Le HCR se rend auprès de civils sud-soudanais déplacés par la LRA

Le HCR aide à évaluer les besoins des personnes ayant trouvé abri dans une région isolée de l'Etat du l'Ouest-Equateur au Sud-Soudan, après qu'elles aient fui des attaques menées par des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Des réfugiés et des déplacés soudanais se rassemblent pour une réunion avec le HCR et ses partenaires à Source Yubu pour discuter de leur situation.  © HCR/T.Garrett

JUBA, Soudan, 27 juillet (HCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés et ses partenaires sont confrontés à un défi pour venir en aide aux réfugiés et aux déplacés internes soudanais dans une région frontalière du Sud-Soudan, où des centaines d'entre eux ont fui des attaques menées ce mois-ci par des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Le HCR doit faire face au récent afflux de nouveaux arrivants au camp d'Ezo qui est situé à proximité de la République démocratique du Congo ainsi qu'au camp de Source Yuba, proche de la République centrafricaine. Ces deux camps se trouvent tous deux dans l'Etat de l'Ouest-Equateur au Sud-Soudan. Le HCR rencontrera par ailleurs des difficultés pour mener à bien ces opérations, alors que la saison des pluies démarre en août.

Une équipe conjointe - composée d'employés du HCR, du Programme alimentaire mondial, de l'Organisation internationale pour les migrations, de World Vision et de l'organisation International Medical Corps - s'est rendue à Ezo et à Source Yubu la semaine dernière, afin d'évaluer les besoins en terme de sécurité et d'assistance des personnes qui s'y sont installées, des ressortissants congolais et centrafricains. Depuis début juillet, plus de 1 900 réfugiés ont traversé la frontière vers l'Etat de l'Ouest-Equateur, rejoignant ainsi des milliers de personnes qui sont déjà déplacées depuis l'année dernière.

L'équipe s'est rendue tout d'abord à Ezo pour y rencontrer des réfugiés et des personnes déplacées internes qui ont parlé de leurs préoccupations et de leurs besoins. Les membres de l'équipe ont ainsi appris que des combattants de la LRA - un groupe rebelle provenant de l'Ouganda qui a causé des déplacements en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC) et au Sud-Soudan ces dernières années - avaient attaqué Ezo le 18 juillet, causant la panique et le chaos.

L'équipe du HCR a établi que l'installation de réfugiés n'avait pas été visée lors de l'attaque survenue le soir. Toutefois, les coups de feu et de tirs d'artillerie ont paniqué les réfugiés et les personnes déplacées internes. Une jeune déplacée soudanaise aurait été enlevée par la LRA dans un camp de déplacés situé non loin.

« On entendait partout des coups de feu, puis les tirs d'artillerie ont démarré quand les militaires [soudanais] sont entrés en action. Tout le monde a fui en courant ... tout le monde avait peur », a expliqué Pastor Filimon, un réfugié congolais. « Nombreux sont ceux qui souffrent de coupures ou de contusions depuis leur fuite en courant et un garçon s'est blessé profondément à la main quand il est tombé en essayant de fuir. »

L'équipe s'est ensuite rendue à Source Yubu, au nord d'Ezo, le long d'une route qui dessine la frontière entre le Sud-Soudan et la République centrafricaine. Les membres de l'équipe ont rencontré des réfugiés centrafricains ainsi que des Soudanais forcés de fuir leurs maisons pour échapper aux incursions de la LRA. Quelque 1 000 réfugiés et 2 000 déplacés se trouvent maintenant à Source Yubu.

Simon Njeraze a fui dans la brousse le 27 juin avec sa famille et d'autres membres de la communauté bariguna pour échapper à la LRA. Cinq villageois ont été enlevés par la LRA au moment où ils avaient réussi à s'échapper pour rejoindre leurs familles à Source Yubu et un nombre inconnu de personnes sont toujours portées disparues.

Malgré la situation instable, les communautés qui ont été déplacées de force et se trouvant à la fois à Ezo et Source Yuba ont vivement souhaité ne pas être transférées à cette période - et avec la saison des pluies approchant, leur transfert serait difficile jusqu'à la fin de l'année. Les autorités ont promis d'assurer leur sécurité, alors que le HCR continuera à surveiller la situation et à fournir une aide.

« Nous en avons assez de bouger et nous préférons rester ici. Toutefois nous souffrons de diarrhées, de paludisme et de filariasis [une maladie parasitaire tropicale] », a indiqué Njeraze. Le HCR et les agences partenaires continueront à les aider sur place, en étroite coopération avec les Gouvernements du Sud-Soudan et de l'Ouest-Equateur.

Le HCR vient en aide à plus de 21 000 réfugiés au Sud-Soudan, dont la plupart sont originaires de la RDC mais aussi de l'Ethiopie et de la République centrafricaine. Depuis la signature de l'accord de paix au Sud-Soudan en 2005, près de 330 000 réfugiés soudanais sont retournés chez eux dans des pays voisins, comme la RCA et la RDC. Près de la moitié d'entre eux sont rentrés avec l'aide du HCR.

Par Taylor Garrett à Juba, Soudan