António Guterres termine une première mission fructueuse en Asie centrale

Le chef de l'UNHCR a donné son accord pour renforcer l'assistance aux réfugiés au Kirghizistan et presse le Kazakhstan d'aborder la question du lien entre la migration et l'asile.

Le Haut Commissaire António Guterres et le Président du Comité national des migrations et de l'emploi du Kirghizistan, Ryskulova Aigul, accompagné par d'autres représentants des autorités, inaugurent à Bichkek le premier centre d'accueil pour demandeurs d'asile d'Asie centrale.  © HCR/A.Fedorov

ASTANA, Kazakhstan, 16 novembre (UNHCR) - Le chef de l'UNHCR, António Guterres, a terminé sa première mission en Asie centrale et a donné son accord pour renforcer l'assistance aux réfugiés en République du Kirghizistan. Il a également exhorté le Kazakhstan à jouer un plus grand rôle dans la problématique mondiale de la migration et de l'asile.

La visite de cinq jours du Haut Commissaire pour les réfugiés, qui s'est terminée jeudi, comprenait notamment l'inauguration d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, et la signature. à Astara, d'un accord de coopération entre pays avec le Kazakhstan.

Au début de sa mission, lundi, António Guterres a rencontré à Bichkek le Président Kurmanbek Bakiev, ainsi que le Procureur général du Kirghizistan, le Ministre des affaires étrangères et le Président du Comité national des migrations et de l'emploi, qui traite des questions liées à l'asile et aux réfugiés.

Le Haut Commissaire les a remerciés de respecter les droits des réfugiés dans un contexte politique difficile et d'avoir naturalisé des milliers de réfugiés tadjiks. António Guterres a aussi souligné son engagement pour réduire l'apatridie dans le pays, qui toucherait environ 10 000 personnes.

Lorsqu'on lui a demandé s'il avait discuté avec les autorités kirghizes de l'expulsion de réfugiés ouzbeks, le chef de l'UNHCR a déclaré que quelques cas individuels ne devaient pas occulter le fait que des centaines de réfugiés ouzbeks avaient été accueillis au Kirghizistan.

« J'ai eu des discussions franches à ce sujet avec le Président et le ministre des affaires étrangères par intérim », a-t-il indiqué. « J'ai clairement affirmé qu'il ne fallait pas expulser des réfugiés s'ils encouraient des risques de persécution, comme c'était le cas des personnes ayant fui l'Ouzbékistan après les événements d'Andijan en mai 2005. »

« Toutefois, les autorités du pays avaient alors fait la preuve de leur adhérence aux obligations de protection des droits et du courage des réfugiés dans cette situation. Nos désaccords du passé vont ouvrir la voie pour une coopération future. »

Lors de sa visite à Bichkek, António Guterres a ouvert le premier centre de réception pour demandeurs d'asile de la région. Sur place, les demandeurs d'asile et les réfugiés pourront bénéficier d'un hébergement temporaire, de structures médicales et recevoir des informations ou passer des entretiens. Après avoir rencontré quelques réfugiés qui ont parlé de leurs problèmes, il leur a dit : « nous sommes à votre service ; nous travaillons pour vous. » Il a ensuite décidé d'allouer davantage de fonds pour les activités d'assistance et d'intégration.

Le Kirghizistan, qui a signé en 1996 la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son Protocole de 1967, accueille plusieurs centaines de réfugiés et de demandeurs d'asile originaires d'Afghanistan, de Fédération de Russie, du Tadjikistan et d'Ouzbékistan. Quelque 9 000 réfugiés tadjiks ont reçu la nationalité kirghize.

Mercredi, à Astana, le Haut Commissaire a rencontré le Président kazakhe Nursultan Nazarbayev et d'autres hauts représentants du gouvernement, comme le Médiateur et le Président de la Commission des droits de l'homme.

Le Kazakhstan a ratifié en 1999 la Convention de 1951 et son protocole, et prépare un projet de législation nationale sur les réfugiés en coopération avec l'UNHCR. António Guterres a reçu des assurances selon lesquelles la législation serait un modèle pour les pays de la région car elle cherche à établir un équilibre entre les problèmes internes du Kazakhstan et ses obligations internationales dans le domaine des réfugiés et des droits de l'homme.

Il a noté que la stabilité politique et le développement économique du Kazakhstan ont attiré différents groupes de gens, dont certains pourraient avoir besoin de protection internationale. Dans ce contexte, il a appelé le Kazakhstan à s'impliquer davantage pour aider à définir les stratégies de l'UNHCR sur le lien entre asile et migration, et à contribuer au débat international sur ce problème.

Plus tôt, le Haut Commissaire et le Ministre kazakhe des affaires étrangères Marat Tazhin ont signé un accord de coopération nationale avec l'UNHCR. « Ce document va devenir une base juridique pour la coopération entre notre pays et le bureau de l'UNHCR », a indiqué Marat Tazhin aux journalistes.

« Il va réguler les activités de l'UNHCR au Kazakhstan, établir les droits et les engagements de son personnel, et spécifier clairement l'engagement des deux parties pour la mise en oeuvre de cet accord », a-t-il ajouté.

Au Kazakhstan, on compte environ 3 700 Tchétchènes originaires de Fédération de Russie, plusieurs centaines de personnes venant de l'Afghanistan, de l'Ouzbékistan et de la Chine qui relèvent de la compétence de l'UNHCR.

Par Madina Zhanuzakova à Astana, Kazakhstan, Ayana Djanybekova à Bichkek, Kirghizistan et Vivian Tan à Islamabad, Pakistan