Financer l'éducation des enfants réfugiés, c'est construire la paix

En respectant sa promesse de revenir au camp de réfugiés de Dadaab au Kenya, l'ambassadeur de bonne volonté Jesús Vázquez souligne l'importance de l'éducation.

L'ambassadeur de bonne volonté Jesús Vázquez discute avec une femme réfugiée et ses enfants au camp de réfugiés de Dadaab.  © et avec l'aimable autorisation de Beatriz Knaster

CAMP DE REFUGIES DE DADAAB, Kenya, 6 août (UNHCR) - Jesús Vázquez était impatient de retourner à Dadaab. Le célèbre présentateur télévisé espagnol avait promis aux réfugiés et aux travailleurs humanitaires qu'il reviendrait, après sa première visite en mars 2007. La semaine dernière, il effectuait sa première mission sur le terrain après sa nomination en tant qu'ambassadeur de bonne volonté de l'UNHCR, mi-juillet.

Au camp d'Ifo, l'un des trois camps du complexe de Dadaab, des réfugiés de tous âges ont accueilli Jesús Vázquez par des chansons et des danses lorsque la célébrité espagnole a atterri dans la zone semi-désertique située près de la frontière entre le Kenya et la Somalie, au nord-est du Kenya. C'est là que l'UNHCR et ses partenaires viennent en aide à plus de 200 000 réfugiés qui sont arrivés depuis 1991, fuyant principalement la guerre civile qui ravage la Somalie.

« Lorsque nous avons été informés de vos campagnes télévisées et de votre soutien depuis l'Europe, nous savions que vous n'étiez pas (seulement) l'un de ces nombreux blancs qui viennent ici avec leurs caméras pour nous voir », a dit Bachir, l'un des anciens du camp en accueillant Jesús Vázquez.

Jesús Vázquez avait effectivement apporté des caméras avec lui. Accompagné par une équipe technique de la chaîne Tele5, Jesús Vázquez s'est rendu compte par lui-même des projets financés par l'UNHCR à Nairobi, notamment une installation hébergeant des Kényans déplacés internes à Naivasha dans la vallée du Rift, avant d'arriver dans les trois camps de Dadaab situés à quelque 500 kilomètres au nord-est de Nairobi.

L'ambassadeur de bonne volonté était très enthousiaste à l'idée de rassembler des informations et des images sur les activités éducatives utilisées pour la sensibilisation et la collecte de fonds, ainsi que de surveiller l'avancement d'un projet concernant la mise en place d'une station de radio dans le camp, pour lequel il a collecté presqu'un demi-million de dollars l'année dernière.

Des radios solaires ont déjà été distribuées, des réfugiés ont été formés et un endroit destiné à l'installation de la station de radio a été trouvé au sein des camps, mais des procédures complexes impliquant de nombreux organismes gouvernementaux ont fait que le projet n'a pas été opérationnel aussi rapidement que l'UNHCR l'aurait voulu.

Pour tenter d'accélérer le processus, Jesús Vázquez a rencontré, durant son séjour dans la capitale, des hauts responsables de la Présidence et du Ministère de l'information et de la communication, qui ont exprimé leur volonté de soutenir la mise en place du projet de radio à Dadaab.

« La station de radio nous permettra d'aller directement dans les maisons de milliers de réfugiés et de faire passer des messages importants sur la santé, la logistique et l'éducation qui sont traditionnellement transmis via les anciens du camp qui disposent d'enceintes disposées dans chaque quartier du camp », a déclaré Liz Ahua, déléguée de l'UNHCR au Kenya.

Lors de ses conversations avec des réfugiés à Dadaab, Jesús Vázquez a été visiblement très ému de leur passion pour l'éducation. « Je crois que l'éducation est le plus précieux cadeau qui puisse être offert à un jeune », a-t-il dit aux réfugiés. « Je sais que beaucoup d'entre vous marchent huit kilomètres par jour pour aller et revenir de l'école et que vous partagez un livre à quatre ou six d'entre vous. Je m'engage à soutenir l'UNHCR par des fonds pour l'éducation comme une fenêtre ouvrant sur l'espoir, quelque chose que vous pouvez emporter avec vous où que vous alliez. »

Particulièrement touché par les problèmes liés au genre, Jesús Vázquez a demandé aux représentants des réfugiés, aux enseignants et aux élèves de s'engager encore davantage pour augmenter le nombre de filles fréquentant l'école. Dans la culture somalienne, de nombreuses élèves abandonnent l'école à l'âge de 13 ans pour se marier, participer aux tâches domestiques ou simplement parce qu'elles ne se sentent pas en sécurité en quittant leur domicile si elles n'ont pas été excisées. En effet, les mères et les familles qui ont décidé de ne pas procéder à la mutilation génitale de leurs filles sont souvent victimes de menaces et elles subissent la marginalisation par la communauté.

Jesús Vázquez et son équipe n'ont pas seulement enregistré des informations sur le Kenya pour la télévision espagnole, l'ambassadeur de bonne volonté espagnol a également trouvé la mission personnellement enrichissante.

« Un bout de mon coeur reste avec vous », a-t-il déclaré aux réfugiés, « mais je rentre avec mes batteries rechargées, et avec la conviction qu'investir dans l'éducation prépare la génération à venir à contribuer à la construction de la paix. »

Par María Jesús Vega à Nairobi et à Dadaab