Traite d'êtres humains : 35 personnes ont péri noyées au large du Yémen

Au total 35 personnes se sont noyées après qu'un bateau de passeurs ait chaviré au large de la côte yéménite en tentant la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Des hommes et des femmes se ruent vers des bateaux de passeurs, près de Bossasso, pour traverser le golfe d'Aden.  © HCR/A.Fazzina

ADEN, Yémen, 23 avril (HCR) - Trente-cinq personnes se sont noyées après que l'un des deux bateaux de passeurs - transportant au total plus de 220 passagers dans le golfe d'Aden depuis la Somalie - ait chaviré mercredi, non loin des côtes du Yémen dans la région d'Abyan.

« C'est l'un des pires accidents survenus dans le golfe d'Aden ces derniers mois », a expliqué Leila Nassif, chef du bureau du HCR à Aden. « Malheureusement, de plus en plus de gens sont à ce point désespérés dans leurs pays d'origine qu'ils sont prêts à mettre leur vie en danger pour changer leur situation. »

Le bateau impropre à la navigation a quitté lundi les environs de Bossasso, dans la région du Puntland située au nord de la Somalie et elle a sombré mercredi à 250 kilomètres à l'est du port yéménite d'Aden.

Jeudi midi, 35 corps ont été retrouvés par une agence partenaire du HCR, The Society of Human Solidarity (SHS). Les autres passagers auraient réussi à rejoindre la côte, ainsi que 105 personnes qui étaient à bord de la seconde embarcation.

Au total 165 personnes ont été transférées peu après au centre de réception d'Ahwar géré par le HCR. Parmi les survivants, se trouvait un petit garçon somalien âgé de huit ans dont la mère s'est noyée, a indiqué la SHS. Les survivants ont reçu de l'eau et de la nourriture avant d'être transférés vers Ahwar pour bénéficier d'une assistance et être enregistrés.

Cette année, 387 bateaux et 19 622 personnes sont déjà arrivés au Yémen après avoir effectué la traversée périlleuse du golfe d'Aden depuis la corne de l'Afrique. Au total, 131 personnes ont trouvé la mort et au moins 66 autres sont portées disparues en mer.

Ceux qui entreprennent cette traversée fuient une situation désespérée résultant de la guerre civile, de l'instabilité politique, de la pauvreté et de la famine en Somalie et dans la corne de l'Afrique.