Mise en garde du HCR sur les déplacements dus au changement climatique

Le chef adjoint du HCR a lancé une mise en garde sur le danger d'un déplacement à grande échelle dû au changement climatique et appelle à prendre en compte la composante humanitaire de ce problème.

Des survivants du cyclône Nargis attendent de l'aide dans un village du Myanmar.  © HCR/S.Kritsanavarin

POZNAN, Pologne, 9 décembre (UNHCR) - Le changement climatique pourrait causer un déplacement humain à grande échelle, a indiqué le chef adjoint de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. Il a lancé une mise en garde cette semaine lors d'une conférence en Pologne, lorsqu'il a appelé les délégués à prendre en compte la composante humanitaire de ce problème vital.

Le Haut Commissaire adjoint pour les réfugiés L. Craig Johnstone a indiqué lundi, lors d'une Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques d'une durée de deux semaines, que même selon les prévisions les plus optimistes, près de 250 millions de personnes seront déplacées au milieu de ce siècle à cause de conditions météorologiques extrêmes, de la baisse des réserves d'eau et d'une dégradation des terres agricoles. Un grand nombre de personnes seront aussi forcées de fuir leurs maisons pour échapper aux combats relatifs aux maigres ressources.

L. Craig Johnstone, qui s'exprimait durant un débat organisé par le HCR, a indiqué que cela signifiait au réel que le nombre des personnes déplacées augmenterait de six millions de personnes au minimum par an à cause du changement climatique. Il a dit que le monde avait besoin d'être préparé à aider ces personnes - cela signifie des stocks d'aide vingt fois supérieurs aux stocks actuels, à établir dans des zones vulnérables

« Le problème le plus important est l'atténuation du changement climatique par une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La seconde ligne d'action est l'adaptation au changement climatique, tel que promu par les agences de développement », a dit L. Craig Johnstone. « Mais si ces mesures échouent, nous avons besoin d'anticiper la réponse humanitaire. Et ce point manque toujours au débat. »

Le Haut Commissaire adjoint a indiqué qu'il discutait avec la direction d'une organisation qui a une large expérience du travail avec des communautés vulnérables au changement climatique, y compris la sécheresse, les inondations et les tempêtes. « Alors que je vous parle maintenant, le HCR aide des victimes d'inondations importantes au Yémen. Ce travail est très loin de notre mandat, mais nous sommes sur place et nous avons la capacité d'aider », a-t-il ajouté.

Les négotiations menées par les Nations Unies à Poznan visent à aider à conclure un accord mondial sur le changement climatique l'année prochaine à Copenhague. Quelque 9 000 participants représentant des gouvernements, le monde des affaires et de l'industrie, des groupes environnementaux et des instituts de recherche participent à la réunion, qui se termine vendredi.

Philippe Boncour, qui dirige le service du dialogue international sur la migration à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), s'est exprimé lors de l'événement de lundi sur l'adaptation des communautés vulnérables au changement climatique. Il a dit qu'il était difficile de distinguer la migration volontaire de la migration forcée lorsque les moyens d'existence étaient menacés par les changements climatiques.

Parallèlement, Niels Scott du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a indiqué que son organisation a anticipé que le changement climatique agirait en tant que « multiplicateur de menaces » pour les conflits armés et la lutte pour les ressources.

La Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés Elisabeth Rasmusson a lancé une mise en garde contre un cercle vicieux où les catastrophes et les dégradations induites par le changement climatique et des conflits menaient à leur tour à de nouveaux désastres et dégradations naturels.

Par Melita H Sunjic à Poznan, Pologne