Un réfugié parvient à se réinstaller avec succès au Brésil

Un an après sa réinstallation dans le nord du Brésil, le réfugié colombien Luis Eduardo Garzon a présenté son travail artisanal lors d'un salon national à Brasilia. Son succès est un hommage aux politiques gouvernementales de réinstallation et de réintégration, qui ont reçu un soutien considérable de la part de l'UNHCR et des organisations locales d'entraide.

Luis Eduardo Garzon présente ses produits artisanaux au salon national annuel de l'agriculture à Brasilia.  © HCR/V.Graziano

BRASILIA, Brésil, 10 octobre (UNHCR) - Luis Eduardo Garzon ne cachait pas sa joie, la semaine dernière, lorsque ses produits ont été présentés à Brasilia, lors du salon national annuel de l'agriculture. Beaucoup de visiteurs, cependant, ont dû se demander ce qu'il faisait là.

Luis Eduardo Garzon, un réfugié colombien de 43 ans réinstallé au Brésil, fabrique des masques très colorés, des figurines et des porte-clés. Ses productions semblaient quelque peu décalées à côté des produits agricoles. Mais c'est le matériel de base qu'il utilise pour les fabriquer qui lui a permis de prendre part à ce salon sponsorisé par le Gouvernement brésilien - des produits organiques tels que des peaux d'orange, des noix de cajou, des feuilles séchées et des graines.

« Je suis très heureux de pouvoir montrer mon travail à l'ensemble du pays », a-t-il dit, ajoutant que sa participation à ce salon pourrait l'aider à développer son activité car il a pu y nouer des contacts et bénéficier d'une publicité dans tout le pays. Il a même trouvé de nouvelles idées.

La présence de Luis Eduardo Garzon à Brasilia récompense à la fois son talent et sa longue expérience en tant qu'artisan, un savoir-faire que sa femme et lui ont appris et exercé dans leur région natale de Caldas en Colombie, avant de fuir avec leur fille vers l'Equateur voisin en avril 2005, à cause de la persécution des groupes armés illégaux.

C'est aussi la preuve que les politiques du Brésil en matière de réinstallation et d'intégration locale des anciens réfugiés peuvent avoir d'excellents résultats. Cet immense et palpitant pays sud-américain, qui accueille quelque 3 500 réfugiés, a réinstallé près de 250 réfugiés dans le cadre de l'accord signé avec l'UNHCR en 1999. Ces chiffres incluent plus de 100 Palestiniens, qui sont arrivés au Brésil depuis un camp situé dans le désert en Jordanie, le mois dernier.

Luis Eduardo Garzon est devenu candidat à la réinstallation alors qu'il se trouvait en Equateur où il s'est plaint que les persécutions continuaient. L'UNHCR a soumis son cas au Brésil et le processus d'intégration a commencé après qu'il ait été accepté pour la réinstallation et qu'il soit arrivé dans ce pays, il y a maintenant environ un an.

Il a été interviewé par des fonctionnaires brésiliens ainsi que par des employés de l'UNHCR et de leurs partenaires de la société civile. Ils ont décidé que Luis Eduardo Garzon et sa famille - encore agrandie après l'arrivée d'un petit-fils - pourraient être durablement réinstallés dans la ville côtière de Natal, dans l'Etat de Rio Grande do Norto, au nord du Brésil.

Pour amoindrir les difficultés importantes d'une nouvelle vie au Brésil, l'UNHCR et son partenaire local, Centro de Direitos Humanos e Memória Popular (CDHMP), leur ont fourni des informations et des conseils sur leurs droits juridiques. Ils ont été inscrits dans un programme municipal pour financer leur maison et également dans le système public de santé. Leur fille, elle, a été prise en charge pour recevoir une assistance sociale.

« Nous observons des résultats positifs, dans le cadre du processus d'intégration social et d'adaptation », a dit le directeur du CDHMP, Aluízio Matias. « Maintenant, notre premier objectif et notre plus grand défi est l'intégration économique. »

Cela aussi semble être en bonne voie. Luis Eduardo Garzon et sa femme se sont inscrits auprès des autorités municipales de Natal en tant qu'artisans, ce qui signifie qu'ils peuvent y présenter leurs produits artisanaux et les vendre sans payer de taxes.

Maintenant libéré de la violence et de la peur, Luis Eduardo Garzon a également trouvé une nouvelle inspiration pour développer son commerce au Brésil. « J'ai commencé à apprendre à reconnaître les graines, les feuilles et les fruits de la région - pour les utiliser dans mon travail », dit-il. « Ma famille et moi-même mangeons beaucoup d'oranges ici, parce que c'est un fruit qui n'est pas cher ; c'est ainsi que j'ai commencé à créer des objets artisanaux avec les peaux. »

Luis Eduardo Garzon et sa femme gagnent suffisamment pour subvenir aux besoins de leur famille, grâce aux ventes de produits artisanaux et aux cours dispensés dans les institutions locales. L'étape suivante consistait à élargir la clientèle. L'UNHCR et le CDHMP ont facilité cette nouvelle étape, en prenant les dispositions nécessaires pour qu'il puisse participer au salon de Brasilia.

Le succès de la famille Garzon peut être un exemple pour les Palestiniens qui viennent juste de commencer une nouvelle vie dans l'un des rares pays sud-américains menant un programme réinstallation.

Le programme de réinstallation du Brésil a été mis en oeuvre dans le cadre du Plan d'Action de Mexico, signé en 2004 par 20 pays de la région.

Par Valéria Graziano à Brasilia, Brésil