En Thaïlande, le HCR veut rencontrer 126 boat people en détention

Le HCR demande à la Thaïlande de pouvoir rencontrer des musulmans rohingyas actuellement détenus, afin d'évaluer leur situation et de déterminer si certains d'entre eux ont besoin de protection internationale.

Un bateau de pêche à l'ancre près des îles thaïlandaises dans la mer d'Andaman, où des boat people rohingyas auraient été interceptés.  © Onasia/P.Charlesworth

GENEVE, 20 janvier (UNHCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a demandé mardi au Gouvernement thaïlandais de pouvoir rencontrer 126 boat people musulmans rohingyas pour évaluer leur situation et déterminer si certains d'entre eux ont besoin de protection internationale.

Cette demande fait suite aux inquiétudes exprimées par le HCR la semaine dernière auprès du gouvernement, au sujet d'allégations faisant état de groupes importants de boat people rohingyas originaires du Myanmar qui ont été interceptés dans les eaux territoriales thaïlandaises, remorqués en pleine mer puis abandonnés à la dérive vers une mort certaine.

« Selon les informations recueillies par nos sources, un groupe de 80 boat people rohingyas se trouve actuellement en détention sur l'île de Koh Sai Daeng, au large des côtes thaïlandaises en mer d'Andaman. Un autre groupe de 46 Rohingyas, qui avait été intercepté sur un bateau vendredi dernier, a été remis aux autoritaires militaires thaïlandaises. Nous faisons notre possible pour déterminer où ce groupe se trouve actuellement », a indiqué le porte-parole du HCR, Ron Redmond.

« Compte tenu des engagements en matière de droits de l'homme du nouveau Gouvernement thaïlandais, nous souhaitons discuter avec le Ministre des affaires étrangères Kasit Piromya des moyens à mettre en oeuvre pour que cette crise puisse être rapidement désamorcée en veillant au respect des normes du droit humanitaire international. Nous avons insisté auprès du Gouvernement thaïlandais pour que toutes les mesures soient prises afin de garantir que la vie de ces boat people rohingyas ne soit pas mise en danger », a expliqué Ron Redmond aux journalistes à Genève.

Il a indiqué que le HCR s'était également félicité de l'annonce faite mardi par le Vice-Premier Ministre Suthep Thaugsuban dans les médias thaïlandais, selon laquelle il a ordonné au Ministère de la défense de diligenter une enquête sur les accusations de mauvais traitements envers les boat people rohingyas.

Les Rohingyas sont des musulmans apatrides originaires de l'Etat de Rakhine dans le nord du Myanmar. Quelque 28 000 Rohingyas ont reçu le statut de réfugiés et vivent dans deux camps du HCR au Bangladesh. Par ailleurs, quelque 200 000 Rohingyas non enregistrés vivent hors des camps dans ce pays. Depuis plusieurs années et lors de la saison sèche, un grand nombre d'entre eux vivant dans des conditions désespérées vont jusqu'à risquer leur vie en mer sur des petits bateaux depuis le Bangladesh ou le Myanmar. Ils arrivent souvent en Thaïlande, en Malaisie ou plus loin encore en Indonésie.

Le sort des Rohingyas est un problème régional. C'est pourquoi le HCR souhaite d'urgence engager des discussions avec le Gouvernement thaïlandais sur les moyens à mettre en oeuvre pour que tous les pays concernés puissent résoudre les causes profondes poussant les Rohingyas à mettre leur vie en danger lors de ces traversées périlleuses.

« Nous espérons des discussions avec le Ministre des affaires étrangères Kasit Piromya sur les moyens à mettre en oeuvre pour que le nouveau Gouvernement thaïlandais, compte tenu de son rôle clé dans la région et de son actuelle présidence de l'ASEAN [Association of South-east Asian Nations], puisse jouer un rôle essentiel dans la résolution de ce problème régional alarmant », a indiqué Ron Redmond.