Plus de 100 000 civils déracinés après des raids rebelles à l'est de la RDC

Des raids rebelles dans la province congolaise du Nord-Kivu ont causé le déplacement forcé de plus de 100 000 civils ces sept dernières semaines.

Des déplacés congolais au Nord-Kivu.  © HCR/S.Schulman

GOMA, République démocratique du Congo, 21 avril (HCR) - Plus de 100 000 civils congolais ont été déracinés dans la province instable du Nord-Kivu ces sept dernières semaines après des raids menés par des rebelles ayant récemment combattu les armées du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC).

Une série d'attaques concertées menées par les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) contre des villageois de Luofu, de Kirumba, de Kanyabonga et de Kayna près de Lubero, à 170 kilomètres au nord de Goma, ont provoqué la mort et la destruction et elles ont causé un déplacement de population incessant.

Selon les autorités locales, les FDLR ont mené un raid sur le village de Luofu près de Lubero vendredi, tuant deux adultes et cinq enfants et brûlant 255 cases. Les habitants paniqués ont passé la nuit dans la brousse alors que d'autres ont fui vers la ville voisine de Kirumba. Toutefois les FDLR auraient encerclé la ville de Kirumba depuis dimanche, en menaçant d'y entrer.

De nombreux déplacés se cachent dans la forêt et se trouvent sans aucune assistance. Dans le même temps, les agences humanitaires sont dans l'impossibilité de distribuer des biens de secours essentiels à cause des attaques imprévisibles et des déplacements de population qui s'ensuivent. Un autre facteur s'ajoute à l'insécurité qui règne en RDC : il s'agit de la tactique adoptée par les FDLR consistant à attaquer des véhicules commerciaux sur la route principale reliant Lubero à Goma dans le sud, vers Beni dans le nord et vers la frontière ougandaise dans l'est.

Des civils déplacés, qui se sont entretenus avec le HCR, étaient inquiets de la situation. « Nous ne savons que faire maintenant. Nous fuyons chaque jour, nous dormons dans la forêt, nous craignons les attaques », a expliqué l'un d'entre eux, un commerçant.

Les FDLR ont intensifié leurs attaques de représailles contre les civils dans le Nord-Kivu après que les forces armées de la RDC et du Rwanda aient mis fin à leur offensive militaire conjointe contre le groupe rebelle il y a sept semaines. Les FDLR comptent essentiellement des Rwandais hutus qui sont arrivés en RDC suite au génocide de 1994 au Rwanda.

Avec cette dernière éruption de violence, le HCR estime que plus d'1,4 million de personnes déplacées se trouvent actuellement dans l'est de la RDC. Parmi elles, environ un million ont été contraintes à fuir leurs maisons dans la seule province du Nord-Kivu, en proie à des troubles, à cause des combats incessants, de l'anarchie généralisée, des pillages, des destructions de maison et des camps, des assassinats et des viols.

Beaucoup de ces personnes ont été déplacées plusieurs fois et les familles sont souvent séparées. Cette anarchie et cette insécurité généralisées continuent d'affecter les opérations d'assistance, qui sont aussi entravées par l'ampleur et l'envergure de la crise de déplacement dans l'est de la RDC.

Par David Nthengwe à Goma, République démocratique du Congo