Chaque Colombien peut agir contre le déplacement interne

Une nouvelle campagne interactive sur Internet, sur le thème du déplacement en Colombie, a pour objectif de faire comprendre aux participants ce que cela signifie d'être forcé de quitter sa maison. Elle a, par ailleurs, pour vocation de sensibiliser le public et le secteur privé, afin qu'ils s'impliquent davantage dans la réponse à ce problème.

Des familles de déplacés internes comme celle-ci, dans le bidonville « Altos de la Florida » à Bogota, vivent souvent dans des conditions désespérées.  © HCR/B.Heger

BOGOTA, Colombie, 28 juillet (UNHCR) - L'UNHCR et 10 autres partenaires ont lancé vendredi une campagne nationale pour aider les victimes de déplacement forcé en Colombie.

La campagne Internet « Corre por la Vida » a été rendue publique vendredi à Bogota et à Medellín, la deuxième plus grande ville du pays, avec une course symbolique des organisateurs de la campagne. Elle rassemble 11 partenaires travaillant dans le domaine du déplacement forcé, notamment l'Agence présidentielle Acción Social et l'Association Nationale des personnes déplacées, ainsi que quelques-uns des médias les plus influents du pays et l'UNHCR.

La campagne Internet « Corre por la Vida » (Courir pour la Vie) compare les déplacements forcés à une course d'endurance, qui commence quand les gens n'ont plus d'autre choix que de fuir le conflit, la violence et les persécutions.

La course est semée de nombreux obstacles, depuis la recherche d'une nouvelle maison et d'une source de revenus corrects pour retrouver à long terme la stabilité et la sécurité. La crise de déplacement interne en Colombie est l'une des plus importantes et des plus anciennes au monde.

En mettant en avant le fait que le déplacement est toujours forcé et que personne ne choisit de prendre le départ de cette course, « Corre por la Vida » cherche à convaincre le public et le secteur privé colombiens pour qu'ils se joignent à l'effort et apportent leur aide. Le message est que chaque Colombien peut agir pour une issue positive.

En visitant la page Internet www.correporlavida.org, on obtient des informations pratiques pour savoir comment aider, on prend connaissance d'exemples réussis d'initiatives locales et on peut lire des témoignages de personnes déplacées. Le site comprend aussi une rubrique destinée aux entreprises privées, encourageant les chefs d'entreprise à avoir un rôle actif pour répondre à cette crise.

Tout en donnant des informations sur les déplacés, la campagne Corre por la Vida a aussi été créée pour encourager les visiteurs à la faire évoluer en envoyant leurs propres idées ou des suggestions d'amélioration.

La campagne est fondée sur le succès de la campagne « 2007, l'Année des droits des personnes déplacées en Colombie » qui s'est conclue par l'adoption d'une nouvelle loi en faveur des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Elle répond à des faiblesses identifiées comme, par exemple, le fossé entre la législation et sa mise en place effective, ainsi que la faible participation du secteur privé à la réponse nationale.

La Colombie est riche de l'une des législations les plus sophistiquées du monde en ce qui concerne le déplacement interne et le Gouvernement a considérablement augmenté son budget pour venir en aide aux personnes déplacées et prévenir les déplacements forcés. Cependant, les défis sont toujours d'actualité. Quelque 250 000 nouveaux cas de déplacements forcés ont été enregistrés l'année dernière et plus de la moitié de toutes les personnes déplacées vivent sous le seuil de pauvreté. Le secteur privé a un rôle crucial à jouer en fournissant une stabilité socio-économique à cette part de la population.

La campagne Corre por la Vida a été développée grâce au soutien de la Commission européenne pour les opérations de l'UNHCR en Colombie.

Par Marie-Hélène Verney à Bogota, Colombie