Des personnalités expérimentent les difficultés de la vie de réfugié à Davos

Des personnalités politiques et du monde économique, participant à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, expérimentent les difficultés de la vie de réfugié, dans le cadre d'une exposition organisée par le HCR.

Reconstitution d'une salle de classe dans un camp de réfugiés, dont certains « élèves » sont des personnalités de haut rang. De gauche à droite : Le Haut Commissaire António Guterres, John Holmes, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.  © Global Hand/T.Williams

DAVOS, Suisse, 30 janvier (UNHCR) - Selon une maxime bien connue des réfugiés africains, on ne peut comprendre un homme si on ne marche pas un kilomètre dans ses propres chaussures. Cette semaine, certains des dirigeants mondiaux du secteur privé participant au forum de Davos ont décidé de se joindre au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et au Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, pour mettre en pratique ce célèbre adage.

Ils n'ont peut-être pas marché un kilomètre, mais des personnalités du monde économique comme le PDG du Groupe Virgin Sir Richard Branson, le PDG de Gucci Robert Polet et celui de Nike, Mike Parker, ont ménagé une pause dans leurs emplois du temps surchargés, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos pour se mettre brièvement dans la peau d'un réfugié.

Pendant une heure, ils ont expérimenté ce qu'est la vie de millions de personnes qui ont été déracinées de force de leurs maisons à cause de la persécution, de la guerre ou d'une catastrophe naturelle. Ces personnalités ont pu se rendre compte des souffrances endurées par les réfugiés grâce à une manifestation, « Refugee Run », organisée par le HCR, conjointement avec des partenaires du secteur privé et du secteur humanitaire ainsi que par des réfugiés eux-mêmes.

Plusieurs scénarios mettaient notamment en scène la fuite lors d'une attaque menée par des rebelles, la progression à pied dans un champ de mines, la communication avec des gardes-frontières corrompus, la barrière de la langue, la survie grâce au marché noir et les conditions de vie dans un camp de réfugiés. Ce projet a pour objectif de sensibiliser les personnes les plus influentes de ce monde sur le sort des réfugiés et des personnes déplacées internes ainsi que de collecter des fonds pour des opérations du HCR à travers le monde pour les aider.

Après avoir participé à la Refugee Run jeudi, au deuxième jour de ce sommet de quatre jours rassemblant des personnalités politiques et économiques, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a décrit cette manifestation comme étant « une expérience marquante nous rappelant les souffrances de millions de personnes déplacées de force ». Sir Richard Branson a indiqué que cette reconstitution était « magnifiquement réalisée. »

Le projet a par ailleurs reçu l'approbation d'un réfugié authentique, Raphael Mwandu, originaire de la République démocratique du Congo. « Ce que vous voyez dans cette simulation, c'est exactement ce que nous vivons dans les camps », a-t-il dit, ajoutant qu'il aiderait à « faire connaître ce qui se passe dans notre monde pour que les gens puissent se réunir afin de trouver des solutions. »

La Refugee Run a aussi pour objectif de rappeler que, malgré le climat économique actuel, les plus démunis ne devraient pas être oubliés. Le HCR fonctionne grâce au financement des gouvernements et du secteur privé pour son budget annuel - l'objectif pour 2009 s'élevant à près de deux milliards de dollars.

« La communauté internationale se doit de sauver des vies en montrant la même détermination que pour sauver des banques », a déclaré le Haut Commissaire António Guterres, qui a pris part courageusement à la Refugee Run avec son responsable, le Secrétaire général Ban.

Le HCR a co-organisé la Refugee Run avec le Global Risk Forum de Davos et avec la fondation Crossroads, une organisation non gouvernementale basée à Hong Kong qui met en relation des entreprises du secteur privé avec des agences humanitaires pour répondre à des défis mondiaux. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a aussi reçu un financement de KPMG et de son Conseil des dirigeants d'entreprise, qui rassemble Manpower, Microsoft, Nike, PricewaterhouseCoopers et WPP.