Le HCR soutient les 16 journées d'action contre la violence sexiste

Le Haut Commissaire A. Guterres a inauguré cette campagne annuelle en soulignant le besoin de prêter d'urgence une attention soutenue à la prévention et à la réponse contre les violences sexuelles et sexistes.

Le Haut Commissaire adjoint L. Craig Johnstone fait scanner sa main en soutien des 16 journées d'action contre la violence sexiste.  © HCR/S.Hopper

GENEVE, 25 novembre (UNHCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a indiqué mardi que le HCR a besoin de prêter d'urgence une attention soutenue à la prévention et à la réponse contre les violences sexuelles et sexistes.

« La violence sexuelle et sexiste est un fléau majeur, qui continue de s'abattre sur de nombreuses personnes relevant de la compétence du HCR, particulièrement les femmes et les filles », a noté António Guterres dans un message au personnel pour lancer la campagne annuelle « 16 jours d'action pour éliminer la violence contre les femmes », une campagne internationale développée en 1991 par le premier Institute of Women's Global Leadership.

Le thème de cette année est, « Les droits humains pour les femmes et les droits humains pour tous : Déclaration universelle des droits de l'homme - 60 ans. »

António Guterres a écrit que durant une mission en décembre dernier dans la province congolaise du Nord-Kivu en proie à des troubles, il avait été bouleversé par les histoires dramatiques des femmes déplacées qu'il a rencontrées et qui avaient survécu aux violences sexuelles et sexistes.

« Leur tragédie personnelle s'est doublée de cette cicatrice horrible. Elles doivent vivre constamment dans la crainte d'agressions, de représailles réitérées et parfois d'ostracisme de la part de leurs familles et de leurs communautés. C'est tout à fait inacceptable », a-t-il ajouté. Des femmes ont subi des violences sexuelles et sexistes durant les dernières violences au Nord-Kivu, qui ont déplacé quelque 250 000 personnes depuis le mois d'août.

Le Haut Commissaire a dit que la campagne annuelle des 16 journées d'action contre la violence fondée sur le genre, qui prend fin le 10 décembre avec la Journée internationale des droits de l'homme, donne une occasion de sensibiliser le public « sur ce problème qui perdure dans le monde ».

António Guterres a dit que des développements positifs ont été observés en 2008, y compris l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la Résolution 1820, qui reconnaît pour la première fois de son histoire la violence sexuelle comme une question de sécurité à part entière. Le Haut Commissaire a aussi noté qu'il avait alloué 1,5 million de dollars cette année au titre de projets spéciaux dans 14 pays afin d'intensifier les efforts du HCR pour prévenir la violence sexuelle et sexiste et y répondre.

Les bureaux du HCR dans le monde vont organiser un large éventail d'activités et d'événements au cours des 16 prochains jours pour sensibiliser le public et démontrer leur engagement pour éliminer la violence sexuelle et sexiste. A Genève, le programme a commencé un jour plus tôt lorsque le Haut Commissaire adjoint L. Craig Johnstone a lancé une action « Se donner la main pour repousser la violence. »

Les fonctionnaires du siège sont invités à scanner l'empreinte de leur main, ensuite reproduite en couleur sur des banderoles disposées dans l'atrium, en tant qu'engagement de leur lutte contre la violence sexuelle et sexiste. De nombreuses autres activités sont prévues à Genève, y compris un débat sur les violences sexuelles et sexistes mardi et une exposition artistique la semaine prochaine pour aborder le problème des mutilations génitales féminines.

« Notre organisation est particulièrement concernée par le problème de la violence contre les femmes à cause des femmes réfugiées qui sont affectées plus que tout autre groupe de femmes dans le monde », a indiqué L. Craig Johnstone lundi, en ajoutant : « Il nous incombe de prendre vraiment la responsabilité d'essayer de lutter contre la violence à l'encontre des femmes. »

A Genève et dans d'autres bureaux, il a été demandé aux employés du HCR, tout spécialement des hommes, de porter un ruban blanc pour symboliser les efforts déployés pour établir un monde dans lequel les femmes et les filles peuvent vivre dans la paix et dans la dignité. Porter un ruban blanc est synonyme d'une promesse personnelle de ne jamais commettre, pardonner ou garder le silence au sujet de la violence contre les femmes.

Plusieurs bureaux de terrain ont organisé leur propre version de la campagne « Se donner la main pour repousser la violence ». A Maputo, la capitale du Mozambique, les visiteurs présents dans les locaux du HCR seront invités à imprimer en blanc une empreinte de leur main sur un poster au fond noir, qui est affiché dans les bureaux. Au Kenya, les personnes sont invitées le 5 décembre à déposer l'empreinte de leur main sur un « mur des promesses » prouvant leur engagement dans la campagne contre les violences.

Dans d'autres bureaux, des activités incluent des événements culturels, des débats, des concours d'écriture au sujet de la violence et comment elle peut être combattue. Dans le camp de réfugiés de Dukwi au Botswana, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés aidera à organiser un concours de théâtre pour les enfants mercredi. Les jeunes acteurs réfugiés aborderont par le théâtre de nombreux problèmes comme la violence domestique, la violence sexuelle et sexiste ainsi que le VIH/SIDA. Les deux groupes vainqueurs se rencontreront pour une finale le 5 décembre.

En Angola, le pays voisin, des femmes réfugiées habitant dans l'installation de Sungui dans la province de Bengo ont promis de donner des fruits et des légumes durant ces 16 jours aux réfugiés de l'installation de Viana, qui n'ont pas accès à des terres agricoles.

Il y aura aussi d'autres événements, incluant des expositions de photo et d'art, en République démocratique du Congo, où des femmes continuent à subir des abus et des violences. Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, dans un rapport destiné au Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la période de juillet à novembre, a indiqué que les forces gouvernementales et des soldats rebelles au Nord-Kivu ont commis un grand nombre d'abus des droits humains, y compris des viols.

Par Leo Dobbs à Genève