Des demandeurs d'asile et des réfugiés sans abri à la fermeture d'un camp de fortune en Grèce

Le HCR fait part de ses préoccupations concernant le sort de centaines de migrants irréguliers, y compris des demandeurs d'asile et des réfugiés, suite à la fermeture ce week-end d'un camp de fortune dans la ville grecque de Patras. Un incendie a détruit le camp peu après.

Le camp de fortune de Patras, qui a été réduit en cendres ce week-end. Il venait d'être fermé par les autorités grecques après l'évacuation de ses résidents.  © Zalmaï

GENEVE, 14 juillet (HCR) - Le HCR a fait part mardi de ses préoccupations concernant le sort de centaines de migrants irréguliers, y compris des demandeurs d'asile et des réfugiés, suite à la fermeture ce week-end d'un camp de fortune dans la ville grecque de Patras.

Les autorités grecques ont procédé dimanche matin à l'évacuation du camp. Durant l'opération, 44 mineurs non accompagnés ont été identifiés et ils ont été transférés au centre spécial de réception de Konitsa, situé au nord de la Grèce.

Un autre groupe comptant entre 20 et 25 demandeurs d'asile enregistrés a été identifié. Ces personnes ont été transférées vers un hébergement à Patras, alors qu'un nombre inconnu de résidents du camp ne disposant pas de papiers d'identité ont été arrêtés et ils ont été emmenés au commissariat de police de Patras. Après que tous les résidents aient été évacués, un incendie s'est déclaré dans tout le camp. L'origine de cet incendie est inconnue.

« Le HCR a fait savoir, depuis longtemps, que le camp de fortune de Patras ne fournissait pas un hébergement approprié aux personnes qui s'y étaient abritées », a indiqué le porte-parole du HCR Ron Redmond aux journalistes à Genève. « Toutefois, le HCR est préoccupé par le fait qu'aucune alternative n'ait été proposée à nombre de ces personnes qui vivaient dans ce site. Nous savons maintenant qu'un grand nombre de ces anciens résidents - y compris des demandeurs d'asile enregistrés - ont abandonné le site avant l'opération d'évacuation. On ne sait pas où ils se trouvent. Il est à craindre que nombre d'entre eux soient sans abri. »

Le HCR a régulièrement lancé des appels pressants aux autorités grecques pour améliorer la qualité de leurs installations de réception pour les demandeurs d'asile. Le manque de services d'interprétation et d'aide juridique au commissariat de police de Patras limite la capacité des autorités à recevoir et à traiter les dossiers des demandes d'asile.

Un nombre significatif de demandeurs d'asile récemment identifiés sont des mineurs. Le HCR souhaiterait travailler avec les autorités grecques pour assurer que des solutions appropriées soient déterminées pour ce groupe. « Il est important que tous les demandeurs d'asile affectés par cette opération ne soient pas expulsés hors du pays sans que leurs besoins de protection aient été évalués de façon appropriée », a indiqué Ron Redmond.

Entre autres sujets de préoccupation pour le HCR, une nouvelle législation a été adoptée la semaine dernière en Grèce. Elle vise à décentraliser la prise de décision pour accorder l'asile en première instance vers plus de 50 préfectures de police à travers le pays. Cette législation entraîne la dissolution de la commission d'appel existante à la faveur d'une étude judiciaire restreinte devant le Conseil d'Etat, qui ne statuerait que sur les points de droit et qui ne reviendrait pas sur les erreurs factuelles. Ces nouveaux développements sont de nature à rendre la protection plus insaisissable encore pour ceux qui en ont besoin en Grèce.

« Le HCR reconnaît la pression considérable que la migration irrégulière porte sur la Grèce. Le HCR continue à réitérer sa disponibilité pour travailler avec les autorités grecques afin d'améliorer la procédure d'asile dans ce pays », a souligné Ron Redmond. En 2008, près de 20 000 demandes d'asile ont été déposées en Grèce. Durant cette même année, la protection internationale n'a été accordée qu'à 379 personnes.