Afflux continu de Somaliens dans les camps surpeuplés de Dadaab

Malgré l'élection d'un nouveau président somalien en janvier, l'afflux de Somaliens continue au Kenya. Ils arrivent en quête d'un refuge dans les camps de réfugiés de Dadaab, des camps surpeuplés situés au nord-est du pays.

Des réfugiés somaliens attendent pour s'approvisionner en eau dans le camp d'Ifo. De longues files d'attente et la difficulté de trouver de l'eau en abondance est un problème croissant à Dadaab, à cause de l'afflux continu de Somaliens fuyant le Kenya.  © HCR/E.Hockstein

DADAAB, Kenya, 27 mars (HCR) - Malgré l'élection d'un nouveau président somalien en janvier, l'afflux de Somaliens continue au Kenya. Ils arrivent en quête d'un refuge dans les camps de réfugiés de Dadaab, des camps surpeuplés situés au nord-est du pays.

Depuis le début de l'année, plus de 20 000 nouveaux arrivants ont été enregistrés dans les trois campements qui composent le complexe du camp de Dadaab - Hagadera, Ifo et Dagahaley. La plupart des nouveaux arrivants interviewés par le HCR évoquent une insécurité accrue, particulièrement dans les régions de Centre-Juba et de Bas-Juba, en plus de la sécheresse et des pénuries de nourriture, comme étant les principales raisons de leur fuite vers le Kenya.

Beaucoup restent pessimistes quant au retour à la paix à court terme dans leur pays. Malgré l'élection en janvier d'un islamiste modéré, Sheik Sharif Sheik Ahmed, en tant que Président, la situation sécuritaire dans plusieurs régions de Somalie reste dégradée. C'est la raison pour laquelle les élections se sont tenues à Djibouti ; les électeurs étaient des législateurs somaliens.

Le HCR continue de recevoir et d'enregistrer de nouveaux arrivants, bien que la capacité d'accueil dans les camps soit largement dépassée. Les camps ont été conçus il y a près de vingt ans, pour abriter un total de 90 000 personnes. Ils en accueillent actuellement plus de 261 000, faisant ainsi du complexe de Dadaab l'un des plus anciens, des plus importants et des plus surpeuplés sites de réfugiés au monde.

Le HCR négocie l'allocation de nouveaux terrains avec le Gouvernement du Kenya, afin de construire de nouveaux camps mais cela reste encore à finaliser.

« Néanmoins, nous rencontrons de grandes difficultés pour recevoir et accueillir ces réfugiés », a expliqué un porte-parole du HCR, ajoutant : « Il est crucial que le gouvernement nous alloue dès que possible des terrains, où nous pourrons bâtir d'autres camps, décongestionner ainsi les camps existants et nous préparer à accueillir davantage de personnes si la tendance actuelle des arrivées se poursuivait. »

Plus de la moitié des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants et plusieurs d'entre eux sont exténués après avoir marché de longues distances, empruntant souvent des chemins détournés pour éviter de se faire repérer au moment de franchir la frontière. Certains parcourent de très longues distances, ils viennent notamment depuis Mogadiscio par la route ou à pied, ce qui correspond à un voyage de 800 kilomètres pouvant durer jusqu'à 16 jours.

Lorsqu'ils arrivent, ils doivent rechercher des proches, des membres de leur famille ou de leur clan dans les camps d'Ifo et de Dagahaley, dans la mesure où le HCR ne dispose plus d'aucune terre où leur affecter un carré de terrain pour y vivre. Cela a entraîné une surpopulation avec plus de 30 personnes vivant sur un carré de terrain de 12 x 13 mètres.

« Nous craignons que la situation ne se détériore encore à l'arrivée de la saison des pluies en raison des contraintes d'abri. La prochaine saison des pluies est prévue pour début avril », a indiqué le porte-parole.

Le conflit incessant en Somalie a causé la mort de milliers de personnes ainsi que des déplacements massifs de population. Les camps de réfugiés de Dadaab ont été établis en 1991 et en 1992, après la chute du gouvernement de Siad Baré en Somalie.