Le rêve australien d'un réfugié iraquien devient réalité

Sept ans après avoir échappé à la persécution dans son pays et rejoint l'Australie illégalement, un réfugié iraquien a la chance d'y être légalement réinstallé.

Contrôle de sécurité à l'aéroport de Djakarta : le réfugié Ihsan Abdulrassoul Hassoun rejoint finalement l'Australie, le pays dont il avait rêvé depuis si longtemps.  © HCR/A.Restu

DJAKARTA, Indonésie, 25 septembre (UNHCR) - Depuis la prison que constituait l'Iraq de Saddam Hussein, l'Australie apparaissait comme une terre promise pour Ihsan Abdulrassoul Hassoun. « J'avais un neveu qui avait émigré il y a longtemps dans ce pays où il a très bien réussi », a-t-il expliqué. « Je n'avais alors qu'une seule idée en tête : je voulais le rejoindre en Australie. »

Poussé par ce désir si fort, il s'est enfui depuis l'Iraq en payant des passeurs pour l'aider à rejoindre le pays de ses rêves. Maintenant, sept ans après qu'il se soit échappé illégalement, Ihsan Abdulrassoul Hassoun vit légalement en Australie, grâce au programme de réinstallation pour les réfugiés mis en oeuvre par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement australien.

Il a quitté l'Iraq pour sauver sa vie, fuyant la persécution en tant que membre d'une minorité religieuse après que son frère ait été tué. Après un bref passage en Malaisie et en Indonésie, il a embarqué dans un bateau de passeurs pour se rendre en Australie en septembre 2001. L'embarcation a été interceptée par la marine australienne et elle a dû rebrousser chemin. Ihsan Abdulrassoul Hassoun et les passagers du bateau ont alors été bloqués dans l'île de Lombok, avant d'être transférés dans la région ouest de Java.

Sept ans d'incertitudes ont suivi, durant lesquels Ihsan Abdulrassoul Hassoun a appris à parler l'indonésien bahasa, mais il ne pouvait pas travailler légalement ni s'intégrer dans la communauté locale. « Durant ces sept dernières années, je ressentais de la tristesse quand je pensais à mon avenir, même si autour de moi les gens étaient très gentils », a-t-il expliqué.

Après être passé par une longue procédure pour recevoir le statut de réfugié, Ihsan Abdulrassoul Hassoun a bénéficié d'un programme humanitaire du HCR, lancé en 2005 par l'agence pour les réfugiés en coopération avec plusieurs pays pour trouver des solutions durables pour les réfugiés iraquiens et afghans présents en Indonésie. La plupart d'entre eux avaient vécu dans le pays depuis quatre à six ans, ils ne peuvent pas travailler, suivre une formation ou s'intégrer durablement. Un retour dans leur pays d'origine n'est pas envisageable pour le moment.

« L'Indonésie a fait preuve d'une grande générosité en permettant aux réfugiés de rester temporairement dans le pays alors qu'ils cherchaient une solution plus durable », a dit Robert Ashe, le délégué régional du HCR à Djakarta. « Cette solution est maintenant offerte par l'Australie, un pays qui soutient le travail du HCR de façon importante, à la fois par des contributions financières et aussi en termes d'opportunités de réinstallation fournies aux réfugiés originaires de nombreux pays à travers le monde. »

Ihsan Abdulrassoul Hassoun, âgé maintenant de 48 ans, a récemment fait le voyage par avion depuis Djakarta, il était très impatient de commencer une nouvelle vie en Australie. « Maintenant, j'ai retrouvé de l'espoir pour mon avenir », a-t-il dit. « Je peux maintenant faire des projets pour ma nouvelle vie en Australie. Je voudrais d'abord apprendre l'anglais, et ensuite je commencerai à chercher un nouvel emploi l'année prochaine. »

Il gardera longtemps en mémoire l'accueil prodigué par l'Indonésie, le pays qui l'a généreusement hébergé durant son attente d'une solution durable : « Je n'oublierai jamais l'Indonésie, un jour je reviendrai en Indonésie pour rendre visite à mes amis. »

Par Anita Restu à Jakarta, Indonésie