Un responsable du HCR rencontre des indigènes déplacés en Colombie

Le chef adjoint du HCR s'est rendu dans le sud-ouest de la Colombie, où il a rencontré des membres de tribus déplacés. Il condamne les auteurs de ces violences qui ont forcé les populations indigènes à fuir leurs terres ancestrales.

L. Craig Johnstone, le Haut Commissaire adjoint du HCR, rencontre des enfants afro-colombiens à Tumaco.  © HCR/M.-H.Verney

BOGOTA, Colombie, 19 février (UNHCR) - Le Haut Commissaire adjoint des Nations Unis pour les réfugiés L. Craig Johnstone s'est rendu cette semaine dans le sud-ouest de la Colombie, auprès de plus de 300 indigènes déplacés. Il a condamné les auteurs de ces violences qui ont forcé les populations indigènes à fuir leurs terres collectives au début de ce mois.

L. Craig Johnstone a rencontré le groupe awa durant une visite mardi à El Diviso, un village situé dans la région de Nariño. Il a aussi félicité le Gouvernement colombien pour sa coordination efficace dans la fourniture de logement et de nourriture aux personnes accueillies dans le site.

« La réponse des autorités nationales, qui ont assuré une assistance à ce groupe, a été très efficace et elle devrait être un modèle pour tous les cas de déplacement forcé en Colombie », a-t-il aux représentants de Acción Social, l'organe national responsable de la coordination pour la réponse nationale au déplacement forcé.

Durant sa visite à El Diviso, L. Craig Johnstone a témoigné sa sympathie aux Awas, qui ont fui en quête de sécurité après le meurtre de 17 membres de leur ethnie, un meurtre qui aurait été commis par des groupes armés sur le territoire collectif de Tortugaña-Telembí, situé à environ deux jours de marche.

« Nous vous remercions de venir aujourd'hui nous voir de si loin, nous nous sommes sentis très seuls et nous voulons faire connaître au monde ce qu'il se passe pour nous et nos frères », a expliqué un chef awa au Haut Commissaire adjoint.

La zone de Tortugaña-Telembí est isolée et difficile d'accès. Seulement deux corps ont été retrouvés à ce jour. Le HCR a demandé une enquête approfondie sur les meurtres. Depuis, quelque 500 Awas ont fui Tortugaña-Telembí, une majorité d'entre eux se trouvent à El Diviso et le reste dans deux autres villages.

Comme d'autres groupes indigènes en Colombie, les Awas ont lutté pendant des années pour rester en marge du conflit et éviter le déplacement forcé, qui les arrache de leurs terres ancestrales et menace leur survie en tant que communauté.

Les Awas sont le deuxième groupe indigène à Nariño, une partie de la Colombie qui subit les pires violences et qui connaît un taux élevé de déplacement forcé. Les Afro-Colombiens de Nariño ont, eux aussi, profondément souffert et L. Craig Johnstone s'est rendu dans l'une de leurs communautés à Tumaco, une ville portuaire, où le HCR et les autorités locales travaillent conjointement pour fournir des services essentiels aux personnes déplacées.

L. Craig Johnstone a par ailleurs rencontré des représentants du gouvernement durant sa visite de trois jours, y compris le Vice-président Francisco Santos et le Ministre des affaires étrangères Jaime Bermudez. Durant ces réunions, L. Craig Johnstone a remercié le gouvernement pour ses efforts visant à répondre à la crise humanitaire et il a promis un soutien continu de la part du HCR.

Il a souligné le besoin de concentrer les efforts sur la prévention et de résoudre les causes profondes du déplacement forcé. « Il est plus efficace de répondre au problème de base plutôt que d'en traiter seulement les symptômes », a indiqué le Haut Commissaire adjoint.

Il a aussi appelé la communauté internationale à porter une attention et un soutien accrus à la situation en Colombie. Quelque trois millions de personnes sont déplacées à l'intérieur de la Colombie, un pays en proie depuis des décennies à un conflit impliquant des groupes armés irréguliers et les forces gouvernementales. Mercredi, L. Craig Johnstone a quitté Bogota pour l'Equateur, où il passera deux jours avant de rejoindre le Panama, la dernière étape de sa mission dans la région.

Par Marie-Hélène Verney à Bogota, Colombie