Une famille iraquienne commence une nouvelle vie en Australie

Après sept ans en Indonésie, une famille de réfugiés iraquiens a finalement l'opportunité de commencer une nouvelle vie en Australie.

Hassan Sami Al-Badri et sa famille en Indonésie.  © HCR Phototèque

DJAKARTA, Indonésie, 2 juin (UNHCR) - Derrière une montagne de bagages, dans l'agitation de l'aéroport international Soekarno de Djakarta, un couple d'Iraquiens et leurs 3 filles font leurs adieux à leurs amis. Après sept ans passés en Indonésie, ils ont finalement l'opportunité de commencer une nouvelle vie sur la côte est de l'Australie.

« Jusqu'à présent, je ne pouvais pas faire de projets pour l'avenir », a dit Hassan Sami Al-Badri, le père de famille. « Maintenant, je pars en Australie, j'ai le sentiment de renaître ». Hassan Sami Al-Badri a fui sa terre natale, l'Iraq, pour rejoindre l'Iran en 1972 - il avait alors deux ans - à cause des persécutions que subissaient ses parents sous le régime de Saddam Hussein. Il n'a jamais connu ce que c'est que d'avoir un lieu de résidence permanent.

Lui et sa femme, également une exilée iraquienne, n'ont jamais eu l'autorisation de travailler en Iran. Quant à leurs trois filles, elles n'ont jamais pu fréquenter l'école à cause des lois gouvernementales. A cause de ces conditions de vie difficiles en Iran, la famille a fui vers la Malaisie en 2001. A partir de ce pays, ils ont rejoint l'Indonésie en bateau.

Mais là encore, ils ont dû faire face à des épreuves et à l'incertitude en Indonésie. Il y a deux ans, Hassan Sami Al-Badri a informé des employés de l'UNHCR de son désir de vivre avec sa famille dans un endroit qu'ils pourraient réellement appeler leur maison. Bien que le Gouvernement indonésien délivre des permis de séjour temporaires aux réfugiés, ils n'ont pas de statut légal ou le droit de travailler et il leur est difficile de construire une vie normale.

« L'Indonésie a été très généreuse en permettant aux réfugiés de rester temporairement, mais nous devons trouver une solution durable », dit Robert Ashe, le délégué régional de l'UNHCR à Djakarta. « La solution nous a été offerte par l'Australie, un soutien très fort du travail de l'UNHCR, aussi bien en terme de contributions financières qu'en terme d'opportunités de réinstallation pour les réfugiés originaires de nombreuses régions dans le monde. »

Si Hassan Sami Al-Badri et sa famille ne regretteront aucune des restrictions imposées aux réfugiés en Indonésie, ils vont perdre leurs amis proches qu'ils avaient connus au cours des sept années de vie dans la communauté locale. Cela signifie aussi beaucoup de tristesse au moment du départ.

« Mon coeur est très triste et j'ai pleuré en disant au revoir à mes voisins et amis », explique Hassan Sami Al-Badri. Sa fille de 10 ans, Esra, a sorti un mouchoir humide de son sac à dos et a dit « j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps en disant au revoir à mes amis ». Mais elle a déjà pensé à sa vie future en Australie. « Je veux aller à l'école et je veux devenir médecin pour pouvoir aider les personnes lorsqu'elles sont malades », a-t-elle dit.

Esra et ses soeurs ont commencé à fréquenter l'école en Indonésie, mais Hassan Sami Al-Badri explique que les deux plus âgées ont dû arrêter à cause des difficultés avec la langue. « Je leur ai fait l'école à la maison durant ces deux dernières années. Et elles ont suivi des cours d'anglais et d'informatique au centre pour les réfugiés », a-t-il expliqué.

Ils sont tous déterminés à tirer le meilleur parti de cette opportunité et sont confiants dans le fait qu'ils puissent apporter une contribution positive à l'Australie. Hana, la femme d'Hassan Sami Al-Badri, a montré le contenu de sa valise et a expliqué : « Elle est pleine de perles. Je vais en faire des sacs et des bijoux de perles en Australie et j'espère que je pourrai les vendre. »

Hassan Sami Al-Badri, quant à lui, transporte le matériel qu'il a utilisé pour enseigner l'informatique dans les classes du centre pour les réfugiés. Il espère qu'il puisse trouver un emploi d'enseignant en Australie. Ses filles sont impatientes de reprendre leurs études et d'apprendre l'anglais.

« Cela a toujours été notre espoir de pouvoir recommencer une nouvelle vie en Australie », a dit Hassan Sami Al-Badri. « Finalement, notre patience a été récompensée », a ajouté sa femme.

Par Jacqueline Parry et Anita Restu à Djakarta, Indonésie