En Géorgie, le Haut Commissaire appelle les donateurs à participer à l'effort humanitaire

Le Haut Commissaire António Guterres rencontre des personnes déracinées par les récents combats dans et autour de l'Ossétie du Sud et discute de la situation avec des officiels géorgiens.

Le Haut Commissaire António Guterres rencontre des personnes déplacées dans un centre collectif à Tbilissi.  © HCR/Y.Mechatov

TBILISSI, Géorgie, 19 août (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a lancé, mardi, un appel d'urgence à la communauté internationale pour aider à l'effort humanitaire en Géorgie peu après son arrivée à Tbilissi où il rencontrera des personnes déplacées par les récents combats et discutera de la situation avec des représentants du Gouvernement géorgien.

António Guterres est arrivé à Tbilissi, la capitale géorgienne, mardi matin pour évaluer les opérations humanitaires du HCR. Il s'est entretenu avec des officiels géorgiens de haut rang, comme le Ministre adjoint des affaires étrangères Grigol Vashadze et le Ministre pour la réintégration, Temuri Yakubashvili. Il s'est aussi rendu avec le Ministre des réfugiés Tamar Martiashvili et Koba Subeliani, le coordonnateur d'un groupe parlementaire sur les personnes déplacées internes dans deux centres collectifs, situés à Tbilissi et accueillant des personnes nouvellement déplacées.

Durant sa rencontre avec Temuri Yakubashvili, António Guterres a appelé la communauté internationale à mobiliser des ressources pour l'effort d'assistance humanitaire en Géorgie. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a besoin d'urgence de fonds supplémentaires pour assurer une assistance continue à la population nouvellement déplacée dans la région du Caucase. Dans le cadre de l'appel éclair des Nations Unies pour la Crise en Géorgie s'élevant à 58,5 millions de dollars et lancé lundi à New York, la part du HCR s'élève à 16 millions de dollars pour les six prochains mois.

Après avoir visité deux centres collectifs, l'un hébergeant près de 1 200 personnes vivant dans des conditions désespérées et l'autre en accueillant juste 26, António Guterres a promis de faire son possible pour mobiliser l'aide internationale. « Tous ceux qui sont dans le besoin doivent être aidés et l'assistance doit pouvoir être disponible pour eux. Nous devons créer les conditions sur le terrain pour qu'il soit possible de les aider. »

Sa visite a coïncidé avec le début de la distribution humanitaire à grande échelle dans l'ouest de la Géorgie, une région qui était inaccessible aux convois par la route et le train depuis Tbilissi. Mardi matin, le HCR a organisé un premier vol transportant des articles d'aide humanitaire vers la ville portuaire de Batumi, située au bord de la mer Noire.

Les biens de secours pouvant aider plus de 50 000 personnes ont été acheminés par avion vers Tbilissi mais très peu ont été livrés dans l'ouest de la Géorgie, où quelque 15 000 déplacés ont un besoin urgent d'assistance humanitaire. Le Boeing 707 affrété par le HCR qui a atterri à Batumi a transporté 200 tentes, 15 000 couvertures, 3 000 trousses d'ustensiles de cuisine et 6 000 jerrycans.

Le HCR, qui dispose de six bureaux en Géorgie travaillant pour quelque 220 000 bénéficiaires, des personnes qui étaient précédemment déplacées, poursuit résolument ses projets de distribution d'assistance le plus rapidement possible aux personnes nouvellement déplacées. Hier, le HCR a distribué de l'aide à quelque 11 000 personnes déplacées internes, une aide humanitaire comprenant 11 000 couvertures, 5 000 trousses d'ustensiles de cuisine et 4 500 jerrycans.

Mardi, le HCR, ses partenaires et des volontaires ont livré des articles non alimentaires à une population comptant entre 10 000 et 12 000 personnes à Tbilissi. En incluant la distribution d'aujourd'hui, le HCR a fourni une aide à 30 000 déplacés internes depuis les premières arrivées. Le nombre de jeunes Géorgiens offrant d'aider gracieusement le HCR est très important. « Je suis impressionné par le nombre de volontaires, des jeunes Géorgiens qui montrent leur profonde solidarité avec les déplacés », a dit António Guterres.

Par ailleurs, une dizaine d'équipes se sont rendues dans 50 centres collectifs, pour évaluer le nombre des personnes nouvellement déplacées, leurs besoins et leurs conditions de vie. Sur la base des résultats, une assistance leur sera distribuée. Une équipe d'urgence du HCR a été déployée en Géorgie, elle compte 11 experts qui renforceront le personnel du HCR présent en Géorgie comptant plus de 50 personnes.

La situation sur le terrain en Géorgie reste instable et imprévisible. Dimanche, une équipe conjointe du HCR et du Programme alimentaire mondial (PAM) a réussi à entrer à Gori - une ville située juste au sud de la démarcation avec l'Ossétie du Sud. C'était la première fois depuis l'éruption du conflit le 8 août que des agences des Nations Unies ont pu entrer dans cette ville. Le HCR a livré de l'aide pour plus de 1 500 personnes, y compris des jerrycans, des trousses d'ustensiles de cuisine et des couvertures. Les biens ont été déchargés dans un entrepôt et seront distribués par les autorités locales.

Des employés du HCR ont indiqué dimanche que la ville de Gori était pratiquement déserte. Ils ont rencontré quelque 50 à 60 personnes qui étaient rassemblées au centre et qui attendaient une assistance. Alors que les dommages sur les bâtiments n'apparaissaient pas étendus, il y avait des signes évidents de pillages massifs des commerces et des logements privés.

Après l'arrivée du premier convoi des Nations Unies à Gori dimanche, quelques uns de ceux qui avaient fui la ville pensaient au retour. Ceux qui avaient réussi à fuir sains et saufs ont indiqué au HCR qu'ils étaient impatients de rentrer le plus vite possible et qu'ils avaient besoin d'une assistance basique, notamment de vêtements. D'autres personnes, qui ont été témoins d'atrocités et qui ont perdu des proches durant les combats, sont encore choquées. Elles ont peur de rentrer pour le moment.

Selon les chiffres les plus récents des deux gouvernements, le nombre total de personnes déracinées par le conflit s'élève à plus de 158 700 personnes. Près de 30 000 personnes seraient déplacées au sein de l'Ossétie du Sud. Par ailleurs, environ 98 000 personnes sont déplacées à l'intérieur même de la Géorgie, y compris l'essentiel de la population de Gori. Les officiels russes en Ossétie du Nord indiquent qu'environ 30 000 personnes originaires d'Ossétie du Sud se trouvent toujours en Fédération de Russie.

Par Melita Sunjic à Tbilissi, Géorgie