Inclure les déracinés dans la lutte contre le VIH/SIDA

Le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres a déclaré que davantage doit être fait pour assurer que les gouvernements incluent les personnes déracinées de force dans leur stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA.

Une clinique du camp de Nangweshi, en Zambie, un pays où le HCR mène un programme de lutte contre le VIH/SIDA.  © HCR/J.Redden

GENEVE, 24 juin (UNHCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a déclaré que davantage doit être fait pour assurer que les gouvernements incluent les réfugiés et les personnes déplacées internes dans leur stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA. Dans un discours prononcé lundi après-midi au cours du comité directeur de l'ONUSIDA, le Conseil de Coordination du Programme, António Guterres a indiqué que les personnes en mouvement, qu'elles soient des réfugiés, des déplacés ou des migrants, peuvent être encore plus vulnérables au VIH/SIDA.

« Il est du devoir de chacun d'entre nous d'assurer que les droits humains des personnes en mouvement sont respectés », a-t-il dit. « Satisfaire les besoins de ces personnes dans le cadre de la prévention contre le VIH/SIDA, le traitement, les soins et le soutien est essentiel pour aboutir à un accès universel. »

António Guterres a fait cette déclaration à l'occasion de la journée d'ouverture de la réunion annuelle du Conseil de Coordination du Programme de l'ONUSIDA, qui se termine aujourd'hui et qui traitait particulièrement des besoins relatifs à la lutte contre le VIH/SIDA des « personnes en mouvement. »

Les mouvements mondiaux sont complexes, ils concernent le déplacement forcé ainsi que la migration. Le HCR estime qu'il y avait 42 millions de réfugiés et de déplacés l'année dernière, sans compter les personnes qui sont déplacées du fait de catastrophes naturelles, alors que l'Organisation internationale pour les migrations estime pour sa part qu'il y avait plus de 200 millions de migrants internationaux en 2008.

« Les programmes visant à réduire la stigmatisation et la discrimination auxquelles sont confrontées les réfugiés, les déplacés et les migrants doivent être implémentés à tous les niveaux », a indiqué le Haut Commissaire. « Au niveau national, les personnes en mouvement doivent être inclues dans les plans, les politiques et les propositions de financement établis en matière de stratégie de lutte contre le VIH/SIDA

« Les résultats sont décourageants », a-t-il ajouté. « En fait, l'inclusion des réfugiés au sein des plans nationaux stratégiques de lutte contre le VIH/SIDA a diminué depuis 2006. » Seuls 32 pays sur 46 comptant plus de 5 000 réfugiés avaient rendu leurs plans nationaux stratégiques disponibles pour un suivi en 2008. Sur ces pays, 14 d'entre eux, soit 44 pour cent, ne faisaient aucune référence aux réfugiés.

« Une revue récente des propositions approuvées par le Fonds mondial de luttre contre le SIDA pour les pays comptant plus de 5 000 réfugiés ou personnes déplacées internes s'est également révélée négative », a indiqué António Guterres. « Près de 68 pour cent des propositions approuvées dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA ne mentionnaient pas les réfugiés et près de 73 pour cent ne mentionnaient pas les personnes déplacées internes.

« Clairement, nous devons faire davantage pour assurer que les personnes déplacées de force et les migrants soient inclus dans les plans et les propositions stratégiques nationaux de lutte contre le VIH/SIDA », a-t-il affirmé.