Le HCR enregistre des milliers de réfugiés centrafricains

Le HCR aide les autorités locales tchadiennes à enregistrer des milliers de réfugiés originaires du pays voisin, la République centrafricaine (RCA) et à évaluer leurs besoins.

Des abris de fortune sont construits par les réfugiés récemment arrivés depuis la République centrafricaine à Daha, dans le sud-est du Tchad.  © HCR/V.Ndakass

ABECHE, Tchad, 12 février (UNHCR) - Une petite équipe du HCR aide les autorités du sud-est du Tchad à enregistrer des milliers de réfugiés originaires de la République centrafricaine (RCA) et à évaluer leurs besoins. L'agence pour les réfugiés a aussi commencé à distribuer de l'aide.

Quelque 6 000 civils, pour la plupart des femmes et des enfants appartenant aux tribus rounga et sara, ont fui vers le Tchad depuis décembre pour échapper aux attaques menées par des groupes rebelles et aux combats survenant entre des rebelles et les forces gouvernementales centrafricaines. La plupart d'entre eux sont maintenant bloqués dans et autour du village de Daha, à tout juste un kilomètre de la frontière entre le Tchad et la RCA.

Un convoi organisé par le HCR et d'autres agences d'aide humanitaire, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), a quitté la ville d'Abéché en fin de semaine dernière pour rejoindre Daha, où il est arrivé lundi.

Mardi, les quatre employés du HCR participant à cette mission ont commencé à enregistrer les réfugiés et à leur distribuer une assistance, y compris des ustensiles de cuisine et du matériel d'abri, notamment des bâches en plastique, des matelas, des moustiquaires et des couvertures, qui les protègeront du vent et du froid durant la nuit. La plupart des réfugiés dormaient auparavant en plein air. Le PAM a fourni des rations alimentaires pour trois semaines.

L'équipe a par ailleurs procédé à l'évaluation des besoins immédiats des réfugiés, notamment pour l'approvisionnement régulier de réserves en eau potable, la construction de latrines salubres et la vaccination des enfants âgés de moins de cinq ans contre la rougeole et la poliomyélite. Cinq enfants réfugiés sont décédés, la cause de leur mort reste inconnue, et deux femmes sont mortes en couches.

Une équipe d'intervention d'urgence devrait arriver vendredi à Daha depuis Genève, pour continuer à interviewer les réfugiés et à organiser l'aide humanitaire. Cependant, l'éloignement de Daha, un village qui est situé à presque 1 000 kilomètres au sud d'Abéché, reste une contrainte logistique majeure.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés attend une décision du Gouvernement tchadien sur des propositions concernant le transfert des nouveaux arrivants vers un lieu plus sûr et d'accès plus facile pour les agences humanitaires. Le site pressenti pour un nouveau camp se situe dans la zone d'Am Timan, à environ 280 kilomètres au nord de Daha.

De nombreux réfugiés interviewés par le HCR étaient toujours traumatisés par ce qu'ils avaient subi et ils n'étaient pas prêts à rentrer. Hawoua a indiqué qu'elle rendait visite à son frère, accompagnée de l'un de ses enfants, dans le village de Ngarba lorsque les rebelles sont arrivés et qu'ils ont commencé le pillage des maisons. « Nous avons fui la nuit même, mais nous avons été séparés [avec mon frère]. Maintenant je suis toute seule ici avec mon enfant », a expliqué cette jeune femme âgée de 20 ans, ajoutant qu'elle était inquiète au sujet de son mari et de ses deux autres enfants restés en RCA.

Alime, une autre réfugiée originaire de Ngarba, est arrivée au Tchad il y a environ deux semaines avec trois filles et les vêtements qu'elle portait sur elle ce jour-là. « Les rebelles ont tué cinq des membres de ma famille. Notre village a été réduit en cendres, nous ne pouvons plus rentrer », a-t-elle expliqué.

Le nord-est de la République centrafricaine est instable depuis plusieurs années et il y a eu plusieurs vagues de réfugiés qui ont traversé la frontière vers le Tchad ces six dernières années. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés aide quelque 52 000 d'entre eux dans cinq camps situés dans le sud du Tchad. Le HCR gère par ailleurs 12 camps situés dans l'est du Tchad où sont hébergés quelque 250 000 réfugiés originaires de la région du Darfour au Soudan. On compte enfin plus de 160 000 déplacés internes tchadiens.

Par Victorien Ndakass à Daha, et Annette Rehrl à Abéché, Tchad