport adaptées », a-t-il ajouté en riant.

Slobodan et sa famille devront encore faire face à de difficiles défis, mais il a montré qu'avec de l'espoir, de la détermination, de la volonté d'apprendre et l'aide d'organisations telles que l'UNHCR, beaucoup peut être accompli.

La Serbie accueille près de 100 000 réfugiés de Croatie et de Bosnie-Herzégovine ainsi que quelque 200 000 personnes déplacées du Kosovo.

Par Darko Madzarevic et Ivan Jovanovic au Centre collectif de Trnbas, Serbie