Des déplacés rentrent chez eux en Géorgie

Le HCR ouvre un bureau dans la ville géorgienne de Gori, alors que des déplacés rentrent chez eux en nombre croissant, au sud de la région séparatiste d'Ossétie du Sud.

Des personnes déplacées attendent de s'enregistrer à Gori, où le HCR a ouvert un nouveau bureau ce week-end.  © HCR/I.Arabidze

GORI, Géorgie, 26 août (UNHCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a ouvert un bureau et un entrepôt temporaire dans la ville géorgienne de Gori, alors que des déplacés rentrent en nombre croissant chez eux dans la région, après le retrait des forces de la Fédération de Russie suite au récent conflit.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a parallèlement appelé toutes les parties au conflit sur l'Ossétie du Sud, au nord de Gori, à faire de leur mieux pour contenir de nouvelles éruptions d'anarchie qui pourraient contribuer à de nouveaux déplacements de population. Dans ce contexte, l'agence a exprimé mardi sa préoccupation suite à des informations faisant état de nouveaux déplacements forcés causés par des milices ossétiennes maraudant au nord de la ville géorgienne de Gori, près de la démarcation avec la région séparatiste d'Ossétie du Sud.

Près de 400 personnes déplacées se sont rassemblées aujourd'hui sur la place principale de Gori, après avoir été forcées à fuir leurs villages par des maraudeurs opérant dans la zone dite tampon établie le long de la frontière avec l'Ossétie du Sud.

Plusieurs personnes avaient fui les combats dans la région plus tôt ce mois-ci et venaient juste de regagner leurs fermes et leurs villages pendant le week-end, selon les témoignages personnels des déplacés entrés en contact avec le HCR à Gori. D'autres sont des personnes âgées qui étaient restées dans leurs maisons pendant le conflit, mais qui ont été maintenant contraintes de fuir par des groupes armés.

Ces personnes nouvellement déplacées ont dit que certains avaient été battus, harcelés et volés, et que trois personnes auraient été tuées. Le personnel du HCR à Gori a aidé les autorités locales à monter un petit camp de tentes aux abords de la ville pour que les déplacés aient un endroit où passer la nuit de mardi.

Le nouveau bureau du HCR à Gori a été ouvert dimanche, deux jours après que le Haut Commissaire ait achevé sa mission de quatre jours en Géorgie, en Ossétie du Sud et en Fédération de Russie et alors que la situation sécuritaire s'améliore dans la région.

En plus de fournir de l'aide, le HCR assistera les autorités locales à localiser et évaluer le nombre des rapatriés dans la ville, qui avait été en grande partie abandonnée durant le conflit qui a commencé le 8 août. « Nous coordonnons aussi les programmes d'assistance fournissant des abris et des articles non alimentaires, alors qu'un nombre croissant d'organisations d'aide arrivent à Gori », a expliqué le porte-parole du HCR.

La plupart des retours depuis vendredi ont été spontanés, avec un grand nombre de déplacés étant revenus depuis des zones situées dans et autour de la capitale géorgienne, Tbilissi. Selon le Gouvernement géorgien, entre 10 000 et 15 000 personnes sont déjà rentrées vers Gori, sur une population totale estimée à environ 70 000. La plupart des rapatriés sont restés en contact avec des voisins ou des proches et ils ont connaissance de l'état de leurs maisons. Nombre des rapatriés étaient des hommes qui ont dit vouloir d'abord se rendre compte de la situation par eux-mêmes, avant de faire revenir leurs familles.

Des équipes du HCR sur le terrain ont contrôlé les points et les hébergements de départ à Tbilissi pour s'assurer de la nature volontaire des retours. De nombreux rapatriés transportaient des paquets contenant des articles d'aide humanitaire du HCR et comprenant des couvertures, des matelas et des trousses d'ustensiles de cuisine ainsi que de la nourriture pour une durée de cinq à dix jours. Le HCR conseille aux rapatriés, via des médias locaux, d'être très attentifs aux munitions non explosées et de ne pas entrer dans des villages qui ne sont pas encore déminés ni déclarés sûrs par les autorités.

En Ossétie du Sud, la situation sécuritaire et humanitaire s'est stabilisée et les gens ont aussi commencé à rentrer chez eux dans cette région. Selon les autorités russes, quelque 23 000 personnes originaires d'Ossétie du Sud sont rentrées de la Fédération de Russie depuis le 12 août. Le Haut Commissaire António Guterres, qui s'est rendu en Ossétie du Sud et en Ossétie du Nord, une république de la Fédération de Russie, s'est entretenu avec plusieurs personnes déplacées, dont près de la totalité d'entre eux ont fait part de leur intention de rentrer dès que possible.

Dans l'ouest de la Géorgie, des personnes déplacées originaires de la vallée de Kodori, dans la région d'Abkhazie au nord-est du pays, ont dit au HCR hier que pratiquement toutes les personnes appartenant à l'ethnie géorgienne originaires de cette région étaient parties. Elles ont dit qu'elles n'avaient aucune information sur les conditions dans la vallée et qu'elles n'avaient pas l'intention de rentrer.

« Notre opération en Géorgie est maintenant en train de changer et nous entrons dans une nouvelle phase, l'après-urgence », a dit le porte-parole du HCR. Au total, 122 000 personnes ont reçu une aide humanitaire, et pour plus de la moitié d'entre elles de la part des équipes du HCR. La distribution d'aide a été effectuée en étroite collaboration avec l'agence soeur du HCR, le PAM (Programme alimentaire mondial), qui a distribué une aide alimentaire, alors que le HCR a fourni des articles non alimentaires et du matériel d'hébergement.

Alors que le HCR continue à coordonner la distribution d'aide en Géorgie, l'agence met aussi davantage l'accent sur son mandat traditionnel de protection. Cela est d'autant plus compliqué que la situation sur le terrain est très changeante, avec des mouvements ininterrompus de personnes.

Plus de 158 000 personnes ont été déplacées pendant le récent conflit - 128 000 à l'intérieur de la Géorgie et environ 30 000 personnes ayant fui en Fédération de Russie. Avant la dernière crise, le HCR travaillait déjà en faveur de quelque 220 000 personnes précédemment déplacées en Géorgie.

Par Melita H. Sunjic à Gori, Géorgie