La République tchèque va réinstaller des réfugiés du Myanmar

Grâce à un programme pilote pour accueillir des réfugiés du Myanmar en Europe centrale, la République tchèque va devenir le premier pays de réinstallation, parmi l'ancien bloc soviétique.

Des enfants réfugiés du Myanmar attendent au bureau de l'UNHCR à Kuala Lumpur pour un entretien avec des membres de la délégation tchèque.  © HCR/Y.Ismail

KUALA LUMPUR, Malaisie, 24 juillet (UNHCR) - A la fin d'une mission de sélection en Malaisie cette semaine, la République tchèque sera la première nation, parmi l'ancien bloc soviétique, qui va procéder à la réinstallation de réfugiés.

Henrik Nordentoft, délégué par intérim de l'UNHCR en Malaisie, a déclaré que bien que les Tchèques aient déjà historiquement accueilli des réfugiés, c'est pourtant la première fois qu'un programme de réinstallation formel soit mis en place. Dans le cadre de ce programme, le Gouvernement tchèque sélectionne des réfugiés qui pourront commencer une nouvelle vie dans le pays. Ce petit pays d'Europe centrale va, dans un premier temps, accueillir une quarantaine de réfugiés originaires du Myanmar depuis la Malaisie.

« La République tchèque rejoint un petit groupe de pays qui offrent déjà la réinstallation aux réfugiés et l'UNHCR est reconnaissant à la République tchèque d'avoir répondu à notre appel lancé aux pays pour qu'ils offrent cette assistance vitale pour les réfugiés », a ajouté Henrik Nordentoft. « Pour de nombreux réfugiés, être accueilli dans un autre pays signifie un nouveau départ. Les réfugiés reçoivent à la fois une protection et une solution durable à leurs souffrances. »

Une délégation tchèque achève actuellement une mission à Kuala Lumpur où ses membres ont rencontré quelque 40 réfugiés pour une sélection et pour une première familiarisation à la culture de leur nouveau pays de résidence. Le programme pilote tchèque vise à aider des réfugiés vulnérables dont, en priorité, des personnes ayant survécu à des traumatismes, des réfugiés souffrant de graves problèmes médicaux ou encore d'autres ayant besoin de protection.

« Le programme pilote de réinstallation fait partie intégrante de la politique étrangère de la République tchèque, fournissant une assistance humanitaire là où c'est utile », dit Katerina Stehlikova, à la tête de la délégation du Ministère de l'intérieur tchèque.

« Nous souhaitons commencer d'abord à petite échelle cette initiative pilote et, après une évaluation de sa mise en oeuvre, nous pourrons envisager de la développer pour inclure un plus grand nombre de réfugiés et ceux qui sont accueillis par d'autres pays dans cette région », a-t-elle dit.

Devenir un pays de réinstallation est également une étape importante pour la République tchèque, un pays qui sort de décennies d'isolement sous la domination soviétique lorsqu'il faisait encore partie de la Tchécoslovaquie il y a moins de 20 ans. Après sa naissance en tant que nouveau pays en 1993, la République tchèque a rejoint l'Union européenne en 2004.

La République tchèque rejoint les rangs de quelque 19 pays à travers le monde qui ouvrent chaque année leurs portes aux réfugiés via des programmes formels de réinstallation. Ce pays est, par ailleurs, le huitième pays de l'Union européenne à avoir mis en place un tel programme. Quelque 70 000 réfugiés sont acceptés, chaque année, pour une réinstallation dans des pays tiers à travers le monde entier.

Bien que ce soit la première fois qu'un groupe de réfugiés du Myanmar sera réinstallé en République tchèque, Katerina Stehlikova est plutôt optimiste quant à leur intégration. Elle précise que beaucoup d'Asiatiques - du Viet Nam, de Mongolie, de Chine et même du Myanmar - vivent déjà dans le pays et ont été acceptés par la population locale. Le Gouvernement tchèque a aussi des programmes d'assistance sanitaire et sociale pour aider les nouveaux résidents à s'installer, avec l'aide de ressortissants du Myanmar déjà réinstallés dans le pays.

On compte actuellement en Malaisie quelque 40 900 réfugiés et demandeurs d'asile enregistrés par l'UNHCR. La majorité de ces personnes sont des ressortissants du Myanmar. Elles ont fui la persécution et les abus généralisés des droits humains dans leur pays.

Par Yante Ismail à Kuala Lumpur, Malaisie