Des réfugiés palestiniens réinstallés en Islande, depuis la frontière iraquienne

Après avoir été bloqués depuis deux ans dans un camp de fortune à la frontière entre l'Iraq et la Syrie, 29 réfugiés palestiniens vulnérables vont maintenant pouvoir partir en Islande.

Wedad et ses trois enfants, à l'intérieur de leur tente au camp d'Al Waleed en mai, bénéficieront d'une réinstallation en Islande.  © HCR/M.Sidky

AL WALEED, Iraq, 4 août (UNHCR) - Plus de 25 réfugiés palestiniens vulnérables bloqués depuis deux ans dans un camp de fortune dans le désert à la frontière entre l'Iraq et la Syrie sont prêts à quitter le camp pour l'Islande dans les prochaines semaines.

« Le groupe comprend quelques uns des enfants et des femmes parmi les plus vulnérables dont certains cas sont urgents et pour qui la réinstallation est la seule option », a dit Daniel Endres, le délégué de l'UNHCR en Iraq.

L'Islande accueille entre 25 et 30 réfugiés chaque année pour la réinstallation et ce pays s'est récemment concentré sur la réinstallation de femmes seules et de mères célibataires avec leurs enfants.

Wedad, une veuve âgée de 30 ans, fait partie du groupe de 29 réfugiés qui vont bientôt partir pour l'Islande. Elle est arrivée au camp d'Al Waleed il y a quelques mois, après que son mari ait été tué alors qu'il essayait de sauver les victimes d'un attentat suicide dans le district de Karada en mars.

Une seconde bombe a explosé, alors qu'il aidait les survivants de la première explosion, le tuant et blessant son fils âgé de 4 ans. Wedad et ses trois enfants ont quitté Bagdad dans l'espoir de rejoindre un pays voisin, mais ils sont restés bloqués dans ce camp à la frontière.

« La vie dans le camp est dure et très difficile pour mes enfants », a dit Wedad. « En particulier pour mon fils qui souffre de graves problèmes psychologiques après avoir vu son père se faire tuer sous ses yeux. »

Environ 2 700 Palestiniens vivent dans des conditions désespérées dans deux camps de réfugiés le long de la frontière entre l'Iraq et la Syrie, ils sont dans l'impossibilité de franchir la frontière pour entrer dans un pays déjà mis à rude épreuve pour faire face à l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés iraquiens et palestiniens.

Sur environ 34 000 Palestiniens qui vivaient en Iraq en 2003, quelque 10 000 à 15 000 d'entre eux resteraient encore dans le pays. Le camp d'Al Waleed héberge actuellement plus de 1 700 réfugiés, alors que le camp d'Al Tanf, situé dans le no man's land entre l'Iraq et la Syrie, a doublé de taille depuis octobre 2007, avec plus de 847 réfugiés qui y vivent. Un groupe de 155 Palestiniens du camp d'Al Tanf vont bientôt partir pour la Suède.

Les températures en été atteignent 50 degrés, alors qu'elles tombent en-dessous de zéro en hiver. Hamid, un Palestinien de 32 ans, vit au camp d'Al Waleed depuis plus de deux ans. Début 2007, il s'est cassé les côtes lors d'une grosse tempête quand un vent violent l'a propulsé contre une porte. N'étant pas en mesure d'obtenir des soins médicaux appropriés, il a eu recours à des analgésiques et à des sédatifs qui, loin de résoudre ses problèmes, ont engendré des attaques épileptiques et des comas.

« Quand je suis arrivé au camp en mars 2006, je pensais avoir trouvé la sécurité dans ce refuge temporaire, mais c'était il y a bien longtemps et je suis effrayé de ce que l'avenir nous réserve », a dit Hamid.

En l'absence de soins appropriés, la santé de nombreux réfugiés est devenue de plus en plus préoccupante. Les infirmiers palestiniens d'Al Waleed - qui voient leurs patients tous les jours - ont identifié des maladies comme le diabète, des malformations de naissance, des problèmes rénaux, des cancers et des traumatismes graves.

Le centre médical le plus proche en Iraq est situé à plus de 400 kilomètres et les patients doivent y être transportés en taxi. Des pays voisins, comme la Syrie, ont restreint les conditions d'entrée, plus particulièrement pour les Palestiniens, et il est très difficile de faire admettre des patients qui ont besoin de soins médicaux urgents.

L'UNHCR n'a cessé d'appeler à un soutien international pour les Palestiniens mais sans grands résultats. Peu de Palestiniens des camps frontaliers ont été acceptés pour une réinstallation ou se sont vus offrir l'accueil dans un pays tiers ; seulement 300 Palestiniens environ sont partis pour des pays comme le Brésil ou le Chili, qui ne sont traditionnellement pas des pays de réinstallation.

Certains cas médicaux urgents ont été accueillis par quelques pays européens, mais c'est une infime partie des 2 700 Palestiniens qui restent bloqués dans le désert. L'UNHCR poursuit ses efforts de sensibilisation pour des solutions alternatives humaines dans l'espoir que tous les Palestiniens pourront quitter les dures conditions de vie des camps. Leur relocalisation ne menacerait en rien leur droit au retour à quelque moment que ce soit, au cas où une telle possibilité verrait le jour.

« Nous espérons que davantage de pays offriront un refuge aux Palestiniens les plus vulnérables qui ont besoin d'assistance immédiate. L'UNHCR explore toutes les options possibles pour trouver des solutions temporaires et à long terme pour les réfugiés palestiniens », a ajouté Daniel Endres.