Le HCR s'inquiète du programme de rétablissement de confiance pour les Sahraouis

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré mardi qu'elle craignait qu'un manque de fonds pourrait faire suspendre les mesures de rétablissement de confiance grâce auxquelles les réfugiés sahraouis en Algérie restent en contact avec leurs proches dans le Territoire du Sahara occidental.

Des réfugiés sahraouis se trouvant en Algérie embarquent dans un avion au Sahara occidental, pour aller rendre visite à leurs proches.  © HCR/S.Hopper

GENEVE, 4 septembre (UNHCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré mardi qu'elle craignait qu'un manque de fonds pourrait faire suspendre les mesures de rétablissement de confiance grâce auxquelles les réfugiés sahraouis en Algérie restent en contact avec leurs proches dans le Territoire du Sahara occidental.

L'UNHCR avait lancé en janvier un appel de près de 3,5 millions de dollars, pour que puisse continuer le programme de visites familiales et services téléphoniques - mis en place en 2004 - entre les réfugiés hébergés dans les camps de Tindouf, en Algérie, et leurs proches se trouvant au-delà de la frontière.

« Mais vu que jusqu'à présent, seulement un peu plus de la moitié de l'appel a été financé, l'ensemble de l'opération risque d'être interrompue le mois prochain [octobre] », a indiqué le porte-parole de l'UNHCR, Ron Redmond, aux journalistes à Genève, en ajoutant que l'agence était « très inquiète. »

Les réfugiés sahraouis ont commencé à arriver en Algérie en 1976 après le repli de l'Espagne du Sahara occidental et le conflit ayant mis fin à sa domination. La plupart des réfugiés sahraouis vivent depuis 32 ans dans les régions désertiques de Tindouf. Cependant, une partie des Sahraouis sont restés au Sahara occidental et aujourd'hui, des familles demeurent séparées.

L'UNHCR a initié plusieurs mesures afin d'établir la confiance entre les deux groupes et rétablir le contact au sein des familles. L'agence pour les réfugiés offre aux Sahraouis la possibilité de visites de cinq jours aux parents et aux êtres chers, réunissant bon nombre d'entre eux après 32 ans de séparation. Les visites contribuent considérablement à apaiser le traumatisme et les souffrances du peuple sahraoui.

Depuis qu'elles ont commencé en mars 2004, un total de 154 visites ont eu lieu, impliquant 4 255 personnes - principalement des femmes. Un autre groupe de 14 726 personnes se sont inscrites et attendent de prendre part à ce programme, qui est financé par l'UNHCR.

L'agence espère faire des économies en organisant des convois permettant que les personnes se rencontrent entre Tindouf et la ville de Smara dans le Sahara occidental, une proposition qui coûte moins cher et qui permettra à davantage de personnes de se rencontrer. Ce projet a été accueilli favorablement mais le feu vert est maintenant attendu.

Les services de téléphone sont aussi très populaires - depuis 2004 presque 80 000 appels ont été passes dans quatre camps de réfugiés en Algérie depuis les centres téléphoniques. Un cinquième centre sera ouvert en octobre à Dakhla, le camp de réfugiés le plus éloigné.

Il y a quelques semaines, l'UNHCR a également reçu des propositions de la part des autorités marocaines qui permettraient aux réfugiés sahraouis et à leurs parents d'assister aux funérailles et aux mariages. Un petit nombre de Sahraouis des deux côtés de la frontière pourraient aussi être autorisés à entreprendre des pèlerinages à la Mecque, selon la disponibilité des fonds.