Des réfugiés afghans aident leurs hôtes pakistanais après le séisme

Des réfugiés afghans utilisent leurs compétences pour venir en aide à leurs hôtes pakistanais dans les zones frappées par le séisme, situées au sud-ouest du Pakistan.

Des charpentiers réfugiés afghans construisent des logements temporaires à Ziarat, l'une des zones les plus affectées par le séisme survenu au Baloutchistan le 29 octobre 2008.  © HCR/D.A.Khan

KAWAS, Pakistan, 24 décembre (UNHCR) - Pendant des années, ils ont été considérés comme des bénéficiaires passifs de l'aide humanitaire. Toutefois, les réfugiés afghans utilisent actuellement leurs compétences pour venir en aide à leurs hôtes pakistanais dans les zones frappées par le séisme, au sud-ouest du Pakistan.

Depuis toujours, la province pakistanaise du Baloutchistan est touchée par les catastrophes naturelles comme les inondations, les sécheresses ou les séismes. Le 29 octobre 2008, les régions situées au nord de cette province ont été frappées par un séisme dévastateur de magnitude 6,4 sur l'échelle de Richter, qui a occasionné des destructions majeures.

Selon des estimations gouvernementales, 166 personnes ont trouvé la mort et plus de 370 autres ont été blessées. Les informations font état d'environ 68 200 personnes affectées par le séisme et de quelque 7 600 maisons endommagées. Après la tombée des premières neiges de l'hiver à la mi-décembre, les problèmes ont encore empiré pour la population ayant subi le tremblement de terre. Des logements, adaptés aux conditions hivernales et qui peuvent résister à l'hiver rude, ainsi que de la nourriture appropriée pour trois mois sont nécessaires d'urgence.

Via ses partenaires d'exécution, le HCR avait immédiatement distribué 950 tentes, 2 880 bâches en plastique, 140 ensembles pour la cuisson, 4 800 couvertures, 720 jerrycans et 1 000 matelas, après une évaluation conjointe des Nations Unies menée dans les districts de Harnai, les zones de Pishin et Khanozai au Baloutchistan pour les survivants pakistanais et afghans du séisme.

La pittoresque vallée de Ziarat, située à 100 kilomètres au nord de Quetta, la capitale provinciale, et célèbre pour ses forêts de genévriers, a été la zone la plus affectée et comptant maintenant de nombreux sans-abri. Le partenaire opérationnel du HCR, Catholic Relief Services (CRS), a commencé un programme de logement à Kawas, une ville du district de Ziarat. Six charpentiers afghans ont été mobilisés pour aider leurs hôtes pakistanais à construire des logements temporaires pour les survivants du séisme.

« Dès que j'ai entendu parler de ce programme, j'ai immédiatement accepté de devenir volontaire car j'ai senti que c'était le meilleur moment pour remercier nos hôtes de leur hospitalité », a dit sur un ton animé Muhammad Shafiq, l'un des jeunes charpentiers afghans.

L'organisation CRS construit 400 logements temporaires et 200 toilettes à Kawas et Kala Cheena, des villages de la région de Ziarat, pour 3 600 survivants du séisme dont 20 familles afghanes. Les conditions météorologiques se détériorent de jour en jour et, après les premières neiges de l'hiver, ces huttes temporaires sont désormais considérées comme une aide majeure par les survivants.

« Rien ne peut remplacer le confort de notre maison qui a été détruite », a dit Muhammad Shafie, un ancien fonctionnaire qui bénéficie actuellement d'un logement. Sa maison a été réduite en miettes durant la nuit du séisme. Avec sa famille étendue, il vit maintenant dans une hutte temporaire de CRS, dont il dit qu'elle est meilleure qu'une tente ordinaire qui ne protège pas des rafales de vent glacé.

Khaliqdad, un réfugié afghan âgé qui a perdu sa maison de deux pièces durant le tremblement de terre, confirme : « Ce froid nous tue. J'attends avec impatience ma hutte qui doit être bientôt terminée pour que mes enfants puissent dormir tranquillement la nuit. »

Les six Afghans qui travaillent dans le cadre du projet d'abris ont été formés dans un centre de formation professionnelle financé par le HCR en 2003 et géré par l'organisation International Catholic Migration Commission (ICMC). Ils représentent une minorité parmi la forte concentration de main d'oeuvre bon marché et non qualifiée fournie par les réfugiés afghans dans la province.

« Nous sommes heureux d'observer ce cycle vertueux, qui a commencé avec la formation des réfugiés et qui permet l'utilisation de leurs compétences en faveur des communautés locales avec lesquelles ils vivent depuis plus de 25 ans », a noté John Solecki, chef du bureau auxiliaire du HCR à Quetta.

Najibullah, un charpentier, est déterminé à utiliser son savoir-faire en faveur de ses hôtes pakistanais. « Nous ne sommes pas assez riches pour les aider autrement », a-t-il dit. « Nos compétences constituent la seule aide que nous pouvons leur assurer, alors nous offrons nos services gracieusement. »

Par Duniya Aslam Khan à Kawas, Pakistan