230 000 réfugiés somaliens souffrent du surpeuplement à Dadaab

Les ressources dans les trois camps surpeuplés de Dadaab, au Kenya, se réduisent dangereusement alors que les réfugiés et les travailleurs humanitaires attendent des terres supplémentaires.

Une jeune réfugiée hébergée dans l'un des trois camps surpeuplés de Dadaab.  © HCR/B.Bannon

DADAAB, Kenya, 23 décembre (UNHCR) - Les rangées de tentes d'urgence ont maintenant atteint les limites du périmètre du camp d'Ifo à Dadaab, ce qui signifie que l'agence des Nations Unies pour les réfugiés se retrouve finalement à court de terres où héberger les réfugiés somaliens nouvellement arrivés. « Tous les réfugiés doivent maintenant être accueillis chez des proches ou chez des amis, nous n'avons plus de terres à leur fournir », a expliqué Leonidas Nkurunziza, un employé de terrain du HCR.

Quelque 230 000 personnes vivent maintenant dans les trois camps contigus de Dadaab, l'un des camps de réfugiés les plus vieux, les plus grands et les plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés l'année prochaine dans cette contrée isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation en Somalie, un pays en proie à des troubles, se détériore à nouveau.

Les ressources dans les camps surpeuplés se réduisent dangereusement et les réfugiés et les travailleurs humanitaires attendent avec inquiétude des terres supplémentaires. Il n'y a pas de place pour établir des tentes additionnelles, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Vendredi dernier, le HCR a publié un appel international d'un montant de 92 millions de dollars pour 2009, visant à soulager les souffrances des Somaliens. Dans le cadre de ce programme, le HCR et le Gouvernement du Kenya recherchent activement davantage de terres, afin de construire deux nouveaux camps, qui permettraient d'abriter chacun près de 60 000 personnes.

Les fonds collectés seront aussi utilisés pour fournir des systèmes d'assainissement nouveaux et plus performants, ainsi que des logements de meilleure qualité pour les réfugiés. Par ailleurs, des fonds additionnels sont nécessaires pour assurer protection et assistance juridique, et pour fournir de la nourriture supplémentaire, des compléments alimentaires ainsi que des articles domestiques de base. D'autres activités incluent un accès garanti à des services élémentaires via des projets communautaires pour la population hôte kényane.

Les trois camps de réfugiés de Dadaab - Ifo, Hagadera et Dagahaley - ont été construits en 1991 pour accueillir 90 000 réfugiés. Le conflit permanent en Somalie a mené à un afflux régulier de réfugiés durant toutes ces années, et aucun signe d'amélioration n'est en vue.

Plus de 60 000 Somaliens ont franchi la frontière du Kenya depuis le début 2008. La plupart sont originaires de Mogadiscio et des régions de Kismayo, Jamame et Afmadow, dans le Bas-Juba. La crise actuelle est encore aggravée par une sécheresse sévère, par l'insécurité alimentaire et par les importantes inondations qui s'abattent régulièrement sur la corne de l'Afrique.

Chaque matin, des centaines de nouveaux arrivants squattent devant les bureaux d'enregistrement du HCR, en attendant avec impatience l'arrivée des employés. Pour répondre à une énorme demande, l'agence a augmenté l'effectif de son équipe d'enregistrement.

Les conditions de surpeuplement des camps ont un impact sur chaque réfugié. Des femmes et des enfants font tous les jours la queue sous le soleil brûlant pour collecter de l'eau. Mais ils ne sont pas tous chanceux - la quantité d'eau est limitée et les pompes ne peuvent pas fournir la quantité d'eau nécessaire chaque jour.

« L'eau est la priorité majeure, elle est cruciale pour la vie », a dit Dahir Hassan, qui vit à Hagadera depuis 1992. La pénurie d'eau est souvent une cause de disputes. « Un robinet était prévu pour être utilisé par 200 familles, maintenant nous avons le double de familles ayant besoin d'eau pour chaque robinet », a noté un autre réfugié, Hassan Bashir Ahmed, en ajoutant que : « Les familles se battent. »

Hassan Bashir Ahmed a aussi indiqué que le feu constituait un danger. Les systèmes d'évacuation des déchets dans les camps ne pouvaient plus supporter la quantité de déchets produits, poussant ainsi les familles à brûler leurs poubelles près de leurs huttes. Des incendies se déclarent fréquemment, ils se propagent rapidement et ils sont difficiles à maîtriser du fait de la pénurie d'eau.

Par Tessa Valk Mayerick à Dadaab, Kenya