Plus de 200 boat people portés disparus lors de récents drames

Plus de 200 boat people sont morts ou portés disparus au large de la Turquie, des îles Canaries et du Yémen. Ces incidents soulignent le danger auquel font face les migrants et les réfugiés en tentant une traversée en haute mer.

Un employé de l'UNHCR, chargé de protection, s'entretient avec des boat people arrivés, au cours de cette année, sur une plage à Lampedusa, en Italie.  © HCR/A.Di Loreto

GENEVE, 14 décembre (UNHCR) - Des incidents dramatiques, impliquant des migrants et des réfugiés mourant en mer durant une tentative de traversée périlleuse dans diverses régions du monde, sont à nouveau survenus la semaine dernière. Plus de 200 personnes sont mortes ou portées disparues au large de la Turquie, des îles Canaries ou du Yémen.

Samedi dernier, 51 personnes se sont noyées lorsqu'un bateau, transportant des migrants en situation irrégulière de la Turquie vers la Grèce, a coulé dans une mer démontée au large des côtes turques près de la ville de Seferihisar, à 50 kilomètres au sud-ouest d'Izmir. Quelque 35 autres personnes sont toujours portées disparues et présumées noyées.

Le week-end dernier, les médias espagnols ont rapporté que plus de 90 migrants étaient portés disparus en mer, lors de deux incidents séparés, impliquant de grandes barques essayant d'atteindre les Iles Canaries depuis le Sénégal et le Sahara occidental.

Au Yémen, où 27 000 personnes, principalement des Somaliens et des Ethiopiens, sont arrivées cette année, le personnel de l'UNHCR a rapporté que 31 personnes se sont noyées ou ont été portées disparues entre le 5 décembre et mercredi dernier. Pour l'ensemble de ces incidents, on compte 207 personnes noyées ou portées disparues en une semaine.

Des dizaines de milliers de boat people risquent chaque année leur vie en mer Méditerranée, dans le golfe d'Aden, dans les Caraïbes et au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. Beaucoup sont des migrants cherchant une vie meilleure, mais certains sont aussi des réfugiés fuyant la persécution et les violences.

Plus de 200 participants appartenant à des organisations gouvernementales et non gouvernementales, avec des experts, ont participé à un dialogue, d'une durée de deux jours, organisé par l'UNHCR à Genève sur ce problème. Ils ont exprimé leur soutien pour une approche cohérente, globale et intégrée afin d'assurer la protection des réfugiés parmi les migrants qui se déplacent maintenant dans toutes les régions du monde.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, lors de l'ouverture de la réunion, a dit : « Nous voulons préconiser des mesures qui sauveront la vie des gens en détresse en haute mer et assureront leur débarquement sûr et rapide. »

Lors de la session portant sur le thème du sauvetage en mer, l'UNHCR a pressé les participants de faire leur possible pour éviter des tragédies comme celles survenues récemment dans la Méditerranée, l'Atlantique et le golfe d'Aden.

L'UNHCR et ses partenaires, incluant l'Organisation maritime internationale, recommandent des mesures qui sauveront ceux qui sont en détresse en haute mer et assureront leur débarquement sûr et rapide.

L'essentiel de ce Dialogue, le premier d'une série de consultations annuelles, se tenant dans un esprit franc et ouvert, sur les questions principales concernant les réfugiés, a consisté à mettre l'accent sur la façon d'assurer la meilleure protection possible dont les réfugiés ont besoin lorsqu'ils sont contraints de fuir les violences et la persécution, alors que les gouvernements essaient de traiter le problème des mouvements migratoires accrus à leurs frontières. Les participants ont dit avoir apprécié l'initiative de l'UNHCR sur ce problème et ont salué le fait d'avoir l'opportunité d'évoquer et de débattre de leurs préoccupations.

Par William Spindler à Genève